Archive | 1 mai 2013

Désir d’histoires 99

Ma participation à Désir d’histoire par Olivia.

Mon résumé : Gaël de Nanterry docteur es vampire et loup-garou a pris la direction temporaire d’un pensionnat de louveteau-garou. Il espère oublier aussi le vaste complot contre les vampires et les garous qu’il a aidé à déjouer. Aujourd’hui, force est de constater que l’oubli n’est pas au rendez-vous. Par contre, son ex, le docteur Silas Chépukoi oui.

–          Comment vas-tu ? me demanda Silas.
–          Bien, et toi ?

Je suis sûr que vous aussi vous êtes sidérés par la richesse de ce dialogue. Nous enchaînâmes ainsi une dizaine de répliques, toutes plus ennuyeuses les unes que les autres.

–          As-tu abandonné tes consultations ?
–          Provisoirement. Je te rappelle que mon cabinet a été démoli après qu’un dragon et son chevalier se sont posés dessus.

Zut. Je croyais que ce sujet-là au moins était clos (Lupin – oui, je sais, ce jeu de mot est foireux, je me détends comme je peux).

–          Au moins, aucun corps n’a été retrouvé dans les décombres.
–          Mes dossiers non plus.

Deuxième sujet pas encore clos. Qui pourrait avoir envie de lire les dossiers médicaux de Trolls ? A mon tour maintenant.

–          Et Jared, il va bien ?

Silas me dévisagea comme s’il me voyait pour la première fois. Facile, non ?

–          Et Dame Ismérie ? N’attendrait-elle pas des louveteaux ?
–          Non.
–          Non ? Et la promesse que tu lui as faite : « dès que cette affaire est terminée, nous… ferons une portée de louveteaux » ?
–          Je te rappelle qu’elle a été gravement blessée dans l’affrontement et qu’elle se remet à peine ! hurlai-je. Et toi, où tu étais pendant ce temps-là ? En train de roucouler avec ton bellâtre au QI d’une huitre mazoutée !!!
–          Ouais, t’as raison, c’est mieux qu’au cinéma.

Non, ce n’est ni moi ni Silas qui avions prononcé cette réplique. Je me ruais sur la porte et là, que vis-je dans le couloir ? Quatre louveteaux, de la classe de 5e LG, confortablement assis sur des chaises, en train de manger du pop-corn et de nous écouter. Tétanisé, aucun ne s’enfuit (note : il paraît que quand je suis vraiment en colère, j’ai le regard de mon père, un célèbre alpha). Ils eurent cependant le réflexe de s’agripper les uns aux autres. L’esprit de meute a du bon.

–          Vous aimez écouter ? Merveilleux ! Depuis combien de temps n’avez-vous pas fait un stage d’orientation ? Demain après-midi, orientation instinctive dans la forêt de Bord. N’oubliez pas votre bandeau. Je m’assurerai moi-même du bon déroulement de la course. Exécution. Et rangez-moi ces chaises où vous les avez trouvées !

Après avoir bafouillé « oui monsieur l’alpha, bien, monsieur l’alpha », ils filèrent dans leurs chambres, sans rien laisser derrière eux, pas même une miette égarée.

– Où en étions-nous déjà ? dis-je de la manière la plus dégagée possible. Ah, oui, au fait qu’en revenant de l’assaut final, je t’ai trouvé très occupé avec un autre !

Le soleil se levait sur le pensionnat que ce troisième sujet de dispute n’était toujours pas clos.
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Les enquêtes du limier, tome 1 : chien d’aveugles de Jiro Taniguchi

limierPrésentation de l’oeuvre :

Taku Ryûmon est un détective privé, spécialisé dans la recherche des chiens de chasse disparu. Il vit avec son chien, qu’il a sauvé d’une mort certaine, dans des hectares de forêt qu’il a hérité. Ce sont ces enquêtes, d’un genre particulier, que nous découvrons ici.

Mon avis :

Lire des mangas et ne pas aimer Jirô Taniguchi est pour moi totalement incompatible. Il est à mes yeux un des plus grands mangakas actuels. Le graphisme est superbe, et le récit est d’une très grande richesse, loin du fantastique ou du caractère mignon de certains shojos (pas sûre du pluriel).

Chiens de limier nous entraîne tout d’abord dans l’univers des chasseurs. Pas la chasse pour le plaisir (chasse à courre, chasse au renard, ne suivez pas mon regard, il est chargé de fureur) mais la chasse pour véritablement arrondir ses fins de mois difficiles. Je n’aime pas la chasse, ce n’est pas un mystère, et à mon école primaire, j’étais une des rares gamines dont le père ne chassait pas le dimanche. Cependant, l’esprit avec laquelle la chasse est évoquée ici – solidarité, confiance dans les autres chasseurs, lien avec son chien, correctement dressé et non tabassé – n’est pas négatif. Aussi, quand Taku Ryûmon enquête pour retrouver un chien, il compte vraiment sur l’attachement entre le chien et le maître pour prouver l’identité du véritable propriétaire. Sans ce point, ses résultats seraient bien plus médiocres.

Ce manga ne traite pas que de la chasse, il décrit la réalité d’une vie de chien, et ses risques. Les abandons, la fourrière, l’euthanasie sont évoqués sans faux-semblants, dans sa réalité la plus crue. Le chien dépend de son maître – et le maître aimant ne peut se passer de son chien. Les derniers chapitres, consacrés aux chiens guides d’aveugle et à la disparition de l’un d’entre eux, sont particulièrement poignants.

Les enquêtes du limier n’est pas un manga réussi, il est une oeuvre réussie.

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