Archive | 22 avril 2013

Le mystère Sherlock

Sherlock

Présentation de l’oeuvre :

Meiringen, Suisse. Les pompiers dégagent l’accès à l’hôtel Baker Street. Cet hôtel, charmant et isolé, a été coupé du monde pendant trois jours à cause d’une avalanche. Personne n’imagine que, derrière la porte close, se trouve un véritable tombeau. Alignés dans les frigidaires, reposent les cadavres de dix universitaires.
Tous sont venus là, invités par l’éminent professeur Bobo, pour un colloque sur Sherlock Holmes. Un colloque un peu spécial puisque, à son issue, le professeur Bobo devait désigner le titulaire de la toute première chaire d’holmésologie de la Sorbonne. Le genre de poste pour lequel on serait prêt à tuer…

Mon avis :

Jubilatoire.

Même si je reste persuadée que tous ces personnages auraient surtout eu besoin de consulter un dinguologue d’urgence.

Non, pas un psychiatre, leur folie holmésienne est bien trop avancée. Impossible d’envisager la moindre guérison. Ces universitaires ne pensent ne vivent, ne respirent que pour et par Holmes, ils décortiquent la moindre de ses aventures, envisagent les hypothèses les plus farfelues, cherchent des angles d’attaques totalement inédits, n’oubliant rien ni personne, pas même le nombre de marches qui mènent à son logement.

Gare au poirotphile qui pointerait le bout de sa moustache en Suisse. Heureusement, personne n’a eu une idée pareille – sans doute parce que personne n’est aussi atteint que les dix spécialistes réunis pour ce congrès, en Suisse. Néanmoins, ils n’ont plus besoin de consulter, puisqu’ils ont trouvé non la consécration de leurs travaux, mais la mort – comme leur héros – en Suisse. Dire qu’ils n’ont même pas profité du chocolat.

Pastiche de Sherlock Holmes ? Oui, mais ce serait vraiment réducteur, tant l’oeuvre est réussie, tant l’écriture est primesautière, pleine d’humour et de saveur.  Ce roman ne cache pas non plus quelques emprunts, en forme d’hommages très relevés, à Agatha Christie et à Maurice Leblanc. Pourquoi cacher des influences quand elles sont si relevées ?

Quant à l’intrigue, elle nous offre un vrai jeu de récits enchâssés, de changements de narrateur, à défier le meilleur chasseur de pistes littéraires. L’économie de moyen est là – en quatre jours, le drame est bouclé. L’économie de personnages aussi – ils sont quatre à prendre connaissance des notes des trépassés, de leurs enregistrements parfois, et de devoir tirer les conséquences de ces écrits épars. Mention spéciale aux lettres délirantes de Dolorès – et je vous épargne les « mémoires » de JPP.  Les conclusions sont peut-être sujets à cautions, mais après tout, ce n’est pas Sherlock qui menait l’enquête, c’est Lestrade.

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