Archive | 3 juin 2013

Agent 6

agent 6

Présentation de l’éditeur :

1965. Pour apaiser les tensions entre leurs deux pays, États-Unis et URSS réunissent quelques étudiants pour un concert pacifique à Manhattan. Parmi les membres de la délégation russe : Raïssa Demidova et ses deux filles.
Contraint de rester à Moscou, Leo Demidov, ancien agent du KGB, s’interroge : pourquoi le parti a-t-il sélectionné sa famille ? Doit-il croire à un retour en grâce des siens ?

Merci à Babelio et aux Editions Belfond pour l’envoi de ce livre.

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Mon avis :

Avec ce livre, j’ai battu mon record de retard d’écriture de critique (quoique… j’ai du faire pire mais je l’ai oublié). L’une des causes est que j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à la lecture de ce livre, et que je ne parvenais pas à le terminer. Peut-être aurai-je du lire l’un des deux précédents opus de l’auteur, ce qui m’aurait permis de m’attacher au personnage principal de Léo Damidov, pour lequel la paternité (adoptive) n’est pas une évidence. Je n’ai pourtant pas habitude de lire les séries dans l’ordre, et ce choix ne m’a jamais dérangé jusqu’à présent.  Cette oeuvre est sans doute l’exception qui confirme ma règle.

Second souci : la quatrième de couverture. Elle en dit beaucoup trop (quasiment les deux cents premières pages) et j’ai été déçue de devoir attendre si longtemps avant que les péripéties qu’elle narrait ne surviennent. J’ai ensuite très vite négligée les en-tête de chapitres, qui annonçaient le lieu et la date des événements. Sauf dans les rares cas d’ellipses narratives (et encore), ces notations n’étaient absolument pas nécessaires à la compréhension de l’action. Je préférai me replonger imméditament dans l’action, et regrettais parfois le peu d’espace accordé à certains.

J’aurai aimé rester plus longtemps avec Jesse Austin, et ne pas passer, en quelques pages, de son triomphe à sa misère quotidienne. J’aurai aimé, après que le récit se soit focalisé sur Elena pendant quelques chapitres, ne pas la quitter brusquement, pour ne la retrouver que bien plus tard (et encore). La multiplicité des points de vue, la volonté de ne rien omettre de l’histoire de l’ex-URSS est une force, mais aussi une faiblesse, par le sentiment de dispersion que j’ai ressenti parfois.

Le reste est affaire de goût. Agent 6 embrasse une très longue période, de la guerre froide à la guerre en Afghanistan, embrassant aussi le maccarthysme aux Etats-Unis. On peut aimer cette volonté d’installer son action dans le temps, de montrer les excès des deux camps, le caractère inflexible des agents russes, mais aussi des américains : l’auteur ne privilégie aucun camp. Les descriptions des attentats, des tortures, ne rappellent que trop des événements récents. Ou comment le pire engendre et absout le pire.

Agent 6 embrasse aussi plusieurs genres littéraires, à la fois roman d’espionnage, roman de guerre, roman d’amour et de mort aussi, avec la vengeance au bout du chemin. Trop de genres pour une seule oeuvre ? Pourquoi toujours ranger un récit dans une catégorie ?

Maintenant… un quatrième volume des aventures de Léo Damidov (et de ses filles), sur la Pérestroïka, serait-il à l’étude ? Pourquoi pas ?

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