Archive | 26 avril 2013

Mauvais garçon de Michael Morpurgo

Michael Morpurgoédition Gallimard Jeunesse – 144 pages.

Présentation de l’oeuvre :

«Mauvais garçon !» On l’a toujours appelé comme ça. Petit, il faisait les quatre cents coups. En grandissant, il est devenu un vrai voyou et a été placé en maison de redressement où on lui mène à son tour la vie dure. Un jour, M. Alfie, un vieil homme qui s’occupe de chevaux, lui offre une seconde chance et lui confie Dombey, un cheval maltraité et farouche.
Mon avis :
Ce roman est une oeuvre de Michael Morpurgo : plaisir de lecture rime avec qualité d’écriture.  Il explore les thèmes qui lui sont chers – ce ne doit pas être un frein pour vous, si vous souhaitez découvrir ce roman. On ne reprochera pas à un auteur de polars de nous narrer ses histoires de tueurs en série, je ne vois pas pourquoi l’on reprocherait à un auteur de littérature jeunesse de parler de l’enfance, de la guerre, des animaux – et de souffrances aussi.
Le récit est rétrospectif – une autre constance de l’écriture de Morpurgo, quand il parle de la guerre. Une manière de créer un lien entre le passé, que les plus jeunes ne connaissent pas nécessairement, et le présent. Une manière aussi de rassurer le lecteur – quels que soient les péripéties rencontrées, le personnage principal s’en sortira.
Le narrateur est né en 1943, il a connu la fin de la guerre et l’absence du père. Quoi qu’en aient dit certains manifestants en France, il faut bien un homme et une femme pour concevoir un enfant, en revanche la présence des deux pour son éducation est des plus aléatoires. La mère du jeune héros est débordé par ses six enfants (elle est loin d’être un cas isolé) et son attitude lorsque son fils est envoyé en maison de redressement n’est pas non plus unique en son genre. Loin d’être accusateur, le jeune héros reconnaît sa part de responsabilité dans ce qui est arrivé – l’argent facile, la frime, l’envie de briller avec le seul moyen qu’il connaissait dans son quartier. En filigrane, apparaît cependant un système éducatif qui stigmatise ceux qui ne rentrent pas dans la norme, ceux qui ont des difficultés sur lesquels on n’avait pas, à l’époque, mis de noms.
Pour se sortir de la spirale de la délinquance (pas encore nommée ainsi elle non plus), il faut prendre confiance en soit, et pour cela, il faut que d’autres vous fassent confiance. Des adultes bienveillants, qui ont su voir ce que d’autres n’avaient pas discerné.
Mauvais garçon est, à nouveau, un roman hautement recommandable de Michael Morpurgo.

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