Archive | 25 juillet 2013

Les fourberies de Scapin de Molière

Scapin

Mon résumé :

Catastrophe ! Le seigneur Argante revient dans l’intention de marier son fils Octave à la fille du seigneur Géronte. Hélas, Octave est déjà marié – en secret. Comment fera-t-il accepter sa décision à son père ? Heureusement, Scapin veille.

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Mon avis :

Qui ne connaît pas Les fourberies de Scapin ? Ou plutôt, qui n’a pas étudié en classe cette farce en trois actes et en prose ?

Scapin est le personnage le plus important de l’oeuvre, et pourtant, comme souvent chez Molière, il n’est pas présent dans la toute première scène. Non, nous avons un couple – les Fourberies est une comédie de couple – valet/maître, Sylvestre, meilleur ami de Scapin, et Octave, meilleur ami du maître de Scapin. Le spectateur découvre tout de suite l’ampleur de la catastrophe  – désespoir d’Octave et laconisme de Sylvestre. C’est au milieu de cette « cruelle conjoncture » que Scapin apparaît – sûr de lui, sans peur : il a déjà eu maille à partir avec la justice, les autres le regardent désormais avec un mélange de crainte et d’admiration. Aucun n’irait jusque là, même pour l’être aimée. Bien sûr, il n’est pas exclu que Scapin fanfaronne un peu, cependant l’ensemble de ses fourberies prouve assez qu’il ne craint rien.

Il dynamite même l’ensemble, inventant des stratagèmes pour obtenir de l’argent des pères, transformant le timide Sylvestre en fier spadassin, jouant plusieurs rôles lui-même si nécessaire, improvisant quand il ne peut émouvoir Géronte, plus avare que père. Vindicatif, il fera souffrir Léandre – moralement – et Géronte – physiquement. Il ne faut pas menacer Scapin, il s’en tire toujours, même quand il est forcé d’avouer ses fourberies à son maître, incapable de reconnaître dans le loup-garou qui l’a agressé son propre serviteur, même quand sa vie ne tient qu’à un fil. Il en faut beaucoup pour abattre Scapin.

A contrario, il n’en faut pas beaucoup pour émouvoir les deux jeunes premières, agaçante au possible. Hyacinthe pleure autant que Zerbinette rit. N’était ce détail – de taille – normal, dans une farce, les caractères doivent être outrés – elles seraient strictement identiques, pauvres jeunes filles bien décidées à se faire épouser – les jeunes hommes sont si versatiles. Léandre est colérique, Octave est peureux : ces jeunes gens sont faits pour s’entendre. Ce n’est que justice s’ils se marient – et si Scapin se révèle le véritable triomphateur de cette oeuvre.

 

 

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