Archive | 27 avril 2013

Le démon de Ken Bruen

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Quatrième de couverture :

Pauvre Jack Taylor ! Lui qui pensait prendre un nouveau départ aux États-Unis, il s’est fait refouler par la police des frontières et l’avion a décollé sans lui… Il renoue alors une idylle désabusée avec l’Irlande, son pays, dont les vieux démons ont été réveillés par la crise.
Carburant au cocktail Xanax-Guiness-Jameson, Jack s’engage dans une affaire diabolique : des cadavres martyrisés selon un rituel satanique font surface dans les rues de Galway. Surtout, il ne cesse de croiser la route d’un mystérieux Mr K., sans jamais réussir à le cerner…
Avec l’aide de ses fidèles acolytes — Stewart, le dealeur zen repenti, Ridge Ni Iomaire, la fliquette lesbienne, et le père Malachy — Jack Taylor s’engage dans un combat contre le mal qui redonne du piment à sa vie.

Mon avis :

Si je vous disais « ce billet a été difficile à rédiger », je ne suis pas sûre que vous me croiriez, car il est le neuvième que je consacre à cet auteur. Pourtant, je maîtrise un peu moins la saga Jack Taylor, que j’ai pris en cours de route avec En ce sanctuaire de Ken Bruen. même si j’ai l’impression, après avoir lu ce tome, de côtoyer le héros depuis toujours.

J’ai bien dit « héros », car je n’ai pas envie de me lancer dans une classification héros/antihéros. Entre En ce santuaire, qui marquait un début de rédemption, et Headstone, que je lis en VO, Jack Taylor vit presque une parenthèse qui n’a rien d’enchantée, face à un adversaire qui tient plus du fantastique que du policier. Le démon, ou l’incarnation du mal tel que la religion catholique se le représente, et les crimes sont accomplis dans ce volume sont quasiment insoutenables, par leur violence, leur gratuité aussi. Tout aussi insoutenable est le manque de justice – voir l’impunité dont certains sont les bénéficiaires, pendant que leurs victimes n’ont parfois même plus leurs yeux pour pleurer. Autant vous dire que pour lire ce texte, il faut avoir les nerfs bien accrochés, même si l’humour est largement présent.

S’en est presque étonnant, car Jack Taylor n’est ni Porter ni Brant. Cette manière d’affronter l’ennemi avec dérision serait-elle dû à l’abus de Xanax, ou à la nécessité de lutter contre ses propres démons ? Il le fait en tout cas de manière très expéditive, au point que l’on peut se demander s’il a rêvé ses actes ou s’il les a réellement accomplis. Dans cette Irlande qui n’est plus celle de sa jeunesse (heureusement, par certains aspects) et qui n’est pas pour autant sortie de la crise, Jack se remémore sans nostalgie ses pires enquêtes, qui ont façonné et meurtri l’homme qu’il est aujourd’hui. Ces souvenirs ne l’incitent pas vraiment à diminuer sa consommation de ses trois meilleurs amis. Quant au dénouement, il n’est pas franchement rassurant et annonce le chaos de Headstone.

Fan de Ken Bruen ? Définitivement !

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La figure jaune de Sir Arthur Conan Doyle.

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Présentation du recueil :

Ce livre est,à mon sens, destiné à un jeune publie et aux enseignants, dans le but de faciliter l’étude de la nouvelle policière. Il comporte trois récits : la figure jaune, l’interprête grec, et le pouce de l’ingénieur.

Mon avis :

Des trois nouvelles qui sont rassemblées ici, La figure jaune a ma préférence, parce qu’elle traite de thèmes qui sont toujours d’actualité aujourd’hui. Je ne vous les dévoilerai pas, car les deux plus importants ne sont dévoilés qu’au moment du dénouement, relativement heureux, il faut bien le dire. Puis, il est toujours intéressant de voir Sherlock Holmes victime lui aussi de ce qu’il dénonce : dresser une théorie en se basant sur des préjugés est très dangereux. Lui, au moins, reconnaît ses erreurs, et n’hésite pas à le souligner.

L’interprête grec est bien plus tragique. Un échec de Sherlock Holmes ? Presque oui. Les efforts du détective ne peuvent rien contre la lâcheté (presque généralisée chez les proches de la victime), la ruse et la cupidité. S’il y a une justice, elle est bien tardive. Cette nouvelle, particulièrement sombre, nous permet de rencontrer Mycroft, frère aîné de Sherlock, et de découvrir les origines françaises des deux frères.

Le pouce de l’ingénieur porte bien son titre. Nous découvrons d’abord Watson, jeune marié, dans l’exercice de sa profession. Il a enfin un cabinet, commence à avoir une pratique fidèle, puisque d’anciens patients n’hésitent pas à lui en envoyer de nouveau. C’est dans ce cadre qu’il rencontre l’ingénieur qui donne son nom au titre et son intervention est l’une des plus sanglantes dans l’ensemble des enquêtes de Sherlock Holmes.  Pourtant, c’est dans son salon, feutré, que Sherlock résoudra l’enquête, avant de prendre le train jusqu’au lieu où l’ingénieur, plus chanceux que l’interprête grec, a failli perdre la vie. Là encore, la justice n’est pas réellement rendue et le dénouement concerve en partie un aura de mystère qui le rapproche du genre fantastique.

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