Archive | 19 mai 2013

Maigret à New York de Georges Simenon

Maigret

Mon résumé :

Maigret a 56 ans et goûte une retraite bien méritée. Cependant, quand le jeune Jean Maura lui demande de l’aide car il pense son père en danger, Maigret hésite peu. Le voilà parti pour New York.

Mon avis :

On peut ne pas aimer Maigret. On peut même le décrier largement. On peut dire aussi qu’il est passé de mode. Je synthétise ainsi des propos que j’ai entendu ici ou là dans des émissions littéraires. Maigret ? Plus personne n’y pense, voyons !  Pourtant, il est bien là, inconsciemment, quand des cinéastes veulent montrer que le 36, quai des orfèvres, ce n’est pas cela  – et je ne pense pas qu’ils fassent référence à Navarro ou Julie Lescault. Le modèle du policier actuel au cinéma est un cliché tenace montrant un flic alcoolique, violent, pour ne pas dire ripoux et drogué, dont la vie privée est un fiasco. Et si je parle cinéma et télévision, c’est parce qu’un nouveau modèle de flic en littérature a bien du mal à percer dans les lettres françaises, et ce n’est pas faute d’auteurs talentueux.

Aussi, je le dis, j’aime Maigret, j’aime relire ses enquêtes, qui ne parlaient encore ni d’experts, ni de profiler, ni de tueurs en série. Bien sûr, Simenon a parfois utilisé des procédés tirés par les cheveux pour emmener son commissaire hors des sentiers battus. Qu’importent les procédures, tant qu’on a l’ivresse littéraire, et je préfère lire ses enquêtes hors normes à trois pages d’autopsie dans un thriller.

Maigret n’est plus commissaire dans ce roman, il est à la retraite, après trente ans de bons et loyaux services. S’il se rend à New York, c’est pour aider un jeune homme angoissé à l’idée qu’il puisse arriver malheur à son père tant aimé. Il se rend aux Etats-Unis par bateau, comme un immigrant qui cherche la terre promise, et ce n’est pas ce qu’il y trouvera.

Ne pas se fier aux apparences semble un des mots d’ordre. Etre attentif à ce qui est dit, à ce qui ne l’est pas, au langage du corps et surtout, au regard, qui révèle ce qui n’aurait pas dû être dit. Dans un pays qui n’est pas le sien, sans réel pouvoir d’enquêteur, Maigret va, du coeur de Nex York flamboyant aux bas-fonds de Harlem, à la recherche de ce qui était caché. Son enquête le mènera bien plus loin qu’il ne le pensait, ou plus près, cela dépend de quel point de vue on se situe. Comme toujours chez Simenon, le crime fait irruption dans des existences ordinaires, et les conséquences sont terribles. La lâcheté et la bassesse ont rarement des limites, en France ou aux Etats-Unis – Maigret à New York, ou un modèle du genre pour l’analyse de la bourgeoise provinciale étriquée, mais aussi de la grandeur des petites gens qui gardent leur dignité, même dans la pauvreté la plus sordide.

Et plus qu’un long discours (quoique, mon billet est relativement long), voici quelques extraits :

Il y a quinze jours, je n’avais jamais entendu parler de Jean Maura ni de Little John. Il y a quatre jours, j’ignorais jusqu’à l’existence de Jos Mac Gill et ce n’est qu’hier, chez un vieux monsieur importent,, qu’une voyante m’a parlé d’une certaine Jessie.
Et vous voudriez que j’ai une idée précise sur chacun d’eux ?

Cela signifiait, en somme, que les personnages du drame venaient, pour lui, de cesser d’être des entités, ou des pions, ou des marionnettes, pour devenir des hommes.
Et ces hommes-là, Maigret se mettait dans leur peau. Il s’acharnait à se mettre dans leur peau.
Ce qu’un de ses semblables avait pensé, avait vécu, avait souffert, n’était-il pas capable de le penser, de le revivre, de le souffrir à son tour ?

challenge-ny-2013

1969 de Ryû Murakami

murakami1969

Présentation de l’oeuvre :

L’auteur raconte, sous une forme romancée, ses souvenirs de lycéen provincial au Japon en cette belle année 1969, quand la jeunesse lisait Rimbaud en écoutant Iron Butterfly, en rêvant de révolution et de filles.

  • écrivains challenge Ecrivains japonais chez Adalana

Mon avis (bref) :

Je ne ferai ni dans la finesse, ni dans la dentelle, dans cet avis purement subjectif. Je n’ai pas aimé. Je ne peux pas m’intéresser à l’adolescence insouciante d’un jeune japonais alors que je n’ai pas connu l’insouciance qui est soi-disant la caractéristique de cette période. Je m’attendais à lire autre chose, et même si le narrateur dénonce les travers de l’éducation japonaise, la domestication de la jeunesse, les brimades insupportables, je n’ai pas été touchée.  Je reconnais (quand même) l’humour né du décalage entre les faits racontés et la réalité : le narrateur est à la fois romancier (déjà) et comédien hors pair. Je reconnais (aussi) que l’adolescence est un âge de la vie qui intéresse fortement l’auteur et si je lirai un autre roman de Ryû Murakami, je ne poursuivrai pas plus avant la découverte de son oeuvre.

petit bac