Archive | 12 août 2013

Meurtre en Mésopotamie

Mon résumé :

Plusieurs années se sont écoulées déjà, et le docteur demande à l’infirmière Amy Leatheran de prendre la plume pour raconter ce qui s’est réellement passé sur le chantier de fouilles de Tell Yarimjah. Amy a eu beau protesté qu’elle n’était pas écrivin, qu’elle ne savait pas comment s’y prendre, qu’elle risquait de dire du mal de beaucoup de gens – la fille du docteur, Sheila, est en première ligne, rien n’y fait : c’est elle et elle seule qui peut dévoiler toute la vérité.

Mon avis :

En dépit du meurtre et du climat, voici un Agatha Christie tout à fait rafraîchissant. La cause ? Le changement de narrateur. En effet, ce n’est pas Hastings qui prend la plume, mais une jeune infirmière déterminée, qui ne cachera rien de ce qu’elle a vu.

Bien sûr, le récit est rétrospectif, du coup, elle peut insister sur des faits qu’elle n’a pas jugé importants à l’époque et n’hésite pas à le dire. Elle a en outre le mérite d’être très observatrice. Pas de la vie quotidienne et pittoresque dans un chantier de fouilles, non l’archéologie, très peu pour elle, la visite des ruines ne lui évoque absolument rien ; elle saisit les nuances imperceptibles que d’autres ne verraient même pas, dans ce microcosme très fermé, sur un visage, des attitudes qui n’ont pas lieu d’être, des haines disproportionnés.

Quand la très belle Madame Leidner est assassinée, dans une chambre où personne n’a pu rentrer ou sortir sans être vu, la police locale déclare forfait, et l’on décide de faire appel à Hercule Poirot. S’il est une scène que vous ne devez rater sous aucun prétexte, c’est celle de la rencontre entre Hercule et Amy. Inoubliable – d’ailleurs, j’y pense encore, bien que je l’ai lu hier soir. Hercule parle un anglais qui prend quelques libertés avec la syntaxe, et la narratrice transpose sans complexe, dans une langue correcte, les propos du détective belge. Elle nous donne tout de même un aperçu de son parler habituel, notamment quand Hercule s’est « torché » la cheville. Ce sont des choses qui arrivent.

Même si l’action se passe en Mésopotamie, Agatha Christie trouve tout de même le moyen d’écrire un huis-clos : seule une personne présente dans la maison a pu tuer la belle madame Leidner. Elle était aimée, passionnément, par son mari. Elle aimait plaire, à d’autres hommes. Elle était jalousée, notamment par Sheila Reilly, nièce du docteur, qui ne comprenait pas qu’une femme de son âge puisse séduire. Elle était haïe. Elle était, parfois aussi, jugée à sa juste valeur. Alors qui ?

Le dénouement sera, comme toujours, surprenant, et l’épilogue du livre nous montre qu’Hercule Poirot n’aurait jamais dû monter dans l’Orient Express pour rentrer chez lui.

petit bacdestin

Chroniques du monde émergé, tome 3 de Licia Troisi

Chorniques

Présentation de l’éditeur :

Grâce à son armée de fantômes, le Tyran est près de remporter la guerre contre les Terres libres. Seule Nihal peut encore l’arrêter.
Si elle parvient à réunir les huit pierres d’un mystérieux talisman, dispersées dans les huit Terres du Monde Émergé, Nihal pourra une journée durant invoquer les Esprits de la nature et contrer la magie du Tyran.
Escortée par Sennar, la demi-elfe se lance dans cette mission au terme de laquelle elle découvrira enfin le sens caché de son destin.

Mon avis :

Serait-ce l’effet vacances ? En tout cas, j’ai été bien contente que l’auteur mette un résumé des tomes précédents au début de ce tome 3, j’avais un peu occulté certains détails (pour ne pas dire, complètement).

Ce troisième tome est toujours aussi agréable à lire, car le style est vraiment fluide. Sennar et Nihal partent à la recherche des pierres du talisman qui leur permettra de vaincre le tyran. Bien sûr, cette quête est un peu longue, cependant je n’ai pas trouvé dans celle-ci les défauts d’autres sagas. Je pense à la Quête de Deltora, qui découpe cette quête… en huit tomes. Ici, la quête est entrecoupée par ce qui se passe sur le front, et les batailles sont loin d’être gagnées.

J’ai aimé que ce tome soit la réunion de presque tous les personnages secondaires. J’aurai aimé revoir Ondine, mais on ne peut pas tout avoir (dans la suite de la saga ?). J’aurai aimé aussi que certains personnages secondaires connaissent un destin moins tragique, je pense surtout à l’un d’entre eux, qui disparaît au milieu de volume. Il méritait mieux, à mes yeux, même s’il « est resté innocent » (je cite de mémoire).

J’ai aimé aussi que l’épilogue nous permette de connaître le devenir des personnages après la bataille finale. Trop souvent, le destin des héros après l’accomplissement de leur quête est occulté, oublié ou peu satisfaisant (là, je pense aux Chevaliers d’Emeraude). Ici, nous savons bien qu’il y aura une prochaine saga, et pourtant, cette fin se suffit à elle-même.

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