Archive | 11 juillet 2013

Fin d’un champion de Charlaine Harris

Ce sont les vacances, j’ai rédigé cinq avis hier, j’en ai encore trois sur le feu, dont deux pour des livres peu appréciés. Je ressors cet avis-ci, sur un livre lu voici quelques mois.

Mon résumé :

La petite ville de Shakespeare, dans l’Arkansas, n’est plus une ville tranquille : trois meurtres ont eu lieu en l’espace de deux mois, aucun n’a été résolu. Lily Bard se sent particulièrement concernée par le dernier meurtre, car il a eu lieu dans sa salle de sport, le seul endroit où elle se sentait à peu près en sécurité. Jusqu’où la violence peut-elle aller ?

Mon avis :

Et jusqu’où mon indulgence de lectrice peut-elle aller ? Je commencerai par le point positif, à savoir la description du racisme trop ordinaire et de ses conséquences dans cet état du Sud, où la mort d’un noir aura toujours moins d’importance que la mort d’un blanc, où certains croient encore à la supériorité des blancs sur les noirs – pardon, de l’homme blanc sur les autres, femmes comprises. Ce racisme touche tous les niveaux de la société, des plus pauvres au plus aisés, et, comme partout ailleurs, il ne suffit pas d’être un activiste pour être nuisible. Il suffit de voir, de savoir et de laisser faire.

Maintenant, pour tout ce qui est négatif, nous avons tout le reste. Je me demande toujours si les erreurs proviennent de la traduction ou de l’auteur, qui ne se relit pas assez. Lily Bard est bien remis de ses traumatismes, je vous remercie, et va désormais de conquête masculine en conquête masculine. Elle observe avec une quasi-indifférence les départs et les arrivées autour d’elle, sauf bien sûr ceux de ses chevaliers servants, potentiels ou pas. Je l’ai dit, elle n’en manque pas.

Elle a également le don d’être toujours au mauvais endroit au mauvais moment, et cette constance finit par étonner même ses amis les plus indulgents. Je ne vous parle même pas des lectrices comme moi, qui ne le sont pas forcément. N’ayons pas peur des mots : il y a du Sookie, dans ses pires moments, dans le personnage de Lily Bard. Il lui manque un Eric à sa mesure, les hommes qui l’entourent font tout de même pâle figure, même à côté d’un vampire.  Certaines scènes m’ont rappelé des situations exploitées dans la communauté du Sud – Lily Bard est une série antérieure.

Chrysis de Jim Fergus

Un grand merci à Babelio et aux éditions du Cherche-Midi pour ce partenariat.

Quatrième de couverture (extrait ) :

Paris, 1925. Gabrielle “Chrysis” Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à L’Atelier de Peinture des Élèves Femmes de L’École des Beaux-Arts, pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de George Braque. Exigeant, colérique, cassant, Humbert, âgé de 83 ans, règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes. Mais malgré toute son expérience, il va vite se rendre compte que Chrysis n’est pas une élève comme les autres. Précoce, volontaire, passionnée et douée d’un véritable talent, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu privilégié et un monde de l’art où les hommes jouissent de tous les privilèges. Elle ne tardera pas à se perdre dans les plaisirs désinvoltes et à devenir l’une des grandes figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des années folles. C’est là qu’elle va rencontrer Bogey Lambert, un cow-boy américain sorti de la légion étrangère, avec qui elle va vivre une folle histoire d’amour.

Mon avis :

J’ai adoré ce livre ! Je ne saurai dire mieux, et j’espère vous donner envie de le découvrir.
Esprit chagrin, moralisateur, passez votre chemin : Chrysis est l’histoire d’une femme et d’une artiste libre. Comme Tosca, elle aurait pu chanter Vissi d’amor, vissi d’arte, sauf que son destin est beaucoup moins tragique. Elle a vécu, pleinement, et c’est cette plénitude que nous transmet Jim Fergus à travers ses mots. Tout semble aller de soi dans ce texte, avec le plus parfait naturel, et ce fut vraiment un vrai plaisir de le lire.
La peinture, le Paris des années vingt et le destin d’une femme, si accompli fut-il, ne sont pas les seuls sujets du livre. Il en est un autre, que je n’ai garde d’oublier : la première guerre mondiale. Elle est abordée par le père de Gabrielle (elle n’était pas encore Chrysis à l’époque), militaire qui refuse de trop en dire à sa fille sur ce qu’il a vécu au front, et par Bogey Lambert. Celui-ci, venu tout droit du Colorado avec son cheval (il devait le vendre, il a préféré embarquer avec lui) s’est engagé dans la légion pour se battre pour ses frères opprimés. Le texte prend des accents épiques pour raconter ses années de guerre, sans jamais se départir de la tendresse éprouvée pour ses personnages hors-norme.
Si vous aimez la peinture, si vous aimez Paris, si vous aimez l’amour, l’amitié, et le lien unique qui unit un animal et son maître, lisez ce magnifique roman de Jim Fergus.
 

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