La peste à Breslau de Marek Krajewki

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Présentation de l’oeuvre (éditée par Gallimard, 258 pages – pas de couverture, elle est trop laide) :

Breslau, en Pologne, dans les années 1920. Dans un appartement bourgeois, deux prostituées sont retrouvées mortes, les dents de devant arrachées. On confie l’affaire à Eberhard Mock, sergent-chef à la brigade des Moeurs, pour qu’il mette la main sur l’auteur de cette effroyable mise en scène.

Mon avis (poli) :

Je cherche un remplaçant à Ken Bruen. Si je garde un Indridason sous le coude, si je pense de plus en plus explorer des territoires américains, je dois dire que je renonce aux terres polonaises – du moins, en compagnie de Marek Kajewski. En fait, je n’écris cet avis que pour vous dissuader de lire jamais cet auteur.

Son personnage principal avait pourtant un trait pour me plaire : sa compassion envers les victimes, loin de la froideur affichée par le chef de la criminel, qui prétend que Mock ne pourra jamais quitter les Moeurs, où il exerce. Mock connaît toutes les prostituées de la ville, tous les maquereaux, aucune perversité ne lui est inconnue, toutes le révulsent. Cependant, lui-même a recours aux services des prostituées, il leur impose ses envies (en latin). Ajoutez que, comme tout enquêteur qui se respecte, il boit plus que de raison. Bref, Mock ressemble à tant d’autres enquêteurs, le charisme en moins.

Puis, les meurtres sont là, et bien là. Mock lui-même sera amené à tuer – ou comment il exprimera la violence la plus primaire. On pourra toujours me dire que la fin justifie les moyens, et que l’objectif une fois atteint, peu importe les sacrifices qu’il a fallu faire. Mouais. Encore faut-il :

– que le sacrifice soit volontaire (variante : c’est sympa de prévenir avant de me sacrifier).
– que les crimes ne soient pas racontés avec autant de détachement.

Le problème est véritablement là : j’ai eu l’impression, à part peut-être sur une dizaine de pages, que l’on donnait raison aux criminels qui, avec une cruauté joyeuse, tue les rebus de la société, malades mentaux, prostituées, vagabonds, travestis. Leurs motivations, leur rite ne m’intéressent pas, surtout pas racontés avec cette complaisance et ce luxe de détails sordides.  Et même si la construction du roman semble basée sur une grande rigueur, j’ai eu souvent une impression de cafouillage, sans avoir du tout envie de retourner en arrière pour comprendre la cause de ses incohérences ou de ses formidables coïncidences.

Bref, je cours me changer les idées littéraires avec un autre roman.

10 réflexions sur “La peste à Breslau de Marek Krajewki

  1. bon voilà qui est fait… Tiens, je te conseille à moins que tu ne connaisses déjà la collection Grands Détectives chez 10/18; ils sont sur fond historique et selon les auteurs, on part en Afrique, en Egypte, en Turquie etc… J’ai lu avec bonheur deux romans de Caroline Roé qui situe ses actions dans la Turquie ancienne. J’en parlerai si j’ai l’occasion de trouver un challenge polar ou simplement pour le plaisir…
    Je vois Nunzi le poil tout hérissé !
    avec le sourire

  2. Pingback: Voisins voisines 2013 : le billet récapitulatif |

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