Archive | juillet 2013

Madame Pamplemousse and her incredible edibles

nrf2910Présentation de l’éditeur (extrait) :

Madame Pamplemousse est l’histoire de Madeleine, forcée de travailler chaque été dans l’immonde restaurant Le Cochon Hurleur de son détestable oncle, Monsieur Lard. Bien qu’elle soit une excellente cuisinière, là-bas, Madeleine a seulement le droit de faire la plonge. Mais un jour elle découvre par hasard le plus merveilleux des magasins : tenu par Madame Pamplemousse, cet endroit paisible, discret, est rempli de mets extraordinaires venus d’un autre monde, salami de Minotaure, bacon de ptérodactyle, etc.

Mon avis :

J’ai lu le troisième tome de cette série en français, je découvre maintenant le premier tome en VO, et elle est tout aussi délicieuse. Je commencerai par vous parler de Camembert, ce charmant chat aux multiples talents, qu’il ne faut surtout pas provoquer – ce ne sont pas les siamois qui vous diront le contraire.

Dans ce conte moderne, nous découvrons Madeleine, une charmante enfant que ses parents délaissent le temps de vacances mémorables chez son oncle, qui la contraint à faire la plonge dans son restaurant. L’enfant est ici à peine plus qu’un paquet que l’on doit déposer quelque part et dont on ne tient surtout pas compte. Bien plus fréquent que l’on ne croit, comme il est fréquent aussi que les enfants effectuent gracieusement des tâches d’adultes avant l’heure.

Monsieur Lard est presque un ogre, qui ne mange pas et cuisine très mal. Incapable de créer, il préfère piller les autres, intimider, terrifier, maintenir tout le monde sous son autorité, que personne n’ose défier. Heureusement, madame Pamplemousse est là, non pour distribuer des potions magiques (encore que…) mais pour révéler les qualités enfouies des protagonistes, comme Madeleine.

Toujours très drôle, ce roman remet la nourriture à sa juste place. A faire lire à certaines rédactrices de journaux féminins qui ne jurent que par la détox ou regardent de très haut les « vieilles recettes qui ne se font plus ». S’il est une morale dans ce texte, elle est qu’il faut toujours cuisiner avec amour – pour les ingrédients et pour ceux qui mangeront ce plat.

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Les confessions de Mr Harrisson

Mon résumé :

Charles revient de Ceylan, avec la ferme intention de s’établir. Il rend visite à son ami Will, médecin, marié et père d’un jeune enfant. Charles lui demande comment il a réussi à épouser une jeune femme aussi délicieuse. Will lui racontera tout.

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Mon avis :

Bienvenue dans l’Angleterre victorienne des petits villages !Dans une société hautement corseté, ce sont pourtant les femmes qui font la pluie et le beau temps. Aux aguets dans leur salon, elles instaurent une nuance subtile entre commérages et ragots. Gare à celui qui ne trouverait pas grâce à leurs yeux ! Mieux encore : gare à celui qui tomberait dans leur filet ! Ces charmantes femmes ne s’intéressent pas au jeune docteur pour elles-mêmes, mais pour une proche. Les jeunes filles à marier sont nombreuses, et les prétendants non.

Will Harrisson, en devenant l’associé de Mr Morgan ne se doutait pas que les apparences et les conventions sont au moins aussi importantes que les compétences dans ce charmant village. Dès son arrivée, Mr Morgan le met en garde : un médecin se doit d’être irréprochable en toutes circonstances, et tant pis pour certaines modes venues tout droit de Londres. Il se doit aussi de sacrifier aux visites, et aux attentions des membres éminents de la communauté.

Comme le récit est rétrospectif, les commentaires du narrateur lui permettent d’attirer notre attention sur certains personnages, comme le pasteur, Mr Hutton ou l’aînée des soeurs Rowlison , qui sont caractérisées avant tout par leur bonté et par l’amour inconditionnel qu’ils vouent aux siens. Cette mise en valeur a toute son importance quand le lecteur découvrira tous les événements qui parcourront la vie de Mr Harrisson.

Mr Harrisson est médecin, ne l’oublions pas, et la mort, la maladie sont son quotidien, en dépit des soins et des remèdes que lui ou son confrère peuvent administrer. Mr Harrisson se montre d’ailleurs à la pointe du progrès, ce qui n’est pas sans susciter de terribles rumeurs. De tout temps, il est toujours des personnes qui se délectent du malheur des autres, de manière à mettre en avant leur propre générosité. Tous les habitants de cette petite ville ne sont pas ainsi, heureusement, et nombreux sont ceux, dont Mr Morgan et Miss Rowlinson l’aînée, tout prêts à reconnaître leur erreur, leur jugement trop hâtif.

Je n’ai garde d’oublier Jack, le joyeux drille, sans qui toute cette histoire – ou presque – n’aurait pu avoir lieu. Je lui souhaite de subir le même sort, c’est à dire de se trouver une charmante épouse. Les candidates restent nombreuses, en dépit de quelques unions inattendues.

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Les plumes à thème n° 8

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Résumé rapide des épisodes précédents : Gaël de Nanterry, docteur ès vampire et loup-garou, dirige maintenant un pensionnat de louveteaux garous, à flux constant d’élèves. Après avoir dirigé de main de maître une course d’orientation, autorisé la réouverture du club théâtre « sauce garou », il vient tout juste de commencer à dire tout le bien qu’il pense de lui à son rival en amour.

 

Je n’eus pas le temps d’en dire plus : Anatole, élève de 5e Bleu, m’avait rejoint, effaré.

         Nous avons un problème. Madame Cobert et Madame Lecerf vous attendent à la Fontaine.

Après la forêt, le grand bain. La Fontaine est le nom du local où sont entreposés les canoës et autres rames utiles pour les exercices aquatiques. Double ravissement : j’avais planté là Jarrod, mon rival, et j’étais sur le point de rencontrer madame Cobert.

 

         J’ai appelé les poul… les fl… la police.

         Merci ! répondis-je spontanément.

La femme qui se tenait devant moi était de taille moyenne, costaude – très – les cheveux coupés courts. Si son apparence n’y suffisait pas, sa voix profonde et chaleureuse de contralto imposait le respect immédiatement. Assise par terre, une frêle jeune femme était recroquevillée, un paquet de bonbons sur les genoux. Elle n’y touchait pas.

         Comment est-ce arrivé ? demandais-je.

         Sylla et moi, nous sommes descendues au bassin quand nous avons su que vous alliez reprendre le club théâtre.

          ???

         Ah, vous n’êtes pas au courant ? La représentation de fin d’année a lieu en plein air – la fraîcheur, c’est toujours agréable en été. Là, et elle désigna la pente que je venais de descendre, nous construisons les gradins et des escaliers.

         Puis, intervint Sylla, jouer dehors est un défi. Quand les spectateurs préfèrent regarder les canards voler plutôt que vous, c’est la preuve que vous n’est pas suffisamment bons.

Son trouble semblait se dissiper. Elle se mit d’aplomb, et désigna une forme noire, dans le bassin.

         J’avais glissé et pour éviter une chute, je me suis rattrapé au bras de Katia. J’ai alors vu un objet à la dérive.

         Personne n’est venu ici depuis quatre jours, et les élèves sont bien trop respectueux de nos installations pour y jeter des détritus.

    Je me suis approché, et j’ai vu que c’était un chapeau. En dessous, il y avait… ça.

Pour résumer, elle avait aperçu une voiture qui reposait, presque à la surface, avec, à son volant, une silhouette bien connue : mon prédécesseur. – – Elle s’était évanouie, effectuant ainsi une belle cascade, commenta Katia.

         Qui a affirmé que monsieur Gervois avait été vu, à l’aube, en train de quitter le collège ?

Je ne rappelais pas que les on-dits précisaient qu’il l’avait fait dans le coffre de sa voiture.

         Ah ! s’exclama Katia, vous aussi, vous vous êtes posé la question. En fait, il avait écrit une grande lettre où il expliquait que le dernier incident avait été la goutte d’eau qui avait fait déborder la piscine, que les circonstances troubles de la disparition de sa réserve personnelle de bouteilles (de quoi ouvrir un débit de boisson) n’ayant toujours pas été éclaircies, il jugeait prudent de remettre sa démission et de quitter l’établissement.

         Ce n’est sans doute pas lui qui l’avait écrite.

                Si ce n’est lui, c’était bien ses fautes d’orthographe ! s’écria Sylla. Une bonne douzaine !

Elle avait repris des couleurs, tant mieux.

         Je crois que la police est là !

Mieux que la police, une enquêtrice hors pair : ma cousine Nick ! Ma gorge se serra alors que je courais vers elle : je la croyais encore à l’hôpital ! Je l’enlaçais, au mépris des convenances, de son équipe, et de ses béquilles.

         Trésor, comme c’est gentil de venir m’accueillir ! Quand je pense qu’oncle Eric pensait que ce poste serait reposant, c’est réussi ! Heureusement que je veille au grain. Pour résumer la situation, une voiture a fait une petite baignade dans le bassin, avec son conducteur. Ma présence me laisse à penser qu’il n’est pas mort par noyade.

Très vite, techniciens et plongeurs occupèrent la scène. Je rejoignis les deux professeurs, et les présentais à ma cousine, madame Cobert – Katia – et madame Lecerf – Sylla. Elles me regardèrent, étonnées.

         Je crois qu’il y a une petite erreur, commença Katia.

         Je suis madame Cobert, professeur de français, précisa celle que j’avais désigné comme une « frêle jeune femme » et voici madame Lecerf, professeur de mathématiques. Mais vous pouvez m’appeler Dracula, comme les élèves. Enfin, s’il m’avait vu, ils auraient sûrement trouvé un autre surnom.

Fin d’un champion de Charlaine Harris

Ce sont les vacances, j’ai rédigé cinq avis hier, j’en ai encore trois sur le feu, dont deux pour des livres peu appréciés. Je ressors cet avis-ci, sur un livre lu voici quelques mois.

Mon résumé :

La petite ville de Shakespeare, dans l’Arkansas, n’est plus une ville tranquille : trois meurtres ont eu lieu en l’espace de deux mois, aucun n’a été résolu. Lily Bard se sent particulièrement concernée par le dernier meurtre, car il a eu lieu dans sa salle de sport, le seul endroit où elle se sentait à peu près en sécurité. Jusqu’où la violence peut-elle aller ?

Mon avis :

Et jusqu’où mon indulgence de lectrice peut-elle aller ? Je commencerai par le point positif, à savoir la description du racisme trop ordinaire et de ses conséquences dans cet état du Sud, où la mort d’un noir aura toujours moins d’importance que la mort d’un blanc, où certains croient encore à la supériorité des blancs sur les noirs – pardon, de l’homme blanc sur les autres, femmes comprises. Ce racisme touche tous les niveaux de la société, des plus pauvres au plus aisés, et, comme partout ailleurs, il ne suffit pas d’être un activiste pour être nuisible. Il suffit de voir, de savoir et de laisser faire.

Maintenant, pour tout ce qui est négatif, nous avons tout le reste. Je me demande toujours si les erreurs proviennent de la traduction ou de l’auteur, qui ne se relit pas assez. Lily Bard est bien remis de ses traumatismes, je vous remercie, et va désormais de conquête masculine en conquête masculine. Elle observe avec une quasi-indifférence les départs et les arrivées autour d’elle, sauf bien sûr ceux de ses chevaliers servants, potentiels ou pas. Je l’ai dit, elle n’en manque pas.

Elle a également le don d’être toujours au mauvais endroit au mauvais moment, et cette constance finit par étonner même ses amis les plus indulgents. Je ne vous parle même pas des lectrices comme moi, qui ne le sont pas forcément. N’ayons pas peur des mots : il y a du Sookie, dans ses pires moments, dans le personnage de Lily Bard. Il lui manque un Eric à sa mesure, les hommes qui l’entourent font tout de même pâle figure, même à côté d’un vampire.  Certaines scènes m’ont rappelé des situations exploitées dans la communauté du Sud – Lily Bard est une série antérieure.

Chrysis de Jim Fergus

Un grand merci à Babelio et aux éditions du Cherche-Midi pour ce partenariat.

Quatrième de couverture (extrait ) :

Paris, 1925. Gabrielle “Chrysis” Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à L’Atelier de Peinture des Élèves Femmes de L’École des Beaux-Arts, pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de George Braque. Exigeant, colérique, cassant, Humbert, âgé de 83 ans, règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes. Mais malgré toute son expérience, il va vite se rendre compte que Chrysis n’est pas une élève comme les autres. Précoce, volontaire, passionnée et douée d’un véritable talent, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu privilégié et un monde de l’art où les hommes jouissent de tous les privilèges. Elle ne tardera pas à se perdre dans les plaisirs désinvoltes et à devenir l’une des grandes figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des années folles. C’est là qu’elle va rencontrer Bogey Lambert, un cow-boy américain sorti de la légion étrangère, avec qui elle va vivre une folle histoire d’amour.

Mon avis :

J’ai adoré ce livre ! Je ne saurai dire mieux, et j’espère vous donner envie de le découvrir.
Esprit chagrin, moralisateur, passez votre chemin : Chrysis est l’histoire d’une femme et d’une artiste libre. Comme Tosca, elle aurait pu chanter Vissi d’amor, vissi d’arte, sauf que son destin est beaucoup moins tragique. Elle a vécu, pleinement, et c’est cette plénitude que nous transmet Jim Fergus à travers ses mots. Tout semble aller de soi dans ce texte, avec le plus parfait naturel, et ce fut vraiment un vrai plaisir de le lire.
La peinture, le Paris des années vingt et le destin d’une femme, si accompli fut-il, ne sont pas les seuls sujets du livre. Il en est un autre, que je n’ai garde d’oublier : la première guerre mondiale. Elle est abordée par le père de Gabrielle (elle n’était pas encore Chrysis à l’époque), militaire qui refuse de trop en dire à sa fille sur ce qu’il a vécu au front, et par Bogey Lambert. Celui-ci, venu tout droit du Colorado avec son cheval (il devait le vendre, il a préféré embarquer avec lui) s’est engagé dans la légion pour se battre pour ses frères opprimés. Le texte prend des accents épiques pour raconter ses années de guerre, sans jamais se départir de la tendresse éprouvée pour ses personnages hors-norme.
Si vous aimez la peinture, si vous aimez Paris, si vous aimez l’amour, l’amitié, et le lien unique qui unit un animal et son maître, lisez ce magnifique roman de Jim Fergus.
 

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Zoanthropes, tome 1 de Mathias Rouage

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Présentation de l’éditeur :

Shina Sirkis vit dans un monde futuriste où les Zoanthropes, créatures hybrides mi-hommes mi-bêtes, sont traqués par les humains.
Le jour de son entrée à l’université, elle est angoissée… Son amie vient de se transformer et a été abattue par son père, un intervenator.
Elle sait que si le test de dépistage obligatoire s »avère positif, il n’hésitera pas à tuer sa propre fille…

 Merci à Livraddict et aux éditions Scrinéo pour ce partenariat.

 Mon avis :

Je n’ai qu’un regret : avoir autant lambiné pour lire ce livre et rédigé mon avis, car ce premier roman est vraiment très bon.

L’auteur a réussi un construire un univers post-apocalyptique à la fois rassurant et inquiétant. Rassurant, car l’informatique est sur-développé, et assure tous les besoins, en moins de temps qu’il ne m’en faut pour rédiger cette phrase. Inquiétant, car les zoanthropes, ces créatures mi-hybrides mi-homme, menacent la quiétude de ce monde. Ce qu’ils font subir aux humains est proprement effrayant. Plus effrayant encore que ces menaces, bien réelles, est que les zoanthropes peuvent se dissimuler parmi les humains normaux, volontairement ou non. Des tests permettent alors de les identifier, au moment de leur entrée à l’université, leur laissant une toute petite chance de s’enfuir et de pouvoir gagner les grottes de leur semblable.

Autant vous le dire, cette chasse, cette extermination programmée (et lucrative pour les chasseurs, qu’on « dédommage » de leur peine) m’a singulièrement fait penser aux dystopies à succès, paru ces dernières années. Et je souhaite que ce premier tome de zoanthropes en connaisse un également.  

Shina, l’héroïne, est bien caractérisée, et suscite immédiatement la sympathie. Son parcours, son évolution sont intéressants, de même que la construction de l’intrigue, qui nous amène là où je ne m’y attendais pas.

Je lirai sans aucun problème le second tome de cette série.

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Généalogie (2)

Tout a commencé rue des Capucins.

J’ai toujours rêvé de commencer un texte ainsi, alors je ne m’en prive pas.

Le tout est de continuer.

Transportons-nous donc en 1902, dans cette fameuse rue d’une petite sous-préfecture de Normandie. Y vivent deux jeunes mariés, Cyrille et Louise. Cyrille vient de Seine-Maritime, il est arrivé dans cette ville entre 1896 et 1901 – je n’ai pas plus précis. Louise est née « près de la Barbacane » sur les quais. Ils sont orphelins de père tous les deux. Est-ce que ce fait les a rapprochés ? Je n’en ai aucune idée. Ils déménageront bientôt, avec leurs deux aînés, Henri né en 1903 et René, né en 1905 à l’hospice de la ville. Ils auront trois autres garçons, nés dans deux villages différents – Cyrille et Louise déménageront trois fois en six ans.

Louise a un frère, Louis. Cyrille a une sœur bien en vie, Marie-Louise (quatre sont mortes en bas âges). Marie-Louise a une petite fille… Marie Louise. Louis épousera Marie Louise la mère en 1903 et reconnaitra Marie Louise la fille. Ils auront une fille en 1904 qui épousera… le troisième fils de Cyrille et Louise, Fernand. Leur fils unique passera toute sa vie… à cinquante mètres de la rue des Capucins.

Revenons-y, à cette fameuse rue. Y vivent aussi Suzanne et son fils cadet Charles. Non loin vivent ses deux autres fils Louis et Clovis, qui sont imprimeurs. Et n’oublions pas Aimée, sa fille unique qui, elle, vit dans un village à cinq kilomètres avec son mari et ses six enfants survivants. D’ailleurs, Suzanne est allée vivre chez sa fille quand celle-ci attendait son huitième enfant, pour l’aider avec les quatre aînés (non, je ne suis pas devenue encore plus faible en mathématiques, trois enfants sont morts avant l’âge d’un an, Henri, Henri et Delphine). Bientôt, la fille aînée d’Aimée, Geneviève, ira travailler à l’usine de la Soie où elle aura pour contremaîtresse… Louise, l’épouse de Cyrille, avant que celle-ci n’arrête de travailler pour s’occuper de ses enfants.

N’oublions pas Marie et son fils unique Georges. Elle est veuve elle aussi. En 1902, Georges a 22 ans, il est ouvrier maçon. Il rencontrera bientôt … Geneviève. Ils auront deux filles, et l’aînée épousera … le second fils de Cyrille et Louise.  J’espère que vous suivez toujours. Ils auront huit enfants. Cette photo, que j’ai déjà posté hier, est celle de leurs fiançailles. Ils sont à l’extrême droite de la photo (de gauche à droite : Suzanne, Lucien, Geneviève, Aimée, Georges, René et Georgette. Au milieu, un garçon inconnu et un chien qui l’est tout autant).

Famille Etancelin

Il manque encore quelqu’un. Une petite fille qui a six ans en 1902. Elle s’appelle Marie. A-t-elle croisé dans cette rue Cyrille et Louise ? Je ne sais pas, mais ce serait presque drôle. Presque. 18 ans plus tard, elle épouserait Cyrille, veuf depuis sept ans. Ils auront trois enfants.

Généalogie

Famille EtancelinAujourd’hui, je ne vous parlerai pas de livres mais d’une autre passion dévorante : la généalogie.

J’ai commencé l’arbre de ma famille voici trois ans, mais j’avais envie de le faire depuis plusieurs années déjà.

Le but était de répondre à certaines questions que nous nous posions.

Problème : non seulement nous n’avons pas les réponses, mais nous avons encore plus de question !

Bref, je me repose en consultant les archives en ligne, de lectures de romans dont je ne peux pas encore parler, puisqu’il s’agit d’avant-première de la rentrée littéraire. Je suis aussi inscrite sur geneanet, un site communautaire où j’ai mis mon arbre en ligne (après deux bugs sur mon logiciel de généalogie, et toutes mes données effacées).

Ce fut l’occasion aussi de retrouver des lointains cousins branche Dubois ou, plus récemment, branche Etancelin.

Ce fut aussi l’occasion de découvrir… Je n’irai pas jusqu’à dire des secrets de famille, non, mais des secrets tout courts, avec un nombre assez impressionnant de fille-mère, comme on disait à l’époque (ou d’enfants nés de père inconnu – mais tous ses enfants, Jean, Julie ou Louise en avaient pourtant bien un). Je note aussi un très fort taux de prématurité dans certaines fratries. C’est fou le nombre d’enfants nés trois mois après le mariage de leur parent… Ou reconnus (adoptés ???) lorsque leur maman se marierait un an ou deux après leur naissance.

Madame Pamplemousse et la confiserie enchantée de Rupert Kingfisher

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C’est l’hiver à Paris et Madeleine a quelques problèmes à l’école. Mirabelle, une nouvelle élève, la harcèle. Madeleine a trop honte pour demander de l’aide à ses amis, Madame Pamplemousse et Camembert, mais elle se lie d’amitié avec une femme nommée Madame Bonbon, propriétaire d’un magasin qui semble être une confiserie. Les sucreries que Madame Bonbon donne à Madeleine ont un puissant effet magique et la rendent tout d’abord assez forte pour affronter Mirabelle. Mais ils la plongent bientôt dans un monde étrange et enchanté dont elle s’aperçoit qu’elle ne peut s’échapper. Car Madame Bonbon n’est autre qu’une vieille ennemie de Madame Pamplemousse, venue à paris pour prendre sa revanche.

Mon avis :

Lire un tel livre de littérature jeunesse fait incontestablement du bien. J’ai beaucoup aimé la morale délivrée dans ce roman, et j’aurai aimé pouvoir lire un tel roman quand j’étais enfant. J’ai l’impression qu’il n’en existait pas de tel ! On me dira aussi que de tels problèmes n’existaient pas à l’époque. Je ne pense pas que le harcèlement ait été inventé en 2013, ni l’indifférence des parents envers leur progéniture. Je crois simplement qu’on en parlait nettement moins.

Pour revenir aux qualités de ce roman, il est bien écrit, i parvient à créer un univers à la fois réaliste et rempli de fantaisie. De monstres aussi, à visages humains, et sans silhouettes d’ogre.

Il montre aussi comment il est facile de faire du mal en faisant semblant de faire du bien. Il est facile de jouer avec les idées établies pour stigmatiser ceux qui n’entrent pas dans la norme. Je terminerai par cette citation, qui illustre parfaitement ce thème :

« Mirabelle t’a rendue honteuse d’être spéciale, en te mettant à part. Eh bien, Madeleine, je ne crains pas de l’affirmer : oui, tu es à part, mais il n’y a aucune honte à cela. Et pour ce qui est de « s’intégrer », personnellement je ne l’ai jamais fait, et je n’ai aucune intention de m’y mettre. Tu sais, conclut-elle avec un sourire, cela ne m’empêchera jamais d’avoir des amis. »

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La nuit du carrefour de Georges Simenon.

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Mon résumé :

Au carrefour des trois Veuves, se trouvent trois maisons. Deux voitures ont été échangées. Ce qui n’aurait pu n’être qu’une farce devient un drame quand un cadre est retrouvé au volant de l’une d’entre elles. Maigret enquête.

littérature cinéma

Mon avis :

Un tel roman serait-il possible de nos jours ? Je ne le crois pas, non parce que l’interrogatoire que subit d’entrée de jeu Carl Andersen, le danois, n’aurait plus cours, mais parce qu’il n’existe plus, à quelques kilomètres de Paris, d’endroit aussi isolé que ce carrefour des trois Veuves.

Trois maisons seulement se tiennent à cet endroit. Une vaste propriété, la demeure des Michonnet, et le garage de monsieur Oscar, bel exemple de réinsertion professionnel, dirait-on de nos jours. J’aurai envie de qualifier ce lieu de huis-clos, tant tout se passe entre les murs de ses trois maisons. Quant aux rares personnes qui viennent jusqu’ici, elles ne font que passer, comme les clients du garage, ou bien elles s’y arrêtent définitivement, comme le diamantaire juif et hollandais. Un étranger, tout comme Carl Andersen et sa sœur, que personne n’a jamais vu en cinq ans. Elle vit littéralement enfermée dans le château. Pour protéger qui ? Ou plutôt pour se protéger de qui ? Else Andersen a tout de la femme fatale, avec son physique parfait jusqu’à la cicatrice qui l’humanise et aux regards à l’innocence enfantine. Ni madame Michonnet, l’épouse dévoué du courtier en assurance, ni la soumise madame Oscar, conjointe du garagiste, ne peuvent prétendent à ce titre. Et si le commissaire Maigret ne les néglige pas, il sait que la clef de l’énigme n’est pas à cherche auprès de ses deux femmes, mais dans le château où est enfermée la Belle. Les indices y sont semés un peu partout, pour qui sait regarder, pour qui sait écouter – et le commissaire Maigret n’est pas dépourvu de ces qualités.

Le danger est partout, la tragédie survient quand on s’y attend le mien. Dans ce petit coin trop tranquille, Maigret a fort à faire, et préserver l’innocent semble par moment impossible, à moins de compter sur le hasard et sur la foi. L’expression « choc des cultures » n’a jamais été aussi utile, pour les français très cartésiens que sont les hommes du commissaire Maigret.

La nuit du Carrefour est à lire, relire, et à regarder : Jean Renoir en a tiré un film très juste, avec son frère Pierre dans le rôle de Maigret.