Archive | 23 avril 2013

Le labyrinthe grec de Manuel Vasquez Montalban

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Quatrième de couverture :

Le Labyrinthe grec nous entraîne dans une Barcelone désossée par les travaux des Jeux Olympiques. Tout le clan Carvalho est au rendez-vous : Charo, la pétillante prostituée, compagne des bons et mauvais jours, Biscuter, l’assistant à la fois secrétaire et cuisinier, Bromure, l’informateur fidèle.

Mon avis :

J’aime Manuel Vasquez Montalban, j’aime son personnage de Pepe Carvalho, je passe toujours d’agréables moments en leur compagnie. Cependant, je suis un peu restée sur ma fain, faute peut-être, de me sentir proche du thème abordé.

Pepe vieillit, Pepe ne se sent plus aussi réactif qu’avant face aux enquêtes qui lui sont confiées. Il a perdu son meilleur indicateur, et n’a pas envie de le remplacer, même si le rythme de ses enquêtes s’en trouvent ralenti et s’il s’interroge sur les raisons de cette fidélité posthume. Il évite Charo, et même Biscuter se retrouve disqualifié dans son emploi d’assistant.Pourtant, il aurait bien besoin d’aide, pour retrouver un Grec et surveiller une jeune femme aux horaires et aux moeurs très libres (moralité : il faut toujours frapper avant d’entrer).

Le temps passe et emporte avec lui la Barcelone populaire, pour faire placer à une Barcelone moderne, apte à accueillir les jeux olympiques. Les souvenirs de la dictature passée semblent aussi s’en aller, pour laisser la place à une jeunesse désœuvrée, des artistes en manque d’inspiration, des femmes abandonnées. Ne parlons pas non plus des magouilles en tout genre, elles sont si nombreuses que l’auteur perdrait son temps à les dénombrer – et nous à les lire. Il préfère nous ouvrir l’appétit en donnant des recettes de cuisine, Pepe Carvalho, comme Montalbano, aime la bonne chair.
Alors oui, Pepe Carvalho est davantage mené par l’enquête qu’il ne la mène. Il voit jusqu’où l’argent et le pouvoir peuvent aller, et ce n’est pas très beau. Mais il le savait déjà. Reste à savoir s’il pourra sauver le plus important pour lui.

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Le bleu de la nuit de Joan Didion

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Quatrième de couverture :

Tout le monde se souvient de L’Année de la pensée magique, le récit que Joan Didion avait consacré à la mort de son époux. Or, quelques semaines à peine avant la parution de ce livre aux États-Unis, en 2005, une nouvelle tragédie frappait Joan Didion : la mort de sa fille adoptive, Quintana, des suites d’une longue maladie.Après avoir érigé un inoubliable tombeau littéraire à l’homme de sa vie, Joan Didion adresse, dans Le Bleu de la nuit, un vibrant hommage funèbre à leur fille.
Mon avis :
Simplement magnifique et évident.
Je n’ai pas envie d’écrire une chronique pompeuse, pleine d’emphase, car elle irait à l’encontre de ce qu’écrit Joan Didion sur sa fille. Elle évite absolument le pathos pour écrire les seules choses qui lui restent, les souvenirs. Les souvenirs, c’est ce qu’on ne veut plus se rappeler, dit-elle.
Se souvenir inlassablement, notamment des jours les plus heureux – l’adoption de sa fille, le jour de son mariage – répéter comme un mantra les mêmes phrases, prononcées par sa fille, les replacer dans leur contexte, écrire, en donnant l’impression de se jeter sur les mots à coeur perdu, sans retour en arrière possible, telles sont les impressions qui se dégagent pour moi à la lecture de ce texte.
Joan Didion s’interroge – sur le vieillissement, sur la maladie, sur la maternité, sur l’adoption – manière de refaire le chemin à l’envers, de rechercher d’où venaient les angoisses et les hantises de sa fille. J’ai ressenti dans son écriture le poids de la culpabilité – celle d’une mère qui survie à son enfant. Il n’est d’ailleurs question à aucun moment de consolation – mais du vide immense laissée par la mort de sa fille.
Le bleu de la nuit est une oeuvre sensible et puissante. J’espère que vous la lirez, et que vous l’aimerez aussi.