Archive | 13 avril 2013

Sue Grafton : une auteur du Kentucky

Sue Taylor Grafton est une auteur née à Louisville, dans le Kentucky, en 1940. Elle a d’ailleurs été diplômée de l’université de cette ville en 1961.

Elle est connu essentiellement pour son abécédaire du crime, qui met en scène Kinsey Milhone, détective privée de son état, célibataire endurcie.  La série a débuté en 1982 avec A comme alibi (A is for Alibi). Cette série se poursuit aujourd’hui avec V comme vengeance.  L’action se passe en Californie – un état plus vaste, plus ensoleillé aussi

J’en suis actuellement au tome S… comme silence, et je trouve un léger essoufflement dans la série. Normal, me direz-vous, après tant d’enquêtes. Difficile, surtout, de concevoir une série dont l’écriture s’étale sur une trentaine d’années et de ne pas faire vieillir l’héroïne en conséquence – ni faire passer de vie à trépas Henry, son fidèle logeur, octogénaire encore vert. Mon regret est surtout que certaines pistes n’ont pas été suffisamment développée. Je m’attendais, par exemple, à en savoir plus sur la famille maternelle de Kinsey, après un volume où elle renouait avec eux et en découvrait un peu plus sur le passé de sa mère. Il n’en fut rien. Depuis Q comme querelle, Kinsey semble se plonger inexorablement dans des enquêtes non résolues – il est d’ailleurs miraculeux qu’elle parvienne à dénouer des affaires vieilles de vingt ans ! Bref, cette série est agréable à lire, peut-être aussi parce qu’elle est sans réelle surprise, pourvu qu’on suive cette série.

Sue Grafton n’est pas que romancière : elle a été aussi scénariste pour la télévision. Elle a notamment écrit les scénarios de A carribean Mystery (198) avec Helen Hayes et de Meurtre au champagne (1983), tous deux d’après les romans d’Agatha Christie. Deux de ses romans ont été également adaptés à la télévision… au Japon.

Je me demande quel titre porteront les quatre derniers volumes de l’abécédaire du crime.

Voici la liste des tomes déjà parus, pour conclure cet article :

  • A comme Alibi également publié sous le titre Bluff mortel – (A is for Alibi) (1982)
  • B comme Brûlée également publié sous le titre Fausse piste – (B is for Burglar) (1985)
  • C comme Cadavre – (C is for Corpse) (1986)
  • D comme Dérapage également publié sous le titre Au bout du rouleau – (D is for Deadbeat) (1987)
  • E comme Explosif également publié sous le titre Preuve par quatre – (E is for Evidence) (1988)
  • F comme Fugitif également publié sous le titre Le fugitif – (F is for Fugitive) (1989)
  • G comme Gibier également publié sous le titre Le contrat Kinsey – (G is for Gumshoe) (1990)
  • H comme Homicide également publié sous le titre Assurance tout risque – (H is for Homicide) (1991)
  • I comme Innocent également publié sous le titre Un innocent aux mains pleines – (I is for Innocent) (1992)
  • J comme Jugement également publié sous le titre Le jour du jugement – (J is for Judgment) (1993)
  • K comme Killer – (K is for Killer) (1994)
  • L comme Lequel – (L is for Lawless) (1995)
  • M comme Machination – (M is for Malice) (1996)
  • N comme Nausée – (N is for Noose) (1998)
  • O comme Oubli – (O is for Outlaw) (1999)
  • P comme Péril – (P is for Peril) (2001)
  • Q comme Querelle – (Q is for Quarry) (2002)
  • R comme Ricochet – (R is for Ricochet) (2004)
  • S comme Silence – (S is for Silence) (2005)
  • T comme Traîtrise – (T is for Trespass) (2007)
  • U comme Usurpat – (« U » is for Undertow ) (2009)
  • V comme Vengeance = « V » is for Vengeance) (2011)

50

Close to home

Même si je n’ai pas autant d’acharnement qu’avant avec les challenges littéraires, je tiens cependant à aller le plus loin possible dans certains d’entre eux. Pour le challenge 50 états, 50 billets, je ne suis pas certaine d’aller au bout, mais je tiens absolument à ce que mes « états fétiches » soient présentés. Si la Louisiane avec le génial  Black Cherry Blues, de J. Lee Burke, le Maine avec Dark tiger, de W. G. Tapply, il me reste à écrire des chroniques sur l’Indiana et le Kentucky.

Pour l’Indiana, je vous présente une série télévisée, qui doit être actuellement rediffusée sur TMC : Close to Home. La rediffusion en est actuellement au troisième épisode de la première saison.

50

L’héroïne en est Annabelle Chase, substitut du procureur à Indianapolis. Elle est (relativement) jeune, elle est belle, blonde, revient tout juste de congé maternité après la naissance de sa fille Hailey. Heureuse en ménage, elle entend pas moins mener son travail à bien.

Présentée ainsi, la série peut paraître caricaturale. Il n’en est rien. Le producteur n’est autre que Jerry Bruckeimer, à qui l’on doit Les Experts, FBI porté disparu ou encore Cold case – bref, pas des séries réputées pour leur niaiserie.

Ici, nous découvrons une Amérique bourgeoise, croyante, bien comme il faut, bref, une Amérique sans problème apparent. Autant vous dire que cela fait très mal quand ils apparaissent aux yeux de tous. Je pense par exemple au pilote de la série, dans lequel une mère de famille met le feu à sa maison alors que ses deux enfants sont à l’intérieur – l’horreur du geste se dispute à l’horreur du mobile, une fois découvert. Je pense à cette femme qui poignarde son mari qui voulait divorcer et se justifie en disant que « Dieu l’avait poussée » à commettre ce geste.

Les rouages du système judiciaire américain sont aussi bien démontés – et il faut parfois faire le choix entre sauver une victime ou emprisonner un suspect.

Cette série a été arrêtée au bout de deux saisons. C’est dommage, car comme tous les séries arrêtées inopinément, elle se termine un peu en queue de poisson.

closte to home