Archive | 7 juillet 2013

Madame Pamplemousse et la confiserie enchantée de Rupert Kingfisher

pamplemoussePrésentation de l’éditeur :

C’est l’hiver à Paris et Madeleine a quelques problèmes à l’école. Mirabelle, une nouvelle élève, la harcèle. Madeleine a trop honte pour demander de l’aide à ses amis, Madame Pamplemousse et Camembert, mais elle se lie d’amitié avec une femme nommée Madame Bonbon, propriétaire d’un magasin qui semble être une confiserie. Les sucreries que Madame Bonbon donne à Madeleine ont un puissant effet magique et la rendent tout d’abord assez forte pour affronter Mirabelle. Mais ils la plongent bientôt dans un monde étrange et enchanté dont elle s’aperçoit qu’elle ne peut s’échapper. Car Madame Bonbon n’est autre qu’une vieille ennemie de Madame Pamplemousse, venue à paris pour prendre sa revanche.

Mon avis :

Lire un tel livre de littérature jeunesse fait incontestablement du bien. J’ai beaucoup aimé la morale délivrée dans ce roman, et j’aurai aimé pouvoir lire un tel roman quand j’étais enfant. J’ai l’impression qu’il n’en existait pas de tel ! On me dira aussi que de tels problèmes n’existaient pas à l’époque. Je ne pense pas que le harcèlement ait été inventé en 2013, ni l’indifférence des parents envers leur progéniture. Je crois simplement qu’on en parlait nettement moins.

Pour revenir aux qualités de ce roman, il est bien écrit, i parvient à créer un univers à la fois réaliste et rempli de fantaisie. De monstres aussi, à visages humains, et sans silhouettes d’ogre.

Il montre aussi comment il est facile de faire du mal en faisant semblant de faire du bien. Il est facile de jouer avec les idées établies pour stigmatiser ceux qui n’entrent pas dans la norme. Je terminerai par cette citation, qui illustre parfaitement ce thème :

« Mirabelle t’a rendue honteuse d’être spéciale, en te mettant à part. Eh bien, Madeleine, je ne crains pas de l’affirmer : oui, tu es à part, mais il n’y a aucune honte à cela. Et pour ce qui est de « s’intégrer », personnellement je ne l’ai jamais fait, et je n’ai aucune intention de m’y mettre. Tu sais, conclut-elle avec un sourire, cela ne m’empêchera jamais d’avoir des amis. »

petit bacChallenge-anglais

La nuit du carrefour de Georges Simenon.

nuit

Mon résumé :

Au carrefour des trois Veuves, se trouvent trois maisons. Deux voitures ont été échangées. Ce qui n’aurait pu n’être qu’une farce devient un drame quand un cadre est retrouvé au volant de l’une d’entre elles. Maigret enquête.

littérature cinéma

Mon avis :

Un tel roman serait-il possible de nos jours ? Je ne le crois pas, non parce que l’interrogatoire que subit d’entrée de jeu Carl Andersen, le danois, n’aurait plus cours, mais parce qu’il n’existe plus, à quelques kilomètres de Paris, d’endroit aussi isolé que ce carrefour des trois Veuves.

Trois maisons seulement se tiennent à cet endroit. Une vaste propriété, la demeure des Michonnet, et le garage de monsieur Oscar, bel exemple de réinsertion professionnel, dirait-on de nos jours. J’aurai envie de qualifier ce lieu de huis-clos, tant tout se passe entre les murs de ses trois maisons. Quant aux rares personnes qui viennent jusqu’ici, elles ne font que passer, comme les clients du garage, ou bien elles s’y arrêtent définitivement, comme le diamantaire juif et hollandais. Un étranger, tout comme Carl Andersen et sa sœur, que personne n’a jamais vu en cinq ans. Elle vit littéralement enfermée dans le château. Pour protéger qui ? Ou plutôt pour se protéger de qui ? Else Andersen a tout de la femme fatale, avec son physique parfait jusqu’à la cicatrice qui l’humanise et aux regards à l’innocence enfantine. Ni madame Michonnet, l’épouse dévoué du courtier en assurance, ni la soumise madame Oscar, conjointe du garagiste, ne peuvent prétendent à ce titre. Et si le commissaire Maigret ne les néglige pas, il sait que la clef de l’énigme n’est pas à cherche auprès de ses deux femmes, mais dans le château où est enfermée la Belle. Les indices y sont semés un peu partout, pour qui sait regarder, pour qui sait écouter – et le commissaire Maigret n’est pas dépourvu de ces qualités.

Le danger est partout, la tragédie survient quand on s’y attend le mien. Dans ce petit coin trop tranquille, Maigret a fort à faire, et préserver l’innocent semble par moment impossible, à moins de compter sur le hasard et sur la foi. L’expression « choc des cultures » n’a jamais été aussi utile, pour les français très cartésiens que sont les hommes du commissaire Maigret.

La nuit du Carrefour est à lire, relire, et à regarder : Jean Renoir en a tiré un film très juste, avec son frère Pierre dans le rôle de Maigret.