Archive | 20 avril 2013

La vallée de la peur de Sir Arthur Conan Doyle

peur

Présentation de l’oeuvre :

Sherlock Holmes vient à peine de déchiffrer un message codé le prévenant qu’un certain Douglas, de Birlstone Manor House, est en danger, qu’il apprend par l’inspecteur MacDonald de Scotland Yard que Douglas vient d’être affreusement assassiné. Par le signataire du message, Sherlock Holmes sait que, derrière cette affaire, se trouve son ennemi juré : le professeur Moriarty, criminel génial et machiavélique. Accompagné de son fidèle Watson, Holmes se précipite à Birlstone …

Mon avis :

Ce roman est à mes yeux le meilleur roman de Sir Arthur Conan Doyle, du moins, la meilleure enquête de Sherlock Holmes. Sa construction rappelle celle d’Une étude en rouge, en plus soignée, exploitant à nouveau les noirceurs de l’âme humaine.

Deux enquêtes, deux temps du roman. Nous sommes tout d’abord dans l’Angleterre victorienne, où un gentleman vient d’être assassiné dans d’atroces circonstances.  il faut toute la ténacité, toute l’ingéniosité de Sherlock pour venir à bout de cette enquête, et démasqué le coupable, que je vous mets au défi de trouver. On me répondra que le lecteur n’avait pas tous les éléments en main. Il en avait tout de même beaucoup, et les principaux. Il devait simplement se fier aux faits, et non à leur interprétation, et autres idées préconçues.

Après le coup de théâtre que constitue l’identité du coupable, Sir Arthur Conan Doyle nous plonge dans la Californie de l’hiver 1875. Certes, Watson et Holmes sont loin, cependant l’enquête qui y est menée est toute aussi palpitante. Dans cette vallée, renommée « vallée de la peur » par ses habitants, une société secrète sème la terreur, et plus encore. Le jeune McMurdo, qui a quitté précipitamment Chicago, découvre cette société et se fait rapidement accepter par ses membres les plus aguerris, tout en ménageant les plus timorés. Il a l’âme d’un chef, que l’on ne s’y trompe pas, et gare à ceux qui se mettent sur la route des « Eclaireurs ». Mieux ou pire qu’un western, comme vous voudrez, il faudra la présence d’un autre enquêteur, lié à une organisation qui ne cesse d’inspirer les auteurs – Pinkerton – pour que cette seconde affaire, à la hauteur de la première, soit dénouée.

Pour terminer ce billet, je mettrai simplement cette citation, encore d’actualité aujourd’hui :

La tentation de former des théories prématurées sur des informations insuffisantes est la maladie de notre profession.

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Les plumes à thème 7

Pour cette septième édition des plumes  thème, Asphodèle nous demandait d’imaginer le quatrième de couverture d’un roman, en incluant les mots Départ – salle – téléphone – heure – désir – impatience – minute – frustration – déçu – enfant – pandémonium – liste – angoisse – patience* – espoir – stupeur – galop – gifle – gigantesque.

La chapelle aux pots :

Gérard Darfeuille mène une vie agréable, sereine, exempte de toute frustration (sauf peut-être alimentaire). Après son départ de Polynésie, il a été affecté  selon son désir dans un tranquille collège rural de Normandie. Il pourra y attendre sans impatience la retraite. L’unique souci provient des gigantesques travaux de restructuration qui traînent en longueur. La liste des petites imperfections s’accroît de jour en jour, et l’espoir de rouvrir toutes les salles de classe à la rentrée se retrouve vite déçu.

Il est onze heures passé de vingt-huit minutes, et Darfeuille écoute le Pandémonium de la Damnation de Faust dans son bureau tout neuf où le téléphone vient à peine d’être installé.  Un galop retentit dans le couloir, à croire que les chevaux du pré voisin ont pénétré dans l’aile administrative.

–          Monsieur le principal, c’est horrible ! Venez ! s’écrie Gifle, le chef de chantier (une tête à claques qui porte bien son nom).

Avec stupeur, Darfeuillle constate que dans leur hâte à livrer le chantier pour le 1er septembre, les ouvriers ont un peu trop joué du marteau-piqueur. Un trou béant défigure le mur de la cantine.

–          Ce n’est pas le pire, regardez !

A l’intérieur du mur, gît un squelette et même s’il est économiste de formation, Darfeuille voit bien qu’il s’agit de celui d’un enfant. Mon Dieu, non, tout n’allait pas recommencer ?

Annunziata Degrande est l’auteur de Guillaume Berthier (prix du roman policier de Longuemare), de Fors la mort et de A pas comptés. La chapelle aux pots est son quatrième roman.