Archive | 19 juin 2013

Il suffit d’une nuit de Somerset Maugham

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Quatrième de couverture :

Une veuve, douce, jeune, belle, pauvre, des soupirants : un futur vice-roi des Indes, un vraiment mauvais sujet, un beau musicien famélique ; Florence, un suicide – l’auteur du Fil du rasoir ne lésine pas sur les poncifs du roman mondain 1930. Tout son art est d’entremêler avec un métier exemplaire de tels ingrédients et d’entraîner sans souffler le lecteur jusqu’à la dernière page. Du beau travail !

mois anglais

Mon avis :

J’ai du mal à rédiger mon avis sur ce livre. La preuve en est que je l’ai fini depuis huit jours, et que j’ai largement traîné avant de m’y atteler. Pire : j’ai déjà emprunté ce livre à l bibliothèque dix ans plus tôt, et je ne peux pas dire que son souvenir m’ait bouleversé. Je ne peux pas dire que le quatrième de couverture, particulièrement laudatif, me soit d’un grand secours : je suis loin de penser la même chose.

Alors, oui, il est des scènes d’une grande subtilité d’analyse, notamment lorsque Mary, l’héroïne parle de ses sentiments pour son défunt mari, de l’engrenage dans lequel cet amour l’avait entraîné ou encore lorsque Rowley disserte sur les raisons qui ont poussé Mary et le jeune violoniste à agir comme ils l’ont fait. Cette finesse est réjouissante, d’un point de vue intellectuel, elle ne l’est pas du côté émotionnel. Je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages, quel qu’ils soient – et la brièveté du texte n’est en rien responsable. Et pourtant, il est un personnage, au moins, dont le sort devrait nous émouvoir – même pas. Sans doute parce que les deux autres protagonistes principaux dédramatisent complètement ce qui s’est passé – et se dédouanent de ce qu’ils ont fait. Je reconnais cependant que le personnage de Rowley est particulièrement riche, et bien plus intéressant que les commentaires de certains barbons ne le laissent supposer.

Reste la ville de Florence et ses alentours, richement décrits.

Challenge-anglaisdestin

J’inscris aussi ce livre dans le challenge

littérature cinémacar il a été adapté pour le cinéma en 1999, avec Kristin Scott Thomas, Sean Penn et Ann Bancroft dans les rôles principaux.

Christmas pudding d’Agatha Christie

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Mon résumé :

Trois nouvelles, Christmas Pudding, le Retour d’Hercule Poirot et Le Policeman vous dit l’heure compose ce court recueil. Les deux premiers mettent en scène Hercule Poirot, la dernière Miss Marple.

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Mon avis :

Trois textes,d’inégales longueurs, nous permettent de retrouver les enquêteurs fétiches d’Agatha Christie.

Pas d’Hastings, pas de Japp, mais le fidèle George, fort doué pour repasser les pantalons, un peu moins pour seconder Hercule Poirot. La première enquête a un double enjeu. D’un côté, il doit empêcher un scandale international. De l’autre, il doit secourir malgré elle une jeune fille de bonne famille, qui s’est entichée d’un mauvais garçon. Enfin, il doit déjouer un complot dressé contre son auguste personne. Le tout a pour décor une charmante et vieille demeure anglaise, pourvue de tout le confort moderne – avec même de la neige pour ce Noël blanc, rempli de pudding.

Le retour d’Hercule Poirot voit notre détective combattre ce qu’il apprécie peu : l’intuition. Lady Astwell, ancienne actrice, sait intuitivement que son neveu Charles n’a pas tué Sir Reuben Atswell, son mari. Elle sait que le coupable est Owen Trefusis, le secrétaire. Bien sûr, tout le monde, police compris, trouve lady Nancy Astwell fort extravagante, et personne ne songe à enquêter de ce côté, puisque toutes les preuves, sans exception, sont contre ce pauvre Charles. Seul Hercule Poirot accepte – parce que Lily Margave, dame de compagne de lady Astwell, le presse subtilement de refuser. A quoi une affaire tient-elle, n’est-ce pas ? L’enquête, ici aussi, nous mènera jusque dans des mines d’or, en Afrique, pour revenir dans le paisible bureau de l’explosif sir Reuben. Je vous rassure tout de suite, il a trouvé encore plus colérique que lui : son frère Victor. La colère est salutaire, nous dit Agatha Christie, car cette soupape de sécurité empêche de passer à l’acte. A méditer.

Le Policeman vous dit l’heure est bien plus alambiqué, et se joue de la morale : la paresse protège l’innocent. Cette nouvelle nous plonge dans les méandres d’une famille anglaise, où les filles mal mariées (selon leur père) étaient bannies de la famille, où les femmes mourraient en couche, les enfants en bas âge. Miss Marple dépasse les apparences pour mettre à jour la vérité. Tout est bien qui finit presque bien, j’ai tout de même l’impression que la victime, dernière représentante de sa famille, a reçu en héritage tous les défauts des siens, et aucune des qualités.

Christmas pudding fut une lecture des plus agréables en ce jour d’été, troublé par quelques orages.

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