Le démon de Ken Bruen

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Quatrième de couverture :

Pauvre Jack Taylor ! Lui qui pensait prendre un nouveau départ aux États-Unis, il s’est fait refouler par la police des frontières et l’avion a décollé sans lui… Il renoue alors une idylle désabusée avec l’Irlande, son pays, dont les vieux démons ont été réveillés par la crise.
Carburant au cocktail Xanax-Guiness-Jameson, Jack s’engage dans une affaire diabolique : des cadavres martyrisés selon un rituel satanique font surface dans les rues de Galway. Surtout, il ne cesse de croiser la route d’un mystérieux Mr K., sans jamais réussir à le cerner…
Avec l’aide de ses fidèles acolytes — Stewart, le dealeur zen repenti, Ridge Ni Iomaire, la fliquette lesbienne, et le père Malachy — Jack Taylor s’engage dans un combat contre le mal qui redonne du piment à sa vie.

Mon avis :

Si je vous disais « ce billet a été difficile à rédiger », je ne suis pas sûre que vous me croiriez, car il est le neuvième que je consacre à cet auteur. Pourtant, je maîtrise un peu moins la saga Jack Taylor, que j’ai pris en cours de route avec En ce sanctuaire de Ken Bruen. même si j’ai l’impression, après avoir lu ce tome, de côtoyer le héros depuis toujours.

J’ai bien dit « héros », car je n’ai pas envie de me lancer dans une classification héros/antihéros. Entre En ce santuaire, qui marquait un début de rédemption, et Headstone, que je lis en VO, Jack Taylor vit presque une parenthèse qui n’a rien d’enchantée, face à un adversaire qui tient plus du fantastique que du policier. Le démon, ou l’incarnation du mal tel que la religion catholique se le représente, et les crimes sont accomplis dans ce volume sont quasiment insoutenables, par leur violence, leur gratuité aussi. Tout aussi insoutenable est le manque de justice – voir l’impunité dont certains sont les bénéficiaires, pendant que leurs victimes n’ont parfois même plus leurs yeux pour pleurer. Autant vous dire que pour lire ce texte, il faut avoir les nerfs bien accrochés, même si l’humour est largement présent.

S’en est presque étonnant, car Jack Taylor n’est ni Porter ni Brant. Cette manière d’affronter l’ennemi avec dérision serait-elle dû à l’abus de Xanax, ou à la nécessité de lutter contre ses propres démons ? Il le fait en tout cas de manière très expéditive, au point que l’on peut se demander s’il a rêvé ses actes ou s’il les a réellement accomplis. Dans cette Irlande qui n’est plus celle de sa jeunesse (heureusement, par certains aspects) et qui n’est pas pour autant sortie de la crise, Jack se remémore sans nostalgie ses pires enquêtes, qui ont façonné et meurtri l’homme qu’il est aujourd’hui. Ces souvenirs ne l’incitent pas vraiment à diminuer sa consommation de ses trois meilleurs amis. Quant au dénouement, il n’est pas franchement rassurant et annonce le chaos de Headstone.

Fan de Ken Bruen ? Définitivement !

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27 réflexions sur “Le démon de Ken Bruen

    • Les Jack Taylor sont bien plus « durs » que les Roberts et Brant. Je te déconseille donc les Jack Taylor – même moi, j’évite certains tomes, c’est dire. Le tout dernier, pas encore traduits, est particulièrement insoutenable.

  1. Pingback: Voisins voisines 2013 : le billet récapitulatif |

      • Sur ma nouvelle plateforme (enfin nouvelle… depuis septembre), je n’ai pas de « formulaire de contact », il faudrait que je pense à en créer un. Puis, j’avoue que pour Dublin, ce fut un peu un automatisme de dire « Dublin », en réponse rapide à un commentaire (Jack Taylor : série irlandaise pour beaucoup, par opposition à Robert et Brant, série anglaise – dénominations très réductrices, j’en conviens parfaitement). Depuis février, je me suis prise de passion pour cet auteur, et le moins que je puisse dire (en dépit de neuf billets sur ces livres) c’est que je peine largement à convaincre d’autres blogueuses de le lire.

      • Pour ma part, j’aimerai vraiment y parvenir ! Mais ma tendance à lire des livres jugés (par d’autres) trop sanglants, trop « masculins » (pour moi, la littérature n’a pas de gendre prédéfini), nuit un peu à ma communication au sujet de Ken Bruen, un parfait inconnu pour beaucoup.
        Parfois, j’ai des surprises, comme pour Berenice 34-44, où deux blogueuses m’ont dit avoir commandé le livre à la suite de ma chronique. Pour les romans d’Andrea Camilleri, j’avais eu aussi des retours – enfin, un blogueur qui me maudissait tellement il avait trouvé le livre mauvais.

      • J’ai un peu de mal avec cela, en tant que lectrice. La littérature dite « féminine » – chick litt – ne m’intéresse guère, les librairies qui séparent les rayons enfant en « garçon » (rayon bleu) et « fille » (rayon rose) me donnent envie de fuir (et pourtant, ce phénomène se généralise).

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