Archive | 8 mai 2013

Dame de carreau d’Alexis Lecaye

 carreau
Présentation de l’éditeur :      
        

À Paris, une jeune femme est agressée dans la cour de son immeuble. Bâillonnée et jetée dans le coffre d’une voiture, elle se retrouve attachée sur un lit, nue, à la merci d’un cinglé cagoulé qui lui fait écouter du Mozart. Elle croit sa dernière heure arrivée et pourtant, au milieu de la nuit, elle est libérée, saine et sauve et n’a subi aucun sévice. C’est avec une perplexité grandissante que le commissaire Martin écoute le récit de cette jeune femme, qui, bien que fragilisée nerveusement, n’a rien de l’affabulatrice type. Jeannette, l’adjointe du commissaire, part rapidement sur la piste de disparitions de jeunes femmes jamais élucidées. Les similitudes entre les différentes affaires sont minces mais Jeannette a maintes fois prouvé que son instinct était infaillible. Martin et elle partent alors sur la trace d’un criminel récidiviste. Malgré le manque d’indices, ils ont l’avantage d’avoir un témoin de premier choix en la personne de la victime qu’ils espèrent bien être la dernière.
Mon avis :
J’écris mon avis presque aussitôt après avoir terminé sa lecture, non parce que ce fut un coup de cœur, mais parce que je sens que si je ne l’écris pas tout de suite, les qualités que j’ai trouvées à ce roman risquent de s’effacer au profit de ses défauts.
Je commencerai par ces qualités, donc. Dame de carreau est un polar qui se lit tout seul. Le style est fluide, l’intrigue est prenante, et j’ai tourné les pages très rapidement car j’avais envie de connaître la suite. Bien que nous ayons à faire à un tueur en série, le récit n’est jamais exagérément violente, ou sanguinolent. Les victimes sont avant tout des personnes, qui manquent (ou pas) à leurs proches, et c’est le vide crée par leur disparition qui est évoqué, non leur autopsie. Certes, il reste quelques scènes sanglantes ou éprouvantes mais leur rareté leur permet de faire sens à l’intérieur de cette intrigue.
Le récit s’étale sur presque une année entière – et c’est tant mieux. Résoudre en un épisode télévisée ou deux jours des disparitions qui s’échelonnent sur huit ans n’auraient pas été crédibles. J’aime aussi que l’auteur passe au présent de narration au moment le plus intense (la traque ultime du meurtrier), lui qui a toujours scrupuleusement utilisé l’imparfait et le passé simple jusqu’ici. La technique pour rendre un récit plus vivant, déjà utilisé dans les Fables de La Fontaine, fonctionne toujours.
Je passerai maintenant à ce qui m’a gêné dans le récit, et comme toujours, cela touche à un point de mon histoire familiale. Je ne crains pas tant de le révéler (ce n’est pas un secret de famille) que de m’entendre répondre : « et, oh, je m’y connais en blessure par balles dans le cerveau, et l’on peut très bien se remettre sans séquelles et très rapidement d’une balle prise en pleine tête ». Soit. Néanmoins, je trouve que Véronique, l’un des personnages, se remet fort bien de cette blessure par balles à la tête. J’aimerai que ce soit le cas pour tout le monde.
Ensuite, je n’ai pas aimé l’une des enquêteurs. Passe pour Martin, je le rencontrai seulement dans ce volume, et son passé explique peut-être son comportement dans le présent (même si un jour son fils lui demandera des comptes). Quant à Jeannette… non, je n’ai aucune sympathie pour elle, je ne suis pas assez midinette pour cela.
Dame de carreau m’a apporté un bon moment de lecture, et je lirai certainement d’autres romans de cet auteur. Cependant, je ne les considèrerai pas autrement que comme du divertissement.
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