Archive | 28 juin 2013

La malédiction des cornichons de Siobhan Rowden

couv71398631Présentation de l’éditeur :

Le jour où son père disparaît subitement, Barnabé doit emménager avec sa mère dans l immense maison de sa grand-mère, Mamy Lebeurk, où règne une permanente odeur de vinaigre. Et cette odeur, il va falloir qu il s y habitue puisque Mamy Lebeurk est à la tête d un vaste empire industriel : une usine de cornichons et spécialités vinaigrées en tous genres.
Mais, découvre-t-il bientôt, la vieille femme autoritaire et acariatre n’est pas étrangère à la volatilisation de son père.

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L’auteur : Siobhan Rowden est née en Ecosse, et a grandi en Grande-Bretagne (je le précise parce que j’ai lu sur un site qu’elle était américaine. Et bien non !). La malédiction des cornichons est son premier roman, la suite devrait paraître bientôt.

Challenge Jeunesse/Young adult chez Mutinelle et Kalea.

Mon avis :

Quand j’ai lu l’avertissement de quatrième de couverture, à savoir que ce livre était à éviter si l’on était allergique aux Trolls, j’ai su qu’il était fait pour moi !

J’ajouterai même que si vous aimez Roald Dahl, vous aimerez ce roman de littérature jeunesse. Les personnages sont atypiques. La grand-mère pourrait presque passer pour une sorcière, grâce à sa laideur, ses mauvaises manières (quoique… elle a su discipliner ses troupes) et les recettes secrètes qu’elle prépare dans sa cave, soigneusement fermées à clef (ce n’est pas de sa faute si elle ne trouve pas un successeur).  Hatty, la fille, est gentille, trop gentille presque. Après le départ de son mari, elle est retournée vivre avec sa mère, car elle ne parvenait pas à subvenir à leurs besoins seules. Même si le cadre spatio-temporel est proche de la fantasy, la situation décrite est réaliste, d’autant plus que la grand-mère ne se prive pas de faire quelques commentaires désagréables sur son gendre. Celui-ci avait choisi un mode de vie diamétralement opposé à celui de sa belle-mère, et comme elle n’a jamais réussi à le faire plier, pas plus que sa fille, elle ne se prive pas pour dire tout le mal qu’elle pense de lui – et tant pis si son petit-fils entend !

Barnabé, justement, veut savoir :

– ce qu’est devenu son père

– ce que cache sa grand-mère.

Il ne sera pas déçu, et le lecteur non plus. Comme dans un conte, il devra subir des épreuves, surmonter ses peurs – il verra vraiment des choses horribles et indigestes – et ses proches révéleront des traits de caractère inattendus ! S’il devait y avoir une morale à cette histoire, elle serait d’aller au-delà des apparences, même si elles sont repoussantes.

La malédiction des cornichons m’a procuré un bon moment de détente, et c’est déjà beaucoup.

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V comme vampires

unehistoireMon résumé : Gaël de Nanterry a (un peu changé) depuis la grande bataille entre loups garous, vampires, trolls et autres joyeusetés. Il est désormais principal intérimaire d’un collège pour louveteaux. Il ne s’attendait pas à avoir la visite de son ex, ni du nouveau compagnon de son ex. Difficile d’effacer tant d’années de vie commune, même avec une bonne gomme.

Je n’eus pas le temps de méditer plus avant les châtiments que je lui ferai subir, car Anatole et son meilleur ami Léopold me tiraient par la manche.

          Mon sieur le principal, est-ce que le club théâtre ouvrira de nouveau ?

          Pourquoi a-t-il fermé ?

Je soupçonnais une frayeur de mon prédécesseur, dépassé par la nature même de ses pensionnaires.

          Disons qu’il n’appréciait pas la pièce que nous jouions…commença Léopold

          Une transposition des contes de fée et des fables les plus connues, revisitées à la sauce garou, continua Anatole. Nous n’aurions peut-être pas dû lui monter la scène où le loup déchiquète les petits cochons.

          Ce n’était pas des vrais, précisa Léopold.

          Ni celle où le loup, non content de tuer l’agneau, dévore aussi les brebis.

          Après avoir vérifié qu’elles n’étaient pas galeuses, ni remplies de puces. Quand j’ai suggéré qu’il mange le berger venu pour les tondre en dessert, « il » a tourné de l’œil. Dracula lui a donné les premiers soins.

           ????

          Dracula est le surnom de madame Cobert, notre professeur de français et de théâtre.

Je pensais au vrai Dracula, que je recevais comme patient il n’y a pas si longtemps. A haute voix, je précisais qu’il n’apprécierait pas qu’une simple mortelle soit surnommée ainsi.

          Si le vrai Dracula connaissait madame Cobert, c’est lui qui demanderait à être surnommé madame Cobert, en référence à…

          Certains traits de son caractère.

          Il est vrai que contrairement à lui, elle ne mord pas…

          Enfin, pas tout de suite. Et pas souvent.

Je me sentais soudain très rassuré. Si, si, c’était une libération pour moi d’imaginer le pire plutôt que de croire que quelques grammes de douceur existaient encore dans notre monde de brutes.

Je m’étirai… et constatais que Jared n’avait pas bougé. Ou plutôt si : ses yeux s’étaient écarquillés.  Il attendit que nous soyons seuls (c’est-à-dire hors de portée des grandes oreilles des louveteaux) pour murmurer d’une voix éteinte :

          Vous connaissez Dracula, le vrai ?

J’aurai pu lui dire : quoi ? Silas n’a pas eu le temps de vous le dire ? Non, je le pris par les épaules (il mesurait quinze bons centimètres de plus que moi, qu’est-ce qu’il avait pu manger au petit-déjeuner quand il était gosse ?) et lui tint à peu près ce discours :

          Je suis vampirologue diplômé, j’ai à peu près deux cents vampires parmi mes patients, sans compter les loups-garous, car je suis aussi lycanthropologue. Alors, oui, je connais Dracula, ce n’est pas un mystère. Je connais aussi ses trois femmes, et quelques autres membres de sa famille. Seulement… Dracula, lui, il est sympa. Très sympa même, bien éloigné de ce que Bram Stocker a raconté dans son roman – il a préféré se montrer sous son jour le plus noir afin que le secret de leurs existences  soit préservé. Mais j’en connais aussi des caractériels, des méchants, des sales gosses immatures, le genre à vous mâcher et à vous recracher comme un chewing-gum usagé. Voulez-vous que je vous les présente ? Je dois la vie à quelques-uns d’entre eux !