Archive | 5 juillet 2013

Le malade imaginaire de Molière

Je commencerai par un peu de musique, cet Air de Scaramond, extrait du premier intermède du malade imaginaire.

Mon résumé :

Argan est un excellent client pour monsieur Purgon et pour son apothicaire, monsieur Fleurant. Il a même décidé de marier sa fille aînée, Angélique, avec le neveu de monsieur Purgon, Thomas Diafoirus, futur médecin. Ni Angélique, ni Belline, seconde femme d’Argan, ne sont de cet avis. Qui l’emportera ?

Mon avis :

Le malade imaginaire est l’une des oeuvres que je préfère. Je le préfère cependant dans toute sa splendeur, avec la musique de Marc-Antoine Charpentier, comme je l’ai découvert à l’âge de 13 ans, à la télévision. 3h 26 de spectacle en tout, que j’ai le plaisir de regarder à nouveau sur Youtube. J’ai eu également la joie de le voir sur scène, à la comédie française, dans une version très drôle. Aussi, j’ai beaucoup de mal à supporter des versions médiocres (ou amputée de quelques scènes…).

Argan est un malade débordant d’énergie. Ayons une pensée émue pour toutes les séries télévisées dans lesquelles le malade se prélasse dans son lit. Argan entre, sort, tempête, il est de toutes les scènes ou presque – toutes celles qui sont importantes. Ne débute-t-il pas par un long monologue, énumération de ses dépenses chez son apothicaire favori ?  Il est un hypocondriaque, mais il joue bien d’autres rôles. Amoureux de sa seconde femme, il se laisse mener par le bout du nez. Père à demi indigne, il est prêt à déshériter ses filles en faveur de sa femme, mais songe tout de même à établir l’aînée avec un riche futur médecin. Bien entendu, c’est pour lui qu’il veut ce mari, pas pour elle – et ce n’était pas si choquant à l’époque. Il menace sa plus jeune fille du fouet pour obtenir ce qu’elle veut, à savoir le compte-rendu de son espionnage méthodique de sa soeur. DE ce point de vue, rien n’a changé en trois cents ans.

Heureusement pour elle dans cette oeuvre, Angélique est capable de tenir tête à son père. Heureusement, elle a Toinette, une servante aussi habile que Scapin, qui n’hésite ni à se déguiser, ni à faire appel à son amant pour aider les amoureux. Cléante lui aussi se déguisera pour voir sa belle, et se montre nettement moins empoté que d’autres amants de comédie. « Je me ferai médecin » n’hésite-t-il pas à promettre à Argan, qui gardera jusqu’au bout son obsession. L’hypocondrie n’était pas encore reconnu comme maladie, comment aurait-il pu en guérir, même avec le soutien de son frère et de ses filles ?

Pour terminer cet article, l’ouverture du malade imaginaire de Marc-Antoine Charpentier.

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