Archive | 27 mars 2013

Journée à Paris

Je sais que je n’ai pas encore rédigé mon traditionnel billet sur le salon du livre de Paris (je suis paresseuse…). Cependant, je suis retournée aujourd’hui à Paris, afin de me détendre, entre deux journées au collège.

Dans le train, j’ai lu la moité de l’amour en marge de Yoko Ogawa. J’ai aussi commencé à rédiger mon avis. Une fois arrivée gare Saint-Lazare – et saisie par le froid – j’ai fait ma pause café habituelle avant de flâner dans quelques librairies – sans rien acheter pour l’instant – et mes pas m’ont dirigé vers le petit Palais, pour voir l’exposition Felix Ziem.

Là, surprise, je m’attendais à faire la queue : personne. Faut-il voir dans cette défection l’inauguration de l’expostion Murano au musée Maillol ? Peut-être.

Qui était Félix Ziem ? Ce fils d’immigré polonais était peintre et aquarelliste, il rencontra un grand succès de son vivant. Son sujet de prédilection était Venise, ville qu’il adorait et qu’il représenta dans la moitié des toiles qu’il peignit. Il ne vivait à Paris que contraint et forcé, quand son travail, et les négociations en vue de vendre ses toiles l’exigeaient. Il fit un séjour en Orient, qui le marqua profondément. Proche de l’école de Barbizon, il était particulièrement prolifique.  Il vécut à Martigues, où se situe l’actuel musée Félix Ziem.

Voici une de ses toiles :

felix-ziem-flamants-roses-(detail)-huile-sur-toile-vers-1860-musee-des-beaux-arts-de-beaune-photo-j-c-couval(Photo J-C Couval).

Ensuite, j’ai pris le métro et me suis rendue sur la Butte Montmartre. J’ai monté 80 marches (à peu près) et n’ai pu m’empêcher de penser à la chanson de Cora Vaucaire (les escaliers de la Butte sont durs aux miséreux/les ailes des moulins protègent les amoureux).

Je ne suis pas montée sur la Butte pour aller au Sacré-Coeur (je garde pour moi ce que j’en pense) mais pour visiter le musée de Montmattre, et son exposition consacrée au chat noir, le célèbre cabaret.

350 café concert étaient ouverts à Paris dans les années 1880, et pouvaient accueillir entre 500 et 1500 spectateurs. On venait sur la Butte, à dos d’âne, pour s’encanailler, danser aussi (dans certains établissements, il fallait payer pour chaque danse).

L’exposition se poursuit tout en musique, et fait revivre les belles heures de ce cabaret, et de ses artistes les plus connus, comme Aristide Bruant ou Eugénie Buffet. Celle-ci, admirant profondément Aristide, lui avait demandé l’autorisation d’être sur scène ces malheureuses dont il décrivait le quotidien dans ses chansons. Il accepta avec enthousiasme. Eugénie, dès lors, observa ces femmes, ces prostituées, se mêla à leurs conversation dans les cafés pour décrire au plus juste « la misère sociale de la femme » – déjà, à l’époque.

Je n’ai garde d’oublier la Commune, évoquée largement dans ce musée, et cet acte, que je retiens : deux généraux furent fusillés par leurs soldats. Ils avaient ordonné à leurs hommes de tirer sur les barricades, gardés par des femmes et des enfants. Les soldats refusèrent unanimement, et se retournèrent contre leurs généraux.

La Commune fut un des épisodes les plus sanglants de l’histoire de Paris, avec 20 000 morts. A voir Montmartre et ses touristes affairés, on peine à le croire.

Voici la photo du musée :

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et la vue de la célèbre vigne de Montmartre :

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et celle de l’église historique de Montmartre, une des plus vieilles de la capitale :

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Ensuite, j’ai reprise le métro, goûté un cake aux cerises, et acheté quatre livres, en me laissant porter par mes envies.

Je suis ensuite rentrée vers la Normandie, et j’espère bien retourner à Paris le mois prochain.