Archive | juillet 2013

Le chat qui voyait rouge de Lilia Jackson Braun

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Mon résumé :

Jim Qwilleran vit dans un petit appartement avec ses deux chats siamois. Après une tentative de détartrage des dents félines plus que périlleuses chez le vétérinaire, celui-ci conseille à Jim de consulter un docteur en urgence pour lui-même. Jim se retrouve au régime et chargé de la nouvelle rubrique gastronomique du journal.

Mon avis :

Voici une des premières enquêtes de Jim Qwilleran, bien avant qu’il ne devienne riche, grâce à un héritage providentiel.

Il est donc obligé d’écrire une série d’articles alimentaires (dans les deux sens du terme) et se rend dans une maison d’artiste, dont l’héritier se doit d’héberger des artistes de tout bord et de toutes sortes, dont un couple de potiers. Il découvre qu’il s’agit là de Joy, son ex-fiancée, qui l’a plaquée vingt ans plus tôt.  Elle n’a pas changé – du moins, aux yeux de Jim. Elle a des problèmes de couple – c’est embarrassant. Elle ne choisit pas la voie la plus simple pour les résoudre – l’avenir prouvera à Jim qu’il avait raison (je ne vous dirai pas à quel sujet).

Tout semblerait presque paisible, n’étaient des faits qui, pris isolément, étaient déjà dramatiques, mais mis bout à bout, crée un climat de peur et de suspicion dans ce qui devrait être un havre de paix. Autant dire que les nerfs de Qwill sont mis à rude épreuve. Sous tension, presque seul avec ses deux siamois contre tous, il doit répondre coup par coup à chacune des manoeuvres de son adversaire – et aux réactions des autres locataires, parfois extrêmement angoissantes. Et si le chat voit rouge, c’est parce que cette enquête est l’une des plus sanglantes de la série – même en ne tenant pas compte des suicides et morts accidentelles.

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Le monde de la chasseuse de la nuit, tome 2 de Jeaniene Frost

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Cette lecture commune est organisée par Dex de Livraddict. Comme d’habitude (ou presque), j’ai une journée de retard pour rédiger mon avis.

Présentation de l’éditeur :

Kira Graceling, détective privé à Chicago, aurait dû passer son chemin. Mais son sens du devoir lui interdit d’ignorer les gémissements de douleur qu’elle entend. La victime, Mencheres, est un maître vampire qui pensait n’avoir plus rien à découvrir de la vie. Jusqu’à ce que Kira entre dans la sienne : intrépide, adorable et humaine, elle n’hésite pas à braver la mort pour le sauver. Il brûle d’amour pour elle, mais le danger se rapproche, et Mencheres doit choisir entre la femme qu’il désire et un plongeon dans la plus noire des magies.

ban-alpha-et-omega-2Mon avis :

J’aime beaucoup l’univers de Cat, la chasseuse de la nuit. Dans ce second livre dérivé de la saga, elle se trouve au second plan, c’est Mencheres, un des plus vieux vampires « amis » de Bones qui en est le héros.

Et le héros est fatigué – au début. Avoir plus de quatre mille ans pour un vampire est usant – on ne le croirait pas, et pourtant si, au point que Mencheres s’est fait avoir comme un débutant par des goules et qu’il n’a dû son salut qu’à une charmante détective, qui s’est donné pour mission de sauver une vie chaque fois que c’était possible. Pour l’occasion, je ne sais pas quel terme employer, mais elle a bel et bien sauvé Mencheres, avant de se retrouver plonger à ses côtés dans un piège machiavélique. (Note : les goules n’ont rien à voir avec ce piège. Néanmoins, nous apprendrons au cours du roman comment notre vampire, grand-père de Bones, excusé du peu, s’est retrouvé dans une situation pareille).

En quatre mille ans, le beau vampire a eu largement le temps de se faire des ennemis. Il en a en tout cas un, et il est tenace. Maniant avec délectation les règles de la communauté vampirique que Kira ne maîtrise pas du tout (cela viendra), il a tôt fait de la prendre au piège, d’une manière que je ne vous révèlerai pas. Je tiens seulement à préciser que ce n’est que le début de la conspiration de ce cher Raj contre son vieil ennemi Mankaouré (le petit nom de Mencheres).

J’ai passé un bon moment de divertissement avec ce roman. Kira est un personnage très intéressant, et il ne m’étonnerait pas qu’elle devienne très ami avec Cat. Elle aussi a une histoire personnelle complexe, entre famille décomposée, vie amoureuse compliquée, vie professionnelle ardue. J’ajoute que Kira chérit plus que tout sa petite soeur, Tina, atteinte d’une maladie génétique et qu’elle aimerait bien que son petite frère se retrouve dans le droit chemin. Gageons que son avenir, lié désormais à Mencheres, ne soit très différent de ce qu’elle avait imaginé jusqu’ici.

A quand le prochain spin-off ?

Challenge Molière : le billet bilan

moliere-1318954748Je n’avais pas encore rapatrié ce billet sur ce blog. C’est maintenant chose faite.

Pensionnaires (deux œuvres) :

Anne (des mots et des notes)
Le malade imaginaire

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Ela.

son article de présentation

Piplo
son article de présentation

Syl

Un chocolat dans mon roman

Yukarie

Sociétaires (quatre œuvres) :

Anouchka (l’univers d’un rat de bibliothèque)

Patacaisse

l’école des femmes

Sociétaires honoraires (six œuvres et plus):

Aymeline
Don juan ou le festin de pierre (téléfilm)

bookworm

George 
la jalousie du barbouillé
Le médecin volant
Les femmes savantes

Marie 
Les précieuses ridicules

Meloe

les précieuses ridicules

Philisine Cave

Les fourberies de Scapin
Les précieuses ridicules
Les femmes savantes
L’avare de Molière

Le misanthrope

Rose

Sharon
Le sicilien ou l’amour peintre de Molière

Le malade imaginaire

Moliere

L’année du volcan de Jean-François Parot

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Présentation de l’éditeur :

1783, l’éruption gigantesque d’un volcan en Islande provoque d’importants changements climatiques. La terre se réveille : tremblements de terre, tempêtes… affaiblissent tous les pays d’Europe, la France en particulier. Le royaume commence à vaciller, les caisses se vident.
Nicolas est convoqué par la Reine. Il est chargé d’enquêter sur la mort violente d’un de ses proches : le Vicomte de Trabou. L’homme est mystérieux, il fréquente le monde de la finance. Ne cherche-t-il pas à camoufler une affaire de fausse monnaie ? Tous les moyens sont-ils bon pour combler l’immense déficit du Trésor royal ? Voilà une affaire qui n’est pas sans nous rappeler quelques événements contemporains…

Challenge polar

Mon avis :

Revoilà Nicolas, entouré de ses amis de toujours pour mener une nouvelle enquête.

Nous sommes en 1783, et la situation financière de la France n’est pas des plus brillantes. Si la révolte ne gronde pas encore, Nicolas, qui s’est retiré un temps dans ses terres de Bretagne, a pu voir de près les conditions de vie des paysans et des hobereaux de province, qui se sentent délaissés par le roi. N’ont-ils pas combattu, eux aussi ? Ne se retrouvent-ils pas, à déposer l’épée pour donner un coup de main à leurs paysans dans les champs ? Tous ne sont pas ainsi, et certains se vengent sur leurs gens de l’ingratitude de la cour.

C’est la cour, justement, qui confie une nouvelle enquête au marquis de Ranreuil. Une enquête secrète qui commence mal, puisque la reine cache certains éléments à Nicolas et lui recommande de ne rien dire au roi – autant dire que l’affaire est grave, et ne préfigure que trop une histoire qui mettra en scène un collier… et déshonorera définitivement la reine. Parallèlement, Nicolas devra enquêter sur des pamphlets qui mettent en cause la reine, mais aussi un certain marquis, qui a eu un fils avec une fille de joie. Il a déjà dû subir des attaques personnelles, il n’a jamais autant senti à quel point les conséquences pourraient être graves pour l’avenir de son fils.  Il ne lui faut guère de temps pour trouver le lien entre les deux enquêtes, la secrète et l’officielle : reste à savoir qui, parmi les proches de la reine, a pu trahir. Le pourquoi est bien plus aisé à découvrir, en ces temps incertains.

Le commissaire au Châtelet voit partout les signes que ceux qui devraient montrer l’exemple se complaisent dans les excès. Même les ordres religieux, sous couvert de charité, se mêlent à des trafics, en maniant un discours rempli de dévotion. Tartuffe n’est pas loin ! Quel contraste avec le chanoine Le Floch, dont Nicolas se souvient avec émotion, ou avec Pierre, son ami d’enfance, devenu évêque, qu’il espère revoir bientôt.

Dans cette enquête, que la raison d’état censurera, Nicolas verra la mort de très près à deux reprises. De plus superstitieux sombreraient dans la terreur, et je ne dis pas que ces nuits ne seront pas hantés par des cauchemars – il faut dire que ses amis, pour prévenants qu’ils soient, ont des méthodes efficaces mais originales pour lui porter secours. Cependant, notre héros ne renonce pas, même si le dénouement le place dans une situation encore plus périlleuse que celles qu’il dut affronter lors de son périple.

A quand une nouvelle enquête de Nicolas Le Floch ? Portera-t-elle sur l’affaire du collier ?

Challenge animaux du monde : tentative de bilan

Le challenge a été lancé il y a plus de six mois, et le moins que je puisse dire, c’est que je ne suis pas très assidue pour mettre les liens à jour. Si l’organisatrice elle-même manque de motivation …. c’est un comble, non ?

Pour l’instant, les liens déposés sur ce blog sont tous mis (enfin, je l’espère, mais je crois que j’ai dû en oublier quelque part… N’hésitez pas à me faire signe ! ). Me reste à faire un tour du côté de Livraddict et d’overblog.

Bilan effectué sous l’égide des triplettes, en train de se chamailler comme tout chaton qui se respecte. Annunziata a préféré gagner des hauteurs sereines.

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Garfied : 2 livres à lire

Anne (des mots et des notes) (réussi)

Un grillon : récit d’un enfant pirate

La danse de l’abeille de Françoise Houdart

Melodiiie

sa présentation du challenge

« mon ami Ben » – Julia Romp

Le papou

Philisine Cave (réussi)

Diotime et les lions d’Henry Bauchau

L’homme qui savait la langue des serpents

Chat du Cheshire : 4 livres à lire

Adalana

Parle-le leur de batailles, de rois et d’éléphants de Mathias Enard.

Cheese Monkeys de Chip Kidd

Bianca

L’enfant léopard de Daniel Piccouly.

Les nuits blanches du chat botté

Evily2angel

Joe

son article de présentation

L’appel de la forêt de Jack London

« Médor le maxichien » de Rudolf Cechura et Siri Salamoun.

Mimi des plaisirs.

Lilousoleil

L’ours qui aimait les histoires
L’élégance du hérisson
Un chien du diable de Fabienne Ferrere

Lizouzou

Madame le lapin blanc de Gilles Bachelet
Hue, poney ! de Marion Piffaretti

Moineau

L’histoire édifiante et véridique du chat Moune
Sur les traces des Loups-Garous de Maryline Weyl
Zoo des Chimères de Chantal Robillard

Naelline

son article de présentation

Alerte : poule en panne !

Opaline (réussi)

Seuls les poissons
Il pleuvait des oiseaux
Entre chiens et loups de Malorie Blackman
Le chat de Danielle Pouliot

Valentyne

Le poney rouge de Steinbeck

Pas facile de voler des chevaux de Per Petterson

Jonathan Livingston le goéland de Richard Bach

Bagheera : 8 livres à lire

Asphodèle

Laure

son billet de présentation

Un oiseau blanc de Laura Kesische

La fiancée des corbeaux de René Fregni

Geai de Christian Bobin

La piscine, les abeilles, la grossesse de Yoko Ogawa

Lise

Marie

son billet de présentation

Sa majesté des mouches Le pigeon

patchcath

La ferme des animaux de George Orwell

La jument verte de Marcel Aymé

La maison dont le chien est fou

Le lièvre de Vatanen d’Arto Paasilinna

Le vol des cigognes de Jean-Christophe Grangé

Le chat qui venait du ciel

Le scaphandre et le papillon de Jean-Dominique Bauby

Patricia

son billet de présentation

L’homme qui sait parler aux chevaux

Roi Lion : 12 livres à lire

Lynnae

Saphira : 20 livres ou plus à lire

Béa (Une comète)

Catherine (réussi).

son billet de présentation

1. Rat et biquette avec Le monde de Maliang – 1 et 2, de Liu Yang (bandes dessinées chinoises)

2. Chat et les 12 animaux de Bouddha avec Yin Yin et le signe du Dragon, de Chu Mi (bande dessinée chinoise)

3. Dragon avec Une vie de dragon, de Joanna Olech (roman jeunesse polonais)

4. Mouton avec Mouton, de Zeina Abirached (album illustré franco-libanais)

5. Animaux divers avec Petites mésaventures dans la nature, de May Angeli (album illustré français)

6. Chat avec Le chat qui parlait malgré lui, de Claude Roy (roman jeunesse français)

7. Écureuil et oiseaux avec Automne, de Jon McNaught (bande dessinée anglaise)

8. Calamar avec Le syndrome U.G.A. (l’œil du calamar), de Gilles Warembourg (roman SF français)

9. Singe-écureuil avec Saïmiri, de Béa Deru-Renard et Anne-Catherine De Boel (album illustré belge)

10. Tortue, raton, lapin, moineau avec Les deux bossus, d’Osamu Dazai (contes japonais)

11. Araignées avec Douze minutes avant minuit (Penelope Tredwell, 1), de Christopher Edge (roman jeunesse anglais)

12. Chat avec C’est qui la plus classe ?, de Gérard Moncomble et Frédéric Pillot (roman jeunesse français)

13. Chat avec Rose et la princesse disparue, de Holly Webb (roman jeunesse anglais)

14. Chat avec Rose et le masque vénitien, de Holly Webb (roman jeunesse anglais)

15. Chat avec Madame Pamplemousse et la confiserie enchantée, de Rupert Kingfisher (roman jeunesse anglais)

16. Crocodiles et autres animaux de la jungle africaine avec L’énorme crocodile, de Roald Dahl et Quentin Blake (roman jeunesse anglais)

17. Canards avec Voler !, du moine Jaeyeon (roman coréen)

18. Chien et autres animaux avec Le ramier, de Kenzaburô Ôe (nouvelle japonaise)

19. Chien Beagle avec L’énigme des cœurs gelés (Wilma Tenderfoot, 1), d’Emma Kennedy (roman jeunesse anglais)

20. Chien Beagle avec L’énigme du poison putride (Wilma Tenderfoot, 2), d’Emma Kennedy (roman jeunesse anglais)

21. Rats avec Rats, de David Fermer (roman jeunesse anglo-allemand)

22. Ours avec Une moitié de Wasicun, de Jean-François Chabas (roman jeunesse français)

23. Rossignol avec Le rossignol et l’empereur de Chine, de Kochka et Qu Lan (album illustré franco-chinois).

Helran

son billet de présentation

Le poulpe : le cinquième est dément

La planète des singes de PIerre Boulle

L’enfant qui parlait aux animaux

Trois souris d’Agatha Christie

Loo :

Et le chien devint l’ennemi du chat
Les oreilles du loup d’Antonio Ungar
Mon chien Stupide de John Fante
Treize alligators de Gaetano Bolan

L’école des petits vampires, tome 2

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Mon résumé :

Revoilà les élèves du célèbre collège d’ensaignement Comte-Dracula. Et revoilà leur professeur Archibald Dufond-Duchâteau. Il ne souhaite qu’une chose : rencontrer une gentille vampire et avoir pleins de petits vampires, qui, comme chacun le sait, sont apportés par les chauve-souris. Seulement, rien ne se passera comme prévu. Il peut néanmoins compter sur ses élèves, pour le meilleur comme pour le pire.

Avertissement :

Ce sont des vampires. L’histoire est donc parfois un peu sanglante. Ne ratez pas, p. 19, la sangria du tonnerre pour vampire amoureux.

Mon avis :

Divertissant et rafraîchissant – pour qui aime les vampires, comme moi.

Les élèves ne sont pas tellement plus agités que les élèves « ordinaires », ils ont juste des problèmes différents. Ah ! ces couvercles de cercueil qui se coincent et vous empêchent d’arriver à l’heure ! Ah , ces problèmes mathématiques où vous devez calculer le poids global de toutes les pierres tombales du cimetière. Ils sont tout de même des divertissements, comme la confection d’effrayants bonhommes de neige (ou qui se veulent tels).

Et les professeurs ! Pire que les humains : je ne vous parle même pas de leurs problèmes de dents ou de leur douloureuse visite chez le dentiste (encore que… la mutuelle des ensaignants ne rembourse pas très bien, visiblement). Archibald Dufond-Duchâteau est amoureux, et un professeur amoureux, soit il est plus indulgent (si tout va bien) soit il est particulièrement sévère (si la belle Vampirette menace de rompre, car ses défauts sont rédhibitoires). Surtout que c’est un peu la faute des petits vampires si la belle histoire d’amour a tourné au vinaigre…

Comme si une catastrophe ne suffisait, voilà leur adversaire de toujours, Pommodori, qui se met en tête de prouver – et définitivement – leurs existence afin :

– de recueillir beaucoup d’honneur et d’argent.

– de leur planter un pieu dans le coeur à tous, couronnement de ses longues séances d’entraînement sur des tomates.

Quand on connaît ses charmants bambins, on se dit vraiment que ce serait regrettable que leur carrière s’arrête prématurément. Heureusement, ils ne manquent pas de ressources, ni d’alliés. D’honnêtes vampires ne se laisseront pas faire, éviter les contrefaçons.

Toujours enjoué, toujours pleins de trouvailles comiques, ce texte est un vrai bonheur en soi. Les illustrations de l’auteur sont particulièrement réussis.

J’ai gardé ce morceau choisi pour la fin, pour prouver les qualités de ses élèves vampires :

Quant à Philémon, il prend les loups-garous en laisse et les emmène faire leurs besoins afin qu’ils ne dérangent pas les tourtereaux par des hurlements intempestifs.

Les plumes à thème n°9 by Asphodèle

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Mon résumé : le poste de directeur d’un pensionnat de louveteaux n’est pas des plus reposants. Après la découverte de son prédécesseur au volant de sa voiture, le tout dans le bassin d’entraînement par madame Lecerf et madame Cobert, Gaël se demande quelles nouvelles aventures lui réserve ce poste. Sa cousine Nick, à peine remise de ses blessures, prend la direction de l’enquête.

         Je vous interroge en priorité, dit Nick aux deux femmes. Y a-t-il un hangar que tu pourrais me prêter ??? Moi et mon équipe avons besoin de place.

         Je t’accompagne !

Je lui tins solidement le bras pour la conduire. Katia et Sylla nous suivaient.

         Tu es en train de me coller la honte devant toute mon équipe ! vociféra Nick tout bas. Un exploit.

         La moitié de ton équipe te regarde avec admiration, l’autre moitié avec amouuuuuuuur ! Pourquoi as-tu repris le travail si vite ?

         Marre de voir maman retenir ses larmes à chacune de ses visites. Marre d’entendre les explications de papa au sujet du divorce – il a dû lire plein d’ouvrages psys et oublier que je n’avais plus trois ans. Les médecins ont voulu me faire entendre la voix de la raison, j’ai suivi celle de la déraison.

Je laissais Nick poser ses questions, tandis que je mobilisais l’ensemble du secrétariat – soit deux personnes et moi – pour appeler les familles et leur demander de venir chercher leurs louveteaux. Même la mort n’est pas un sujet tabou pour nous, une enquête criminelle n’est pas un spectacle de fin d’année. J’ignorai qu’une réunion improvisée – et privée – se tiendrait peu après dans une des salles de travail.

         Si quelqu’un y est pour quelque chose, qu’il le dise maintenant ! dit monsieur Thierry. En tant plus ancien professeur de l’établissement – 27 années en poste, qu’il pleuve des vampires ou qu’il neige des trolls – il avait pris la liberté de présider la séance.

Un silence franc et massif accueillit cette déclaration.

         Personne ? Personne n’a eu envie de modifier le plan ?

         Le plan n°1 impliquait de ligoter le principal, le bâillonner et le déposer devant le rectorat après que Lucy lui a fait oublier ses souvenirs, rappela Katia. Le plan n°2, moins hasardeux, nécessitait toujours de bonnes cordes, si ce n’est qu’il devait être déposé devant la barrière de son humble demeure. Qui n’a pas été soulagé par la nouvelle de sa fuite ?

Un murmure approbateur unanime lui répondit.

         C’est le deuxième principal qui meurt en peu de temps.

         Qu’insinuez-vous ? Que nous avons tué monsieur Caudebec ?

C’est Sylla Cobert, rouge de colère, qui avait pris la parole. Monsieur Caudebec avait dirigé douze ans le pensionnat, se dévouant à son poste bien au-delà de ce que ses obligations de service nécessitaient. Il était mort dans son sommeil, trois ans avant la retraite.

         Cette remarque est totalement crétine ! poursuivit Sylla. Puis, entre monsieur Caudebec et monsieur Gervois, nous avons eu monsieur Brossard. Il va bien, lui. Il a fait valoir ses droits à la retraite. Son régime à base de siestes prolongées l’a préservé du surmenage.

 Il leur avait même envoyé une carte postale de Nice, où il venait d’acquérir une villa. Il était plus grande souffrance que celle-ci.

         Tu es sûre, Sylla, que ta copine Lucy n’a pas décidé d’agir sans nous attendre ? demanda Frédéric, le professeur de mathématiques.

         Non, et la voix de Sylla claqua comme un coup de fouet. C’est hallucinant la prévention qui existe encore contre les vampires ! Et si un seul argument devait te convaincre, jamais Lucy n’aurait immergé la voiture, elle les aime trop pour en sacrifier une seule.

Frédéric resta pantois devant une telle remarque. Cela tombait bien, certains professeurs, demeurés silencieux jusqu’à cet instant, ne demandaient qu’à se manifester.

         Cet assassinat n’a aucun sens !

         Ah, si ! commenta le professeur de physique chimie, sens nord, nord-ouest. Je m’y connais peu en sacrifice, mais… on ne sait jamais !

<![endif]–>         J’en vois un autre, précisa Sylla. Quelqu’un détestait monsieur Gervois encore plus que nous, et ne s’est pas contenté de vouloir le réduire au silence provisoirement. Après tout, avant sa venue ici, que savions-nous de lui ? Rien. Pas même ce qu’il a bien voulu nous dire puisqu’il est resté silencieux sur son passé.

61 heures de Lee Child

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Dakota du Sud. Plein hiver, température polaire et blizzard infernal. Perdu dans ce désert d’une blancheur aveuglante, un bus rempli de touristes du troisième âge tente de rallier au plus vite la bourgade de Bolton. Mais après avoir évité une collision, le chauffeur, pourtant expérimenté, ne peut redresser son véhicule qui dérape et se retrouve encastré dans une congère. L’ex-policier de la Navy, Jack Reacher, qui se trouvait lui aussi dans le bus, propose son aide aux autorités locales et tout le monde est sauvé. Sauf que Bolton abrite l’une des plus grandes prisons des États-Unis et que la révolte y gronde. Un chef d’un gang de motards arrêté pour trafic de drogue attend son procès avec ses bikers menaçant d’enlever le seul témoin du deal, la bibliothécaire Janet Salter. Encore une fois, Jack Reacher propose son aide.

Mon avis :

J’ai découvert ce héros, Jack Reacher, par le biais du cinéma, et peu m’importe les jugements de ce qui me liront : j’ai bien aimé l’interprétation de Tom Cruise (et le film aussi). J’ai donc emprunté le tout dernier tome des aventures de ce héros à la bibliothèque Roger Parment.

L’action se passe dans le Dakota du Sud, et quand je dis l’action… Il semble que cet état ne soit pas propice à la moindre action. Les villes sont peu nombreuses, et très éloignées les unes des autres. On peut être né dans cet état et déprimer, comme Kim Petersen, parce qu’elle aura beau s’assoir devant sa fenêtre, elle ne verra strictement rien de toute la journée. Le chômage ? Un problème, comme partout. Aussi, quand une prison a été construite dans la petite ville de Bolton, le maire y a vu une manne providentielle : du travail, du travail et encore du travail, surtout pour les motels de la ville qui accueillent les familles des détenus les jours de visite. Bolton est loin de tout, et les familles dorment souvent une nuit ou deux sur place.

Pour l’instant, nous sommes en plein hiver, un hiver du Dakota du Sud, -30°. La neige à perte de vue. Le shérif et ses hommes, sur le qui vive, car ils protègent une charmante bibliothécaire à la retraite, unique témoin d’un procès qui doit s’ouvrir bientôt – et la menace est précise, bien qu’invisible, encore.  Pourtant, le but de cet ennemi est simple : supprimer Janet Salter, le témoin.  Et Jack Reacher apparaît comme l’élément qui perturbera cette belle ordonnance. Surtout, son passé de militaire l’amène à voir certains faits sous un autre jour, à mettre le doigt sur des plans secrets pas joli-joli, inimaginables de nos jours, mais possibles du temps de la guerre froide.

Si j’ai trouvé cette lecture divertissante, j’ai eu cependant deux soucis :

– j’ai trouvé qui était le (futur) tueur, le dénouement m’a confirmé que l’indice que j’avais relevé était probant.

– les obstacles rencontrés par Reacher à la fin du roman m’ont semblé un peu lourd.

Néanmoins, cela ne m’empêchera pas de lire d’autres livres de cette saga.

 

logo polar50petit bacchallengeQuatreSaisonsChallenge-anglais

La danse des chiens-tonnerre de Kirk Mitchell

Présentation de l’éditeur :

Emmett Parker, inspecteur comanche du Bureau des affaires indiennes, est de retour chez lui. Après treize années de loyaux services qui l’ont conduit à enquêter dans différentes réserves indiennes à travers tout le territoire des États-Unis, une rupture difficile avec sa coéquipière Anna Turnipseed et une grave blessure, il décide de passer sa convalescence en Oklahoma, parmi les siens, et peut-être même de raccrocher définitivement. C’était compter sans les conflits qui déchirent sa tribu : le Bureau est accusé par nombre de Comanches de la réserve de détourner l’argent des puits.

challenge amérindienMon avis :

Je découvre cet auteur grâce à ce roman. Il mériterait d’être mieux connu, les auteurs de polars américains ne se limitent pas à Harlan Coben et Mickaël Connelly.

Ce roman nous plonge au coeur de la culture améridienne, entre les traditions et la modernité. Emmett, le personnage principal, et Mickaël Mangas, son adversaire, ont des valeurs, des codes, qu’ils partagent et que certains protagonistes ne comprennent pas nécessairement. Même Mickaël, qui a pourtant reçu peu ou prou la même éducation qu’Emmet, interprête mal sa position vis à vis de la religion catholique qui leur a été imposée. L’erreur est humaine. La traque le sera un peu moins. A la décharge de Mickaël Mangas, les meurtres sur lesquels il enquête sont particulièrement sordides, et leur motif – le détournement de l’argent des indiens – est très proche de leur préoccupation. Qui mieux qu’un comanche pour détourner de l’argent comanche ?

La construction de ce roman est unique, et osée, grâce à l’usage d’un narrateur omniscient. Emmett, policier fugitif, accusé du meurtre d’un de ses ami, Jérôme, cherche à prouver son innocence et à déjouer le complot dont il est victime. Il est également persuadé que Mickaël, l’enquêteur qui le poursuit, participe à ce complot. De l’autre, nous avons Mickaël, qui poursuit sa traque avec pugnacité. Nous savons qu’il est sûr d’agir dans son bon droit. J’ai aimé sa profondeur et ses contradictions. Contrairement aux héros de mauvais romans et de mauvaises séries télévisées, il n’oublie pas les épreuves qu’il a traversées – la mort de son fils dans un attentat – et montre par quels moyens il rend la douleur vivable, et peu importe si ses moyens n’appartiennent pas à la culture occidentale. Et même si nous sommes souvent immergés dans la culture amérindienne, notamment dans un dernier chapitre émouvant, les sentiments éprouvés sont universels, comme l’amour d’une mère pour son fils (Emmett).

Emmett. Un personnage complexe, capable de susciter la haine (des personnes qui l’ont choisi comme bouc émissaire) ou le dévouement le plus sincère. Lire à cet égard le témoignage de son ex-femme, déterminant. Son adversaire, celui qui tire les ficelles dans l’ombre, nous le découvrons inquiétant par sa folie même. Tuer ne lui pose aucun problème, torturer non plus – presque une partie de plaisir. Il ignore qu’il a pour adversaire quelqu’un capable d’aller jusqu’au bout de ses forces, de ses capacités  – et même au-delà. Le Emmett qui participera à la confrontation finale tient plus du spectre (indien) que du fugitif ordinaire. Découvrir le coupable, quel qu’il soit – lui et Mickaël ne sont pas si différents.

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Le passé simple de Driss Chraïbi

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Présentation de l’éditeur :
Lors de sa parution en 1954, ce livre fit l’effet d’une véritable bombe, tant en France qu’au Maroc qui luttait pour son indépendance. Avec une rare violence, il projetait le roman maghrébin d’expression française vers des thèmes majeurs : poids de l’Islam, condition féminine dans la société arabe, identité culturelle, conflit des civilisations. Vilipendé au début, commenté par des générations de lecteurs, il est enseigné depuis quelques années dans les universités marocaines.

Mon avis :

Je crois que ce livre est ma première incursion dans la littérature marocaine, et pour une première, je n’ai pas choisi le plus simple, quoi qu’en dise le titre.

Driss a six frères, un père très riche, très puissant, qu’il nomme Le Seigneur, et une mère qui a été totalement brisée par la vie qu’elle a menée. Ses seuls rôles consistaient à tenir parfaitement sa maison (son voyage, en compagnie de son fils, au milieu du livre, lui paraît presque irréel) et à mettre au monde tous les deux ans un nouvel héritier. Elle est quasiment la seule femme du roman, la seconde que nous croisons est répudiée pour une soupe froide, et ré-épouser le lendemain. Elles sont tellement résignées à leur sort que s’en est presque choquant, notamment la réaction de la mère, après le décès de son petit dernier, dans des circonstances plus que troubles. Il n’y aura pas d’enquêtes, cependant, le Seigneur est trop puissant. Puis, qui se soucie de la mort d’un petit marocain ?

La violence est omniprésente, que ce soit dans le récit ou dans le style d’écriture choisi. Driss a été choisi, parmi ses frères, pour recevoir une éducation à l’occidentale, et s’il montre son impossible intégration dans la société occidentale (ses condisciples ne le considèreront jamais comme leur égal), il se révolte également contre le poids des traditions marocaines, rejetant tous les « espoirs » qui ont été placés en lui.

La lecture de ce livre a provoqué chez moi une forte sensation d’étouffement – la liberté n’est qu’illusoire dans ce texte, et les pauses sont difficiles à trouver dans ces longs chapitres. Terminer ce livre, terminer la rédaction de cet avis est un soulagement.