Archive | mai 2013

Montmorency d’Eleanor Updale

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Présentation de l’éditeur :

Dans la nuit londonienne en cette fin de XIXe siècle, une ombre surgit du réseau d’égouts nouvellement construit… Les policiers, eux, sont perplexes, un mystérieux cambrioleur accumule les forfaits et les bijoux de grande valeur, mais reste insaisissable. Et ce Montmorency, élégant personnage qui a élu domicile dans un grand hôtel, qui est-il vraiment ? Voici les pièces d’un bien étrange puzzle…
Dans la lignée des grands romans à suspense, une aventure captivante à l’époque de l’Angleterre victorienne. Un régal de lecture pour tous dans une atmosphère envoûtante.
Mon avis :
Je vous le dis d’entrée de jeu : Montmorency est une excellent série de littérature jeunesse, qu’il est très difficile de se procurer. Les deux premiers tomes sont épuisés, et le quatrième est difficile à trouver, voir inconnu au bataillon sur plusieurs sites ! Il semblerait pourtant qu’il ait bien été traduit, contrairement à ce que je pensais.
L’atout premier de cette série est le temps. Trois années s’écoulent entre le début et la fin de ce roman, laissant le personnage se métamorphoser, du détenu fraîchement libéré et guéri qu’il était au gentleman cambrioleur qu’il est devenu – et ne restera peut-être pas. L’évolution passera par une double vie, à l’image de la double personnalité complexe du personnage principal. Qui est-il réellement ? Même lui doit lutter contre certains des penchants de sa seconde personnalité. Montmorency est un vrai cas d’école pour qui veut créer un personnage complexe et il est vraiment agréable pour moi de trouver un tel personnage, aussi charismatique, dans la littérature jeunesse, avec une véritable voix, et un ton différent.
Grâce à lui, nous explorons les bas-fonds de Londres, découvrons comment les plus pauvres survivent – ou non. La crasse de certains logements n’a d’égal que la puanteur des égouts, et l’indifférence des plus riches. Montmorency n’est pas Robin des Bois, il faut cependant reconnaître qu’il est parfois fort généreux, à son corps défendant.
Excellent roman d’aventures policières, Montmorency mérite d’être connu. Ayant lu les tomes 1 et 3, je recherche activement les 2 et 4.
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Frontière blanche de Matti Ronka.

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Présentation de l’éditeur :

Ancien agent du KGB, Viktor Kärppä a quitté sa Russie natale pour la Finlande afin de fuir son passé. À Helsinki, où il a ouvert une agence de détective privé, il rend divers services à des trafiquants locaux, traversant souvent la frontière pour passer en douce des documents ou prendre livraison d’alcool ou de cigarettes.Lorsque Aarne Larsson, marchand de livres anciens et nostalgique du nazisme, lui demande de retrouver sa femme Sirje, qui a mystérieusement disparu, Viktor pense qu’il s’agit là d’une simple affaire de routine… Or, bien vite, il découvre que Sirje est la soeur d’un baron de la drogue, l’Estonien Jaak Lillepuu.

Cap au Nord

Mon avis :

Je me dépêche de rédiger cet avis, car je commence déjà à oublier ce livre, que j’ai fini de lire dimanche soir. Il n’est pas mauvais, non, il est juste moyen. Je vous conseille même de le lire d’une traite, car les deux pauses que j’ai faites (j’ai lu le livre en trois jours) ont failli être fatale à ma compréhension de l’intrigue.

C’est pourtant dommage que je n’ai pas réussi à accrocher davantage, car ce livre comporte des sujets passionnants, comme le sort de la Carélie, cette région mi-russe-mi-finlandaise, qui cristallise la difficulté des relations entre les deux pays. Viktor est à ce sujet un personnage symbolique, car il a certes quitté sa Russie natale, mais ces parents étaient finlandais, et vivre en Russie était un choix. Sa mère vit toujours là-bas, tout comme son fils aîné et sa famille. Viktor illustre la difficulté de la retour au pays, pour ces finlandais russes accusés de tous les maux, ou presque, et qui traficotent car ils ne trouvent pas de travail qui correspondent à leur niveau d’étude. Viktor, ou un honnête trafiquant par nécessité.

Il est aussi détective privé, et il enquête avec soin, certes, même si l’affaire le dépasse largement. Oui, l’enquête sur la disparition de Sirje ne m’a pas passionné, non plus que les rebondissements qui surviennent à la toute fin du roman. Je crois que cette troisième tentative pour lire un roman finlandais sera la dernière pour cette année.

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Emma à New York

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Merci à  Babelio et aux Editions Belin pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

Emma et ses parents coulent des jours heureux à New York, au cœur de Central Park. Mais un matin, Emma prend une grande décision : elle veut partir à l’aventure. Elle veut voir Paris, la tour Eiffel…

Une lecture commune avec Syl.

Mon avis :

Un moineau pour découvrir New York ? Suivons-là !

Ce qui m’a frappé d’abord, ce sont les photos de New York, rares. New York sous la neige, New York sous le brouillard, immeubles vus en contre-plongée, détails urbains singuliers dans les teintes grises, marron ou blanches. Les moineaux avec leurs formes arrondies et leur couleur tendre apportent une note de poésie dans ce décor.

En effet, Emma, une toute jeune moineau, est le personnage principal de cet album. Alors que l’hiver dure et que son meilleur ami doit s’en aller, elle projette de voyager et de découvrir Paris. Son quotidien, pas toujours ludique (gare aux matous !) ne lui suffit plus, et balluchon sur l’épaule, c’est avec Old Joe qu’elle navigue vers la France. Encore une fois, s’il est une photo qui m’a marquée, c’est celle de la nef de Notre-Dame, et les teintes bleu nuit du ciel – le point de vue de cette photo est superbement choisie.

En plus d’adopter le point de vue d’Emma, moineau voyageuse, la seconde originalité est de mêler les dessins, aux couleurs tendres aux photos. Pour être plus précises, les dessins cèdent peu à peu la place aux photos.

D’autres voyages suivront-ils ? Je l’espère. En attendant (ou pas) une suite, Emma à New York est un album hautement recommandable.

 

 

Swap de printemps

Pour la deuxième année consécutive, je participe au swap de printemps organisé par Asphodèle.

Ce swap est un peu particulier cette année car si j’avais pour binôme Mysti, Annunziata dite Nunzi avait pour binôme Mistymiaou !

Trêve de bavardage, voici les photos du magnifique colis que m’a envoyé Mysti.

Tout d’abord, voici le colis avant ouverture :

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Et le colis après ouverture : S

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Merci à Mysti pour ce swap très délicat et très personnalisé. La suite de l’article est sur le blog de Nunzi.

Edit de 12 h 02 : il manquait une photo, celle du foulard ! La voici !

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Je ne l’ai pas encore dénouée ni mise, mais cela ne saurait tarder !

London Boulevard de Ken Bruen

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Mon résumé :

Mitch sort tout juste de prison, après y avoir passé trois ans. Il n’a qu’une envie, ne plus y retourner. Entouré de ses amis, de respectables truands, une vie nouvelle s’offre à lui.

littérature cinéma

Mon avis :

Ce roman est le dixième livre de Ken Bruen que je lis depuis février. Autant dire que je ne peux que vous recommander chaudement cet auteur – très chaudement. Et le fait que j’ai lu des avis parfois tièdes sur ce roman ne me fera pas changer d’avis. La seule chose qui peut me faire reculer à son sujet est l’extrême violence de certaines scènes. Vous voilà prévenu – sachant que j’ai lu bien pire récemment, et avec infiniment moins de réussite, à n’importe quel point de vue.

Je retrouve dans cette oeuvre ce qui m’a plu dans les séries Robert et Brant ou Jack Taylor. Le style est percutant, haché, brut de décoffrage, sans camouflage de la réalité – de la pire comme de la meilleure. Encore que…. difficile de trouver une réalité « meilleure » dans ce roman.

Prenons le héros, Mitch. Il sort de prison, et vue l’optimisme ambiant, personne ne serait étonné :

– qu’il retourne en prison.

– qu’il ne continue à voler – dans cet ordre, ou peu s’en faut.

Voler est le hobby préféré de sa soeur – avec une grâce et une folie non pareille. Elle vole ce qui lui fait envie – comme l’enfant qu’elle n’est plus, sauf pour son frère. Aussi Mitch, même s’il aimerait tenir sa sœur à distance souhaite :

– qu’elle aille mieux.

– qu’elle soit heureuse.

Vaste sujet , encore plus difficile à accomplir que régler quelques comptes. Professionnellement, Mitch débute une belle carrière d’encaisseur et d’homme à tout faire, ce qui revient quasiment au même. Deux univers qui semblent ne rien avoir en commune. D’un côté, la violence extrême, la force brute, l’absence de réflexion – sauf ce qui permet le profit immédiat et la survie. Et si la uite ne suffit pas, ayez de bonnes jambes – ou une place déjà réservée au cimetière. Les places coûtent cher, à Londres.

Mais moins que ce cimetière à ciel ouvert où s’est réfugié Lilian, actrice oubliée. Ce mausolée à sa gloire passée est soigneusement entretenu par Jordan, son fidèle, dévoué et parfait majordome.

Il est vrai qu’au début, le lecteur a plutôt tendance à se focaliser sur la carrière de voyou de Mitch, et ses multiples rebondissements (gare à vos rotules) plutôt qu’à cet hommage à peine voilé et très réussi à Sunset Boulevard. Et si pourtant elle était plus importante ? Après tout, ce n’est pas si grave si le lecteur ne s’en aperçoit pas, Mitch lui-même s’est laissé prendre, comme le montrent ces commentaires qui annoncent, comme de mauvaises augures, la tragédie à venir.

Au fond, London Boulevard pourrait se résumer à cette question : jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour garder la femme de votre vie ? Un seul personnage y parvient réellement, d’une manière qui feraient dire à ceux qui me connaissent que je n’aime que les histoires horribles. Pas faux. J’aime aussi l’humour noir et la justesse des réflexions de Ken Bruen. Et je ne raconte pas des histoires horribles aussi bien que lui.

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Casco Bay de William G Tapply

cascoQuatrième de couverture :  

Sept ans après le mystérieux accident qui a effacé sa mémoire, Stoney Calhoun a repris sa paisible existence de guide de pêche, partagée entre la boutique de la belle Kate Balaban et sa cabane isolée dans les bois du Maine. Jusqu’au jour où, sur une île inhabitée de Casco Bay, il découvre un cadavre entièrement carbonisé. Peu de temps après, le client qui l’accompagnait est assassiné. Malgré ses réticences, Calhoun est entraîné dans l’enquête du shérif Dickman et ses vieux réflexes reviennent.
Casco Bay, la deuxième aventure de Stoney Calhoun, nous emmène une nouvelle fois dans les paysages marins du Maine qui laissent peu à peu resurgir les fantômes d’un passé menaçant.

Mon avis :

J’ai un regret en refermant ce livre : savoir qu’il ne me reste qu’un seul roman de William G Tapply à découvrir. J’aurai rarement lu une série policière américaine d’un tel niveau – et ces lectures font du bien. D’ailleurs, l’étiquette « policière » est bien trop restrictive pour cet ouvrage. Casco Bay, tout comme Dark Tiger, est un splendide roman, à l’écriture poétique.

En moins de trois cents pages, tout est dit, et pourtant William G Tapply aura pris le temps de poser son intrigue, de caractériser ses personnages, de nous les rendre attachants, mystérieux, pétris de doute ou de certitude. Les paysages du Maine sont-ils magnifiques ? Je ne saurai le dire, je sais que l’auteur les rend superbes, par ses descriptions fines et justes.

Et au milieu, Stoney Calhoun. Il n’a pas tiré un trait sur son passé, c’est son passé qui s’est effacé. Son passé se compose uniquement des sept dernières années, des rêves qu’il fait, parfois, et des réflexes que son corps à conserver, comme cette aptitude  à se défendre en toutes circonstances. Il vit au milieu de la nature, et même s’il n’entend plus d’une oreille, celle qui lui reste lui permet de reconnaître une voiture précise au bruit de son moteur, ou de percevoir une présence anormale non loin de sa maison. Il a également une mémoire photographique. Et un attachement aux morts. Son meilleur ami (son seul ami depuis son réveil dans un hôpital sept ans plus tôt) a été assassiné, pourtant il continue de rêver, de penser à lui, d’espérer que là où ses cendres reposent, il est apaisé. J’aime qu’un auteur tisse ainsi une trame narrative d’un tome à l’autre, et aussi que les victimes des crimes soient au centre du livre, et non la traque effrénée et sanglante du coupable.

Je vous rassure : oui, il y a bien une enquête, menée par le sheriff et son tout nouvel adjoint, quasiment à son corps défendant, Stoney. Il ne veut plus de violences, quelle qu’ait été sa vie avant l’accident. Seulement, c’est chez lui que le meurtre a eu lieu, c’est un homme qu’il a trouvé immédiatement sympathique qui a été tué – un homme sans histoires, sauf celles qu’il racontait dans ses romans. Pour que la violence cesse, pour que justice soit faite, il accepte la proposition du sheriff. Leur enquête leur fera découvrir des êtres brisés – parce qu’un jugement rendu au tribunal ne répare pas les blessures affligées, qu’elles soient physiques ou morales. Elle leur fera aussi découvrir des êtres qui se prennent pour des justiciers. Ce n’est pas nouveau, comme nous le raconte Stoney, en parlant du destin tragique des deux cents habitants de Casco Bay, morts une centaine d’années plus tôt, à cause, sans doute, du sens de la justice très particulier de certains américains bien pensants. Le passé n’a pas fini de nous hanter, surtout quand il est aussi bien raconté.

Casco Bay est un de mes coups de cœur de cette année 2013.

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Dame de carreau d’Alexis Lecaye

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Présentation de l’éditeur :      
        

À Paris, une jeune femme est agressée dans la cour de son immeuble. Bâillonnée et jetée dans le coffre d’une voiture, elle se retrouve attachée sur un lit, nue, à la merci d’un cinglé cagoulé qui lui fait écouter du Mozart. Elle croit sa dernière heure arrivée et pourtant, au milieu de la nuit, elle est libérée, saine et sauve et n’a subi aucun sévice. C’est avec une perplexité grandissante que le commissaire Martin écoute le récit de cette jeune femme, qui, bien que fragilisée nerveusement, n’a rien de l’affabulatrice type. Jeannette, l’adjointe du commissaire, part rapidement sur la piste de disparitions de jeunes femmes jamais élucidées. Les similitudes entre les différentes affaires sont minces mais Jeannette a maintes fois prouvé que son instinct était infaillible. Martin et elle partent alors sur la trace d’un criminel récidiviste. Malgré le manque d’indices, ils ont l’avantage d’avoir un témoin de premier choix en la personne de la victime qu’ils espèrent bien être la dernière.
Mon avis :
J’écris mon avis presque aussitôt après avoir terminé sa lecture, non parce que ce fut un coup de cœur, mais parce que je sens que si je ne l’écris pas tout de suite, les qualités que j’ai trouvées à ce roman risquent de s’effacer au profit de ses défauts.
Je commencerai par ces qualités, donc. Dame de carreau est un polar qui se lit tout seul. Le style est fluide, l’intrigue est prenante, et j’ai tourné les pages très rapidement car j’avais envie de connaître la suite. Bien que nous ayons à faire à un tueur en série, le récit n’est jamais exagérément violente, ou sanguinolent. Les victimes sont avant tout des personnes, qui manquent (ou pas) à leurs proches, et c’est le vide crée par leur disparition qui est évoqué, non leur autopsie. Certes, il reste quelques scènes sanglantes ou éprouvantes mais leur rareté leur permet de faire sens à l’intérieur de cette intrigue.
Le récit s’étale sur presque une année entière – et c’est tant mieux. Résoudre en un épisode télévisée ou deux jours des disparitions qui s’échelonnent sur huit ans n’auraient pas été crédibles. J’aime aussi que l’auteur passe au présent de narration au moment le plus intense (la traque ultime du meurtrier), lui qui a toujours scrupuleusement utilisé l’imparfait et le passé simple jusqu’ici. La technique pour rendre un récit plus vivant, déjà utilisé dans les Fables de La Fontaine, fonctionne toujours.
Je passerai maintenant à ce qui m’a gêné dans le récit, et comme toujours, cela touche à un point de mon histoire familiale. Je ne crains pas tant de le révéler (ce n’est pas un secret de famille) que de m’entendre répondre : « et, oh, je m’y connais en blessure par balles dans le cerveau, et l’on peut très bien se remettre sans séquelles et très rapidement d’une balle prise en pleine tête ». Soit. Néanmoins, je trouve que Véronique, l’un des personnages, se remet fort bien de cette blessure par balles à la tête. J’aimerai que ce soit le cas pour tout le monde.
Ensuite, je n’ai pas aimé l’une des enquêteurs. Passe pour Martin, je le rencontrai seulement dans ce volume, et son passé explique peut-être son comportement dans le présent (même si un jour son fils lui demandera des comptes). Quant à Jeannette… non, je n’ai aucune sympathie pour elle, je ne suis pas assez midinette pour cela.
Dame de carreau m’a apporté un bon moment de lecture, et je lirai certainement d’autres romans de cet auteur. Cependant, je ne les considèrerai pas autrement que comme du divertissement.
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Chroniques du monde émergé, tome 2 de Licia Troisi.

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Quatrième de couverture :

Convaincu que le Monde Émergé ne peut plus résister seul aux armées du tyran, Sennar le magicien supplie le Conseil des Mages de le laisser partir à la recherche du Monde Submergé. Là, il pourra obtenir l’aide de ses habitants. Or, ce continent a rompu tout contact avec le Monde Émergé depuis plus d’un siècle. Et Sennar ne dispose pour s’y rendre que d’une ancienne carte à demi effacée par le temps… De son côté Nihal, la jeune guerrière aux cheveux bleus, poursuit son apprentissage de chevalier du dragon. Mais le souvenir de Sennar, qu’elle a blessé au visage lors de leur dernière entrevue, la hante douloureusement…

Circonstance de lecture :

J’ai participé à la lecture commune du tome 1 de cette saga qui se trouvait dans ma PAL depuis… très longtemps. Il était donc normal que je lise le tome 2, d’autant plus que cette lecture n’avait pas été des plus désagréables.

Mon avis :

Solidement construit est le premier qualificatif qui me vient à l’esprit. Il est rarement appliqué à une saga de littérature jeunesse, cependant il est évident que l’auteur sait où elle va – ce n’est pas le cas de toutes les intrigues, qui semblent se développer à l’aveuglette et trouver un aboutissement par miracle.

Le fil de l’intrigue se divise en deux, non de façon mathématiques (un chapitre pour l’un, un chapitre pour l’autre) mais de manière à ce que chaque récit ait suffisamment avancé pour que le lecteur ait envie de continuer avec l’autre personnage sans avoir l’impression de rester sur sa faim.

Nihal est enfin retournée auprès de son maître. Les missions ne manquent pas, les découvertes, les déconvenues et les échecs non plus. Les personnages ne sont pas figés, et sont susceptibles de se bonifier, ou d’empirer. Les chroniques du monde émergé tiennent aussi du récit initiatique, qui permettent aux personnages de voir ce qu’ils sont capables d’accomplir, ou non. Le « non » n’est pas à prendre au sens négatif, plutôt comme un refus de ce qui a été décidé pour vous.

Sennar de son côté accomplit la mission qui lui a été confiée, de proposer une alliance au Monde submergé. Tel un explorateur de la Renaissance, il affronte bien des dangers en compagnie de pirates pour mener à bien sa quête. Elle lui réserve aussi son lot de surprise, d’épreuves, et ses capacités de magicien sont mises à rude épreuve. Cependant, je trouve que le personnage d’Ondine, qu’il cotoie lors de sa mission, est un personnage qui aurait pu être mieux exploité, son rôle aurait pu se terminer d’une autre manière.

Que ce bémol ne vous décourage pas de lire cette saga si elle vous tente. Les personnages en sont là parce qu’ils ont fait des choix, et non uniquement à cause d’une prophétie ou d’une prédestination. Et si le Tyran est l’adversaire par exemple, sans une seule qualité pour le racheter, il est le seul personnage qui n’ait pas quelques nuances dans son caractère.

J’ai bien aimé lire ce livre, je lirai sans aucun doute le troisième tome.

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Seuls les morts ne rêvent pas.

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Quatrième de couverture :

« Et si c’était lui, le mort et les autres, les vivants ? Et qu’il ne pouvait pas les voir parce qu’il se trouvait déjà de l’autre côté du mur
invisible de la mort ? Seuls les morts ne rêvent pas. C’était peut-être  pour ça qu’il ne voyait pas d’autre être humain qu’un Indien dans de
vieux vêtements ? Parce que Lance était mort et l’Indien aussi, et que les morts ne voyaient que les morts… »

Cap au Nord
V. S.

Mon avis :

Le titre en lui-même est sublime. Il est de plus parfaitement justifié par le cours de la narration.

A une époque où il est extrêmement facile d’écrire des suites parce que le premier tome a eu un gros succès, cette trilogie échappe – je l’espère – à la règle en constituant un tout en elle-même.

Ce qui fait sa singularité est le changement entre les deux tomes. Le premier montrait un foisonnement de personnages autour de l’enquête, entre policiers locaux et agents du FBI, sans oublier l’enquêteur venu de Norvège, autant celui-ci se recentre sur Andy et Lance, les deux frères, partis à la chasse au cerf comme tous les ans depuis plus de vingt ans en ce mois de novembre. Lance suspecte son frère d’avoir tué le jeune norvégien, il le suspecte aussi de savoir que Lance sait qu’il l’a tué. Mais que sait Andy, exactement ?

Nous ne le savons pas, et là est le tour de force de ce roman, d’utiliser un narrateur à la troisième personne tout en gardant le point de vue de Lance, quoi qu’il advienne. Et pour caractériser Lance, nous avons ses paroles, ses pensées, mais aussi ses actes et les trop rares paroles de son frère. Tout l’art de la narration est là, dans ce huit-clos à ciel ouvert.

Puis une autre voix s’élève, dans des chapitres en italique. Celle d’un jeune norvégien qui traverse la forêt au début du siècle dernier pour rejoindre son oncle et sa tante, et qui manque de mourir de froid. Celle d’un jeune homme très croyant qui se demande s’il va s’en sortir et vivre la vie dont il rêvait, avec son propre bateau et de la soupe à manger en abondance tous les soirs. Celle d’un homme qui sait ce qui est arrivé à Swamper Carribou, l’indien Ojibwa porté disparu dont la mort n’a jamais été élucidé.

Dans une nature qui semble paisible, Lance cherche la vérité sur lui-même, sur son frère et se retrouve à nouveau confronté à un choix, lui qui a tant de mal à porter celui qu’il a déjà fait dans le tome précédent. Je n’aime pas les scènes de violence, et dans ce livre, deux scènes sont particulièrement choquantes, y compris la façon dont les personnages réagissent à leur propre violence. Je n’ai pas du tout apprécié ces scènes mais, contrairement à d’autres scènes du même genre, je ne vois absolument pas comment elles auraient pu être écrites autrement, tant elles nous en apprennent sur la personnalité de leurs auteurs.

Plus qu’un tome, et je saurai le fin mot de cette trilogie.

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Les dragons de Nalsara, tome 15 de Marie-Hélène Delval

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Quatrième de couverture :

Darkat, le sorcier addrak, a pénétré dans le cimetière des dragons pour voler une griffe de l’une de ces fabuleuses créatures. Avec cette simple  griffe, il compte créer un monstre terrifiant, qui détruira le royaume d’Ombrune. Comment l’en empêcher ? A Nalsara, toutes les puissances magiques sont réunies afin de combattre ce sinistre sortilège. Hélas, la  magie blanche paraît bien faible à côté de celle des Addraks… A moins
que Cham parvienne à révéler ses talents de  » dragonnier-sorcier  » ?

Mon avis :

Il se passe un événement très important dans ce tome – d’ailleurs, il se passe toujours un événement important, quel que soit le tome que l’on lit de cette série. Deux, si je compte bien, car un personnage vient subitement de faire son apparition, et me semble particulièrement prometteur (maintenant… je peux me tromper !!!). De l’autre, toute ma sympathie ou presque va à ce nouveau personnage, à fort potentiel. J’espère qu’il sera exploité dans toute sa dimension, toute comme les capacités des deux jeunes adolescents.

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