Archive | 25 avril 2013

Désir d’histoire, 98

Je crois que j’ai fait une bêtise en acceptant la proposition du chef de la meute du Sud. Cependant, diriger un pensionnat de louveteaux m’avait semblé une bonne idée, après toutes les épreuves que j’avais traversées.
Les professeurs m’avaient accueilli avec soulagement. Mon prédécesseur était si désespéré qu’il avait choisi de partir… dans le coffre de sa voiture. Il s’était décidé subitement.

–          Il était devenu paranoïaque à un point qui défiait l’entendement, me dit monsieur Guéry, professeur d’histoire des lycanthropes. Il n’osait plus « tenter une sortie » en dehors des heures de cours. J’ai cru comprendre que vous étiez…
–          Vampirologue et lycanthropologue, précisai-je. (Vous m’aurez peut-être reconnu si vous avez suivi V comme vampire : Gaël de Nanterry).
– Belle combinaison, reprit-il. Heureusement pour nous, il est rarement des vampires enfants. Les malheureux, je les plaindrais. Rester ado toute la mort, ce n’est pas une vie.
–                 Sinon, ajouta monsieur Frédéric, professeur de mathématiques, êtes-vous au courant de la catastrophe ? Trois fois rien, je vous assure. Disons que… à la suite d’un léger conflit entre le principal et certains élèves, deux salles de classes sont impraticables, à croire que les murs ont été construits en craie. Disons qu’ils se sont un peu effondrés. Juste un peu.
– Cela a fait un de ces bruits, commenta monsieur Guéry, contredisant son collègue.
– Je vous rassure, reprit son collègue, une équipe de Trolls très compétents a commencé les réparations. L’immeuble a résisté à leur arrivée.
Non, pas des Trolls, surtout pas.
Je sais : la dernière fois que je vous ai donné des nouvelles, nous nous rendions avec le haut-conseil vampirique, le haut-conseil faerique, le comité trollesque et bien sûr, pleine de loulou garous au Val Fleury, pour conjuguer nos efforts afin de déjouer un complot.
C’était le mois dernier.
J’ai l’impression que c’était il y a un siècle.
Le complot ? Il a été déjoué, je vous rassure tout de suite.
On ramasse les pots cassés, actuellement.
Enfin, si je peux appeler cela des pots.
Et c’est un peu repoussant.
Regarder deux salles de classe démolies est reposant, à côté.
Sauf quand j’ai vu qui dirigeait l’équipe de Troll.
Un spécialiste des Trolls.
Mon ex, Silas Chépukoi.
Oui, nous avons rompu, ou plutôt, « pris un temps de recul afin de reconsidérer notre relation ».
Nous avions reculé dans la même direction, apparemment.
Je l’ai salué, ai posé quelques questions sur les travaux, puis je suis allé jusqu’à mon bureau et me suis enfermé dedans, pour ne ressortir qu’après le départ des Trolls.
Sauf que Silas m’attendait.
Soit.
La soirée allait être longue.
Surtout si je vous explique en détails comment nous en sommes arrivés là.

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La mort n’a pas d’amis de Gilles Schlesser

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Quatrième de couverture :

Paris, décembre 1924. Un crime est commis rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie dont la mise en scène intrigue les enquêteurs. Il est suivi d un autre puis d un troisième, tout aussi étranges. Les victimes n ont pas de rapport apparent entre elles et la police ne dispose d aucun indice si ce n est que le meurtrier s inspire manifestement du tableau de Max Ernst, Au rendez-vous des amis. La toile est un portrait de groupe des principaux animateurs du courant surréaliste, lesquels sont évidemment les premiers suspectés, individuellement ou en association. Tandis que la police piétine, Camille Baulay, dite Oxy, reporter au Petit Journal, mène ses investigations qui la conduisent à fréquenter de près Breton, Éluard, Aragon, Desnos, Prévert… et le très énigmatique Dédé Sunbeam.

Merci à la maison d’édition Parigramme de m’avoir envoyé ce livre. Je l’ai reçu pour mon anniversaire (les coïncidences) et j’ai (beaucoup) attendu pour le chroniquer, étant donné qu’il paraissait le 7 mars.

Mon avis :

Vous noterez ma manière toute personnelle de rédiger mes avis très largement en retard. Il faut dire que, contrairement à d’autres lecteurs,  je n’avais jamais lu de romans de Gilles Schlesser, je ne connaissais pas grand chose en matière de peinture, n même de surréalisme… En revanche, je suis une grande lectrice de romans policiers, de romans historiques, je ferai donc avec mes compétences… littéraires.

Camille m’a fait penser au personnage de Louis Denfert, de Brigitte Aubert (l’art de se raccrocher à ce que l’on connaît) dont la compagne se nomme… Camille. Cette Camille Baulay, en revanche, n’a pas besoin d’un homme dans sa vie, et surtout pas pour prendre des décisions à sa place, ou prendre des risques inconsidérées. Elle y parvient très bien toute seule, et devrait surprendre les lecteurs qui pensent que les femmes des années 20 étaient toutes soumises et dociles. Camille assume ses choix, ses amours, même si ce n’est pas toujours évident (pas pour elle, pour ses partenaires) et doit faire avec le fantôme qui peuple ses nuits. On oublie trop souvent de nos jours le traumatisme laissé par la première guerre mondiale, et les conséquences, pas toujours négatives il est vrai, pour les femmes qui ont su prendre leur destin en main.

Autant dire que Camille et sa manie d’enquêter dérange, et pas seulement les policiers. Les rivalités qui déchirent les surréalistes, leurs petites méchancetés presque gratuites ne donnent pas d’eux une image reluisante. Nous sommes bien loin de la littérature ou de la peinture quand les préférences de certains les font écarter du mouvement sans ménagement.Bref, dans ce Paris des années 20, ils ne valent guère mieux que ceux qu’ils critiquent.

Cette intrigue me renvoie à un précepte qui m’est cher : il faut s’intéresser aux victimes et à leur vie pour découvrir le coupable. Nous ne sommes pas ici dans une intrigue où la surenchère de cadavres sert de prétexte à une course contre la montre pour arrêter un tueur et où l’identité des victimes devient secondaires. Le mobile du crime, fort ou léger, puise sa source dans leur passé – ce qui ne veut pas dire que le meurtrier se trouve excusé, loin s’en faut.

Après cette découverte, je compte me lancer prochainement dans la lecture de Mortelles voyelles.

Les dragons de Nalsara, tome 13 : douze jours, douze nuits

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Quatrième de couverture :

Cham n’est resté que peu de temps auprès de sa famille ; déjà, il doit repartir pour Nalsara. A l’aube de son onzième anniversaire, il va devenir le plus jeune écuyer d’un dragonnier que le royaume d’Ombrune ait jamais connu, et il prendra des leçons auprès des magiciennes.
Le garçon doit être prêt le plus tôt possible, car, dans douze jours et douze nuits, le sortilège qui paralyse les Addraks prendra fin. Dans douze jours et douze nuits, ils seront plus redoutables que jamais…

Challenge Jeunesse/Young adult chez Mutinelle et Kalea.

Mon avis :

Ce tome marque le début d’un nouveau cycle. Il faut dire que pour une fois, les personnages peuvent enfin respirer, revivre, loin de la menace des sorciers. La famille est réunie, et c’est une joie pour eux de se livrer à des activités de tous les jours.

Le repos, cependant, n’est qu’illusoire, et des magiciennes aussi douées que le sont Nyme et Dhydra, sa mère, le savent parfaitement. Au bout de ses douze jours et de ses douze nuits, leurs adversaires seront plus puissants que jamais, et la colère qu’ils ont ressenti augmentera d’autant leurs pouvoirs.

Mais leur réveil n’est pas l’événement clé de cette nouvelle phase, pas plus que le début de l’apprentissage de Cham en tant que dragonnier. Lui qui est capable de parler aux dragons en sait bien plus que ses aînés. A vrai dire, ce n’est pas un événement unique, c’est plutôt deux événements, sans lien l’un avec l’autre, et qui se complèteront quand le moment sera venu. Ce tome se clôt d’ailleurs par une formidable bataille, qui en laisse présager d’autres.

Je commence le tome 14 dans la journée.

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