Archive | 20 mars 2013

Détective Conan tome 1 de Gosho Aoyama

conanMon avis : 

Je vous ferai peut-être sourire… j’ai vu quelques épisodes de Détective Conan, alors que j’enseignais encore en Picardie (soit avant 2006). Les mangas étaient disponibles au CDI de mon établissement d’alors, et pourtant, je n’ai pas été tentée, je n’avais pas le temps de lire à l’époque, les horaires et les deux heures de trajet quotidien nuisaient grandement à la lecture. Fort heureusement et sans regret aucun, je regagnais la Normandie en 2006 et c’est aujourd’hui que je découvre Détective Conan.

Dans ce premier rome, nous n’avons pas encore Conan, pas au début. Nous avons un brillant lycéen, brillant détective, qui n’hésite pas à aider le commissaire Maigret dans les enquêtes les plus difficiles. Il est également très amoureux de sa petite amie, bien qu’il n’ait pas vraiment le temps de le lui dire. Il a toujours une enquête à boucler, ou un livre à lire, ou un hommage dithyrambique sur Sherlock Holmes et Sir Arthur Conan Doyle à prononcer. Même une sortie en amoureux au Parc d’attraction se transforme en une enquête criminelle et si Shinichi Kudo n’y voit qu’une affaire de plus, s’en est un peu trop pour sa petite amie, elle-même fille d’un détective pas très doué, sauf pour célébrer la dive bouteille.

Après cette enquête, le destine de Shinishi prend un itinéraire inattendu : empoisonné parce qu’il vient de découvrir un chantage, il se retrouve dans le corps d’un enfant de six ans. Lui ne pense pas que se retrouver dans un orphelinat est une chance. Son talent intact, il trouve refuge chez un ami, chercheur excentrique, et prend le pseudonyme de Conand Edogawa, réunissant ainsi le maître du roman d’énigme et un auteur japonais bien connu des fans de polars.

Le moins que je puisse dire est que le rythme est enlevé ! L’action bouge, déborde des cases, pour des personnages dynamiques au possible. Les personnages semblent avoir bu trop de café pour être survolté à ce point. Conan/Shinichi découvre très vite les limites de son nouveau corps, il doit à la fois se remettre en question sur ses capacités à mener à bien une enquête et constater que personne ne tient compte de l’avis d’un enfant de six ans. A lui de faire preuve de subtilité pour se faire comprendre – et avec Kogoro Mouri, la subtilité se double parfois de méthode bien plus concrète.

Les deux affaires auxquelles le jeune Conan est confronté ne sont pas des affaires simples ou simplistes, le danger et la prise de risques sont bien réels à chaque fois et il faut toutes les conventions du genre pour imaginer qu’un enfant de six ans puisse être emmené sur une scène de crime. En dépit de cette réserve (et après tout, les potions qui font rajeunir n’existent pas, n’est-ce pas ?), j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce manga, et je compte bien en emprunter d’autres à la bibliothèque.

Banniere-mars

Gisèle Alain, tome 1 de Sui Kasai

Gisèle Alain

édition Ki-on.

Présentation de l’oeuvre :

Début du XXe siècle. Héritière d’une famille noble, en rupture avec les siens, la jeune Gisèle gagne sa vie comme logeuse dans une pension. Mélange déroutant d’assurance et de fragilité, l’intrépide demoiselle décide de monter son agence pour devenir… femme à tout faire ! Sauvetage de chats égarés, négociations secrètes pour les notables de la ville, bâtisse à retaper du sol au plafond : elle découvre les aléas de la vie, tout en enchantant son entourage par sa vitalité et sa fantaisie. Mais c’est sans compter sur un passé qui ne va pas tarder à la rattraper et à jeter un voile sombre sur cette liberté fraîchement acquise…

Challenge petit bac par Enna petit bac

Mon avis :

J’ai trouvé ce manga par le plus grand des hasards, à la librairie japonaise (près de la comédie-française). La couverture (avec un chat) m’a plu, et j’ai acheté les deux tomes.

Le point fort de cette série – publié par le même éditeur que Bride stories – est son graphisme, magnifique. Le parc, le jardin des plantes, ou encore l’intérieur de la maison de Gisèle, sont absolument superbes. Les dessins sont profonds, avec un grand sens de la perspective. Le soin apporté aux détails est superbe. ce manga est un régal pour les yeux.

Et l’histoire, maintenant ? L’histoire aussi est importante, et autant elle fut agréable à lire, autant certaines paroles de l’héroïne sont fortes, autant je ressens tout de même un léger malaise après l’avoir refermé. Je sens d’ailleurs, en rédigeant cet avis à chaud, que ce léger malaise risque de devenir une explosion tellurique d’ici quelques jours – autant la canaliser tout de suite.

Je n’ai rien contre les histoires gentillettes, j’ai apprécié que l’héroïne parte à la recherche du chat de sa voisine et le retrouve dans les mains d’un bienfaiteur des animaux. Pour un premier chapitre, l’entrée en matière avait de quoi me plaire, et je m’attendais à une graduation dans les récits. Pas vraiment me semble l’expression qui convient.

Gisèle est l’héritière d’une riche famille aristocratique. Elle se heurte à la dure réalité des choses de la vie – je les cherche encore ! Eric, son voisin, ne peut pas payer son loyer ? Il devient son assistant – la jeune fille ne manque pas d’argent. Gisèle rencontre une strip-teaseuse lesbienne, qui devient une de ses locataires et l’entraîne dans le cabaret où elle officie ? Gisèle n’est qu’une enfant, et ne comprend pas tout ce qu’elle découvre (hum, hum).  Un des chapitres m’a même rappelé l’un de mes cours de catéchisme, dans lequel on apprend aux enfants (sages) que les adultes ne sont pas forcés de tenir les promesses qu’ils nous font, ce sont des adultes, non ? Là semble être la morale de ce manga : les désirs des enfants ne sont pas compatibles avec la réalité et la « sagesse » du monde des adultes. Ce n’est pas faux. Ce n’est pas toujours juste non plus.

Quant au dernière chapitre, il est hautement improbable. Que Gisèle et ses amis se mobilisent pour sauver une forêt me paraît très contemporain. Qu’un enfant sauvage vive seul dans la forêt et se débrouille depuis des années alors que ses parents l’ont abandonné là n’est pas crédible non plus – et la douce Gisèle n’est pas choquée par cette situation, elle qui a la chance d’être en rupture de ban avec sa famille. Je ne vous parlerai pas non plus de la chance qu’il a de se retrouver dans un bel et charmant orphelinat. Les orphelinats japonais sont peut-être mieux que les orphelinats français – pensée émue envers un orphelin de guerre qui fut séparé de ses soeurs et passa dix ans atroces dans un de ses beaux établissements.

Gisèle Alain est un superbe manga, d’un point de vue graphique. Du point de vue du récit, il est à la fois trop naïf et trop cru.

Banniere-mars

Le vampire suceur de pouces de Chris Riddell et Paul Stewart

pouces

Présentation de l’oeuvre :

Jean-Michel espérait un peu de tranquillité au marais qui pue. Sauf qu’Ella, sa casse-pieds de sœur, tombe amoureuse d’Edouard Lebeau, un drôle de vampire. Pire ! Accusés de vol, les deux tourtereaux s’enfuient sur le dos d’un chat tout rose. Jean-Michel n’a pas le choix : il doit partir à leur poursuite comme tous les habitants du Marais qui pue !

Mon avis :

A tous ceux qui se plaignent de leurs soeurs : pensez un peu à ce que Jean-Michel endure à cause d’Ella, qui a fugué en compagnie d’un ténébreux vampire, dont l’occupation principale  est d’être beau, de jouer au quiquiche, et de sucer des tomates (version officielle). Il la recherche, donc, mais pas seul : Randalf, le magicien sous-doué, Véronica, la perruche surdouée et Norbert l’accompagnent dans sa toute nouvelle quête – sans oublier une certaine Edwina, qui semble bien connaître la véritable nature d’Edouard, les accompagne en tapis volant.
Ella va bien – j’aime mieux vous rassurer tout de suite. Je dois même dire que sa nouvelle vie lui paraît bien plus intéressante que la précédente. Dompter des chats sauvages de combats, s’entraîner au combat, vivre avec les barbares, mais aussi participer à des épreuves particulièrement cruelle et difficiles est une vie autrement exaltante que celle qu’elle menait dans son monde. De plus, vivre ainsi en compagnie du bel Edouard n’a pas de prix – et découvrir sa vraie nature ne lui pose pas de problèmes.
Est-ce vraiment vous dévoiler l’intrigue que vous dire que ce cinquième tome continue à parodier habilement une certaine saga vampirique, mais aussi l’une des légendes les plus connues au monde, qui inspira romans et films en tout genre – sans compter un nombre impressionnant de parodie ? Les rebondissements sont aussi nombreux que les accidents de vol du tapis volant qui n’aime pas qu’on lui parle impoliment – autant dire que Randalf a bien du souci à se faire.
A bientôt pour le troisième volume du second cycle de ces chroniques.

Challenge-anglais