Archive | 28 mars 2013

Le vase où meurt cette verveine

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Quatrième de couverture :

Parce que leurs enfants ne peuvent les héberger ensemble lorsque Zika doit aller se faire soigner le coeur, Joseph et elle se retrouvent séparés après plus de cinquante-six années de vie commune.
Lui est accueilli chez leur fils Gauthier à Montfort, elle chez leur fille Isabelle à Paris. Commence alors entre eux une relation épistolaire qui voit s’éloigner la perspective de leurs retrouvailles et se déliter leur univers. En se rebellant contre cette séparation forcée, Zika et Joseph découvrent la face cachée de leurs enfants et leurs propres zones d’ombre. Jusqu’au drame final, où ils devront affronter le désastre humain qu’ils ont engendré.

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Mon avis :

J’ai lu ce roman voici déjà deux mois, et je n’avais pas encore rédigé mon avis à son sujet – je peinais à mettre des mots sur ce que je ressentais. Surtout, je n’ai lu que des avis positifs sur ce roman, et le mien ne l’était pas vraiment. Heureusement, j’ai lu aujourd’hui l’avis de George qui n’est pas des plus enthousiastes et celui-ci a débloqué le mien.

Joseph et Zika sont séparés pour la première fois depuis 56 ans – ils en ont de la chance, je connais peu de couples de leur âge qui n’ont pas vécu de séparation. Passons, après tout, c’est possible. Ils sont obligés, à cause du traitement de Zika, d’être séparés. Zika a une maladie de coeur. Là, malheureusement, je m’y connais un peu en la matière, car trois de mes tantes ont subi des interventions cardiaques, aucune n’a été séparé aussi longtemps de son mari, aucune n’a dû quitter sa région pour se faire soigner. Maintenant, il fallait bien trouver un motif de séparation pour débuter le roman… mais mon expérience familiale fait que je le trouve tiré par les cheveux.

Ensuite, leurs enfants décident pour eux qui vivra avec qui, pour une question de place. Ce postulat ne m’a pas dérangé car il montre une réalité : l’infantilisation des personnages âgées par leurs enfants, qui décident pour eux. Ce n’est pas seulement l’envie de prendre soin de ses parents, c’est aussi une manière de reprendre le dessus sur eux, de les considérer presque comme des paquets encombrants, voir, parfois, de se venger de ce qui a été vécu dans l’enfance.

En effet, Joseph et Zika vivent une passion exclusive, qui ne laissent que peu de place à leurs enfants, et si leur fils a construit sa vie (enfin, il faut le dire vite), leur fille a échoué sur toute la ligne, essuyant ainsi le mépris de sa mère, puisque son ventre est resté stérile. Bien sûr (enfin, si vous me connaissez un peu), cette remarque m’a choquée, moi qui n’ai pas été éduquée en pensant que ne pas avoir d’enfants était un échec – mais un choix de vie qui ne regarde que la personne concernée. Puis, je ne suis pas habituée à des rapports mère/fille si violent, mais plutôt à des liens très fort (du moins, dans ma famille – mais là, je m’enfonce dans le domaine du privée, et cela n’a rien de littéraire).

Ce qui l’est, en revanche, c’est le style des lettres de Zika – presque maniéré, presque ampoulé. Il ne me semble pas vraiment correspondre à notre époque – et même si les deux protagonistes ne sont pas jeunes, leur langage n’est pas celui de mes oncles et tantes, qui appartiennent à la même génération.

Reste le personnage de Joseph, qui m’a paru plus riche que celui de Zika, parce qu’il est capable d’évoluer, de se remettre en cause, de se rapprocher de son petit-fils et de sa petite-fille, tout en affrontant le drame final.

Vous l’aurez compris, je ne suis pas la meilleure personne pour vous recommander Le vase où meurt cette verveine. Je suis simplement une personne avec un avis discordant sur ce livre.

 

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