Archive | 18 avril 2013

Fantastique monsieur Fox

Fantastic mr foxPrésentation de l’oeuvre :

Dans la vallée, il y avait trois fermiers, éleveurs de volailles dodues… Le premier était gros et gourmand ; le deuxième était petit et bilieux ; le troisième était maigre et se nourrissait de cidre. Tous les trois étaient laids et méchants. Dans le bois qui surplombait la vallée vivaient Maître Renard, Dame Renard et leurs quatre renardeaux, affamés et malins…

Mon avis :

Après l’avoir lu en français voici quelques années, je le lis aujourd’hui en anglais – et c’est tout aussi bien. Le roman est différent de son adaptation, pourtant l’esprit est le même – la révolte contre la bêtise, la méchanceté et la cruauté.

Nous ne sommes pas au pays des ogres, et même si un des adversaires de Mr Fox, est gros, ce n’est pas son poids qui fait de lui un monstre, mais son comportement, tout en excès. La démesure est reine, et si les renards sont contraints de creuser – en famille – ce ne sont pas eux qui s’enfoncent.

Quel pouvait bien être le problème, au départ ? Maître Renard volait les trois fermiers, avec une régularité confondante. Il volait selon le menu que sa femme avait prévu de leur servir, à lui et à leurs quatre renardeaux. Il n’est sans doute pas le seul à voler (comme en témoignent les autres animaux qui sont contraints de rester dans leur terrier), il est le seul à catalyser la haine des trois fermiers, et s’il n’y laisse pas sa peau, il y perdra au moins une large partie de son anatomie.

Comme souvent chez Roald Dahl, les « gentils », intelligents, rusés et patients, prennent leur revanche sur les « méchants ». Et si certains s’indignent de l’amoralité de l’histoire, ils recevront la réponse de la bouche même de Fox. Qu’est-ce qui est pire, vouloir nourrir sa famille, en ne prenant que le strict nécessaire, ou tenter de tuer toute une famille (et même plus) en les laissant mourir de faim et de soif ?

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Les mouches d’automne d’Irène Nemirovsky

Présentation de l’oeuvre :

Tatiana Ivanovna a consacré sa vie entière à ses maîtres, les Karine, qu’elle a vus naître et grandir. Lorsque la révolution russe les chasse de leur domaine, elle les suit jusqu’à Odessa d’abord, puis jusqu’à Paris, dans ce petit appartement du quartier des Ternes, où les exilés tournent en rond comme les mouches d’automne… Avec un art consommé de la touche infime, de la progression insensible, qui évoque l’influence de Tchekhov, Irène Némirovsky peint les désarrois et les nostalgies de ces survivants d’un monde perdu.

Circonstance de lecture :

Je l’ai lu lundi soir, sur ma liseuse.

Mon avis :

Les mouches de l’automne est une oeuvre forte et concise, que je ne sais où classer. Court roman ? Longue nouvelle ? Elle est strictement centrée sur le personnage de Tatiana, fidèle entre toute, en dépit des épreuves à surmonter.

Tatiana est une domestique, oui, mais surtout elle est la mémoire de la famille. Le temps, elle l’a mesuré à l’aune de la croissance de ses petits protégés, qui ont été remplacés par d’autres petits protégés, au fil des saisons. L’hiver, pour elle, est incarné par la neige, la rudesse du froid, et non ce qu’elle découvre en France. Son dévouement lui est naturel, comme le seul bien qu’elle posséderait. Et s’il faut chercher des personnages secondaires, ce sont les Karine qui pourtant nous font vivre le destin de ces Russes qui durent fuir leur pays, trouver une terre d’asile et modifier considérablement leur manière de vivre, au point de penser que la mort est préférable.

Les mouches de l’automne est à conseiller aux amoureux de la Russie et à toute personne désirant découvrir l’oeuvre d’Irène Nemirovsky.

 

petit bac