Archive | 8 juin 2013

Le gentleman florentin de Magdalen Nabb

le gentleman florentin

Présentation de l’éditeur :

À Florence, la veille de Noël, Langley Smythe, un diplomate retraité d’origine anglaise, est découvert mort dans son appartement. Au terme de son enquête, l’adjudant Guarnaccia, malgré une grippe envahissante et un stagiaire encombrant, va mettre au jour une sombre affaire de trafic d’objets d’art.

mois anglais

Mon avis :

Je n’ai qu’un mot à dire : bravo.

Ceci est le premier roman écrit par Magdalen Nabb, et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Tombée amoureuse de Florence, elle rend parfaitement justice à cette ville et à ses habitants. L’action se passe au début des années 80, et c’est l’occasion de redécouvrir certains métiers oubliés, le concierge, l’homme de ménage, qui nettoie discrètement les parties communes,  le veilleur de nuit qui assure que tout va bien. C’est l’occasion de découvrir aussi la communauté anglaise de Florence, dont certains membres excentriques ne parlent pas italien, même après quinze années passées dans la ville. Cela ne les empêche pas d’aimer sincèrement ce pays, a contrario de la victime, qui mène le même genre de vie que s’il vivait au Royaume-Uni, la bibliothèque (et le vol du Times) remplaçant les soirées passées au club.

Ecrit comme un hommage à Simenon, qui avait cessé d’écrire après la mort tragique de sa fille, Le gentleman florentin comporte un enquêteur qui n’a rien à envier à Maigret. Je ne parle pas de Bacci, le stagiaire ambitieux, incapable de voir ce qui se passe, ou de se poser les bonnes questions. Je parle du brigadier Guarnaccia, terrassé par une mauvaise grippe alors que Noël approche et qu’il veut rejoindre sa famille à Syracuse. C’est quasiment de son lit qu’il résoudra l’enquête, d’une simplicité extrême si, comme lui, on connait les gens et si l’on est attentif aux faits, dans le sens le plus strict du terme. Il faut aussi écouter, entendre les non-dits. La pudeur empêche les confidences, qui auraient pu être salutaires. On ne refait pas l’histoire.

J’ai adoré ce roman, si dense, si riche, mon seul regret est pour le coupable – et oui – car je sais, pour avoir lu Mort au printemps ce qu’il advient de lui par la suite.

voisins-voisines-version-curlzdc3a9fi-pr1challengeQuatreSaisonsChallenge-anglais77158740_p

L’étoile de Pierre de PD Baccalario.

century-tome-2-l-etoile-de-pierre-de-pierdomenico-baccalario-livre-884689492_ML

Quatrième de couverture :

Tous les cent ans, l’humanité est mise à l’épreuve. Tous les cent ans quatre adolescents doivent relever le défi. Les nouveaux élus viennent d’être choisis. L’aventure continue à New York, la ville de la Terre.

Mon avis :

J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque parce que le quatrième de couverture m’avait attiré. De plus l’action se passe à New York, et j’aime beaucoup visiter cette ville – en littérature. Les photos présentes dans le livre sont d’ailleurs très évocatrices.

Ce sont malheureusement les seules. L’action pourrait se passer dans n’importe quelle grande ville, je ne verra guerre la différence, sauf quand il est question de la statue de la Liberté et de l’arrivée des immigrants, pleins d’espoir. L’intrigue est elle-même très longue à se mettre en place, j’ai eu l’impression qu’il ne se passait strictement rien sur les trois cents premières pages – et pas grand chose dans les cent suivantes. Les quatre héros ne sont pas fortement caractérisés, seuls leurs prénoms, parfois à la limite de la bizarrerie (Mistral !) et leur origine géographique permettent de les distinguer. Ils ont des pouvoirs, liés aux quatre éléments qui ne demandent qu’à se révéler. Merci de me prévenir dès qu’ils le seront et qu’ils s’en serviront.

Autre point qui me gène : le méchant est laid, très laid, c’est même sa principale caractéristique. A croire que l’auteur n’a jamais entendu parler du délit de faciès. Pour compenser, certaines de ses auxiliaires sont sculpturales. L’excès n’est jamais bon.

Century, tome 2 : un livre lu facilement, et oublié tout aussi facilement.

challenge-ny-2013

L’histoire d’Helen Keller de Lorena Hickock

helen

Présentation de l’éditeur :

Quel avenir peut avoir une petite fille de six ans, aveugle, sourde et muette ? Les parents d’Helen sont désespérés jusqu’au jour où Ann Sullivan arrive chez eux pour tenter d’aider Helen à sortir de sa prison sans mots, ni couleurs ni sons.
Les premiers échanges sont houleux, mais la persévérance d’Ann, l’intelligence et le désir d’apprendre d’Helen parviennent à vaincre l’impossible.

Mon avis :

J’ai eu envie de découvrir l’histoire d’Helen Keller après que mes élèves ont rencontré Pascal Rutter. En effet, celui-ci a indiqué l’histoire d’Helen Keller comme une des sources d’inspiration de son magnifique roman Le coeur en braille.

L’ouvrage est publié dans une édition jeunesse, pourtant je ne suis pas certaine qu’il ne soit destiné qu’aux plus jeunes (l’auteur a écrit plusieurs biographies, elle étaitproche d’Eleanor Roosevel). L’histoire d’Helen Keller est très bien écrit, dans un style sobre qui ne s’embarasse pas de pathos et embrasse toute la vie de la jeune femme. Vie qui aurait pu n’être qu’une vie d’isolement si les parents d’Helen n’avaient autant persévéré pour sortir leur fille de sa prison, et s’ils n’avaient rencontré Ann, bien décidée à tout faire pour aider Helen. Rien n’aurait été possible sans l’amour de ses parents (d’autres l’auraient abandonné bien avant cela) et sans leur confiance envers Ann : peu de personnes sont capables de s’en remettre à une tierce personne, pour le bien de leur enfant.

Ann est aussi importante dans ce récit qu’Helen, et son histoire n’en est pas moins touchante : orpheline, aveugle, Ann se consacre aux autres après avoir retrouvé la vue. Son travail, son acharnement, mèneront Helen jusquà l’université. A une époque où tout ou presque était à inventer pour les non voyants (et que dire s’ils étaient sourds et muets en lus), Ann fait preuve d’une ingéniosité sans faille pour aider sa jeune élève, et d’un dévouement constant, même quand elle est obligée de passer le relais à des enseignants plus chevronnés qu’elle. L’histoire d’Helen Keller est aussi la sienne, jusqu’au bout.

A la fin de l’ouvrage, des extraits de lettres d’Helen Keller matérialisent à eux seuls les progrès de la jeune fille et la soif d’apprendre qui était la sienne, donnant envie de découvrir The story of my life, l’ouvrage autobiographique d’Helen Keller.

50petit bac