Archive | février 2013

Le chat qui avait un don de Lilian Jackson Braun

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Quatrième de couverture :

Un incendie volontaire, la mort suspecte d’une jeune femme piquée par une guêpe, le départ inopiné de Polly pour Paris… Tout déraille dans la charmante bourgade faussement tranquille de Pickax. Les dons de voyance de ses chats Koko et Yom Yom ne seront pas de trop pour aider Jim Qwilleran à percer les nombreux mystères du comté de Moose…

Mon avis :

Ce livre est le dernier de la saga Le chat qui… et c’est avec nostalgie que j’ai refermé cet opus (il reste bien un dernier titre, mais il est inachevé). En effet, la vie de Qwilleran et de ses chats étaient en train de changer radicalement, et à moins que le dernier tome ne paraisse en l’état, le lecteur ne saura pas les conséquences de ces rebondissements.

En attendant… nous sommes toujours dans le comté de Moose, et Jim Qwilleran a fort à faire pour assurer ses chroniques bi-hebdomadaire, d’autant plus que sa chère Polly est partie en voyage en France, avec une amie, que Jim flaire des événements bizarres, notamment lorsqu’il est question d’héritage ou de vente de charité trop bien ordonnée. L’enquête policière est secondaire, et c’est plutôt l’ambiance qui m’intéresse dans ce roman. Il faut pourtant reconnaitre que Koko est un enquêteur hors-pair – il a juste des difficultés à témoigner au tribunal, surtout quand le crime est trop parfait.

Le chat qui avait un don fut un agréable moment de lecture, que je compte prolonger en me replongeant dans les autres tomes de la série.

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Week-end en famille de François Marchand

édition Le cherche-midi – 110 pages.
Merci à Catherine du blog La culture se partage d’avoir fait voyager ce livre jusqu’à moi.

Quatrième de couverture :

Faire la connaissance de ses beaux-parents n’est jamais chose facile. Surtout s’ils habitent en Samouse, région que le jeune marié va apprendre à connaître le temps d’un week-end interminable. Dès le vendredi soir, il lui est évident que cela se passera mal. Mais jusqu’à quel point? Et l’impulsivité dont il fera preuve est-elle due à son état psychologique déjà bien dégradé ou à la rencontre de plein fouet avec cette diabolique région? Son objectif de départ – limiter les dégâts – finira par faire place à une exaltation mystique qui culminera le dimanche, jour du Seigneur. Un roman désopilant, un jeu de massacre permanent où tous les mauvais sentiments sont mis à l’honneur.

Mon avis :

Vous n’aimez pas l’humour noir ? Alors fuyez ! Vous risquez d’être gravement choqué à la lecture de ce livre.

Prenons simplement le narrateur. Il est formidable – formidablement détestable. Nous ne savons ni son nom, ni son âge, nous savons simplement qu’il exerce la belle profession de juriste à Paris, qu’il habite à dix minutes à pied de son lieu de travail et qu’il revient de Las Végas. Là, il a perdu beaucoup d’argent et surtout, il s’est marié avec sa compagne Aurélie, 25 ans, diplômée en communication et effectuant un travail « de communication » dans le monde du spectacle.  Autant dire qu’il considère très vite qu’il a commis une grosse erreur.

Pire : ils partent en week-end dans le but qu’Aurélie présente son mari à sa famille – et là, je me dis qu’il y a anguille sous roche, car il est franchement rare de ne pas connaitre, si ce n’est la famille entière, du moins les parents de sa femme. Ne se connaitraient-ils pas depuis longtemps ? Ou bien Aurélie est tellement prise par son merveilleux métier qu’elle n’a pas le temps de voir ses parents ? Quelles que soient les causes, voilà nos deux tourtereaux en route pour la Samouse (nom d’une rivière des Cévennes).

Je ne sais pas ce qui était prévu, mais ce qui arrive dépasse de loin les cauchemars les plus fous. Il faut dire que le narrateur est le prototype même du parisien méprisant tout ce qui n’est pas Paris, et du misogyne jugeant sévèrement les femmes – y compris la sienne. Il faut dire aussi qu’il est particulièrement gâté dans ses visites touristiques, entre les vide-greniers, le passage obligé par les grandes surfaces pour apaiser sa tendre moitié, le déjeuner en famille, pour rencontrer les cousins et des discussions hautement philosophiques. J’ai franchement ri aux éclats à certains passages, car en dépit du cynisme du narrateur, certains travers sont finement observés (ah ! les belles zones commerciales).

Si j’ajoute que le dénouement est surprenant, et que  l’exercice est parfaitement maîtrisé, vous comprendrez que j’ai beaucoup aimé ce livre et que je vous le recommande.

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Le sceau de Vladimir d’Elena Arsénéva

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Quatrième de couverture :

La Russie du Xie siècle à travers les aventures du boyard Artem, proche conseiller du prince Vladimir. Un drame inaugure l’odyssée : le Garde des livres du prince de Rostov est assassiné au cours d’une mission à Zalessk. Vladimir l’avait chargé d’acquérir plusieurs livres grecs fort rare, allant jusqu’à lui confier son sceau personnel.
Dérobé par les meurtriers, le sceau du prince peut se transformer entre leurs mains en une arme redoutable. Ce crime odieux devient dès lors une affaire d’Etat. Fort de son expérience de guerrier et de son habileté diplomatique, Artem, chef des droujinniks, mène l’enquête. Ses investigations le conduiront dans les ruines Berendeï, lieu maudit selon une vieille croyance païenne, un lieu pourtant où Artem ne fera pas que de mauvaises rencontres…

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Mon avis :

Vous me connaissez suffisamment pour savoir que je ne fais pas les choses dans l’ordre, et après avoir lu les tomes 2, 3 et 4 des aventures du Boyard Artem, je lis maintenant… le premier.

Dès ce tome, Artem est immédiatement sympathique.  Mal remis d’une blessure au genou, il n’en est pas moins l’homme de confiance de Vladimir, celui qui est chargé de la délicate mission de retrouver son sceau – sans doute déjà tombé en de mauvaises mains. Le monastère où il enquête avec ses deux fidèles Varlets a beau être au coeur du christianisme, le paganisme a encore de beaux jours devant lui, comme le montre la survie des croyances autour du mystérieux trésor des Berendeï, gardé par les non moins mystérieux fantômes de ce peuple, décimé par une épidémie.

Si Vladimir est un peu en rentrait dans ce premier tome, il le sera moins dans La parure byzantine d’Elena Arseneva , Artem apparaît déjà comme un personnage profondément humain, et donc profondément attachés aux autres êtres humains, quel que soit leur âge ou leur place dans la société.  Homme de devoir, il tente tout pour mener à bien les missions qui lui sont confiés, et pour tenir les promesses qu’il a faites. Phrase sybilline, s’il en est : elle prend tout son sens lors du dénouement.

 

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Rébus et le loup-garou de Londres

Rébus loupRésumé :

Un tueur en série sème la terreur à Londres. Parce que sa première victime a été retrouvée dans Wolf Street (rue du Loup), parce qu’il laisse une morsure sur le ventre des femmes qu’il assassine, la presse l’a baptisé le Loup-Garou.
La police londonienne fait appel à John Rébus, bombardé expert ès tueur en série depuis l’affaire de l’étrangleur d’Edimbourgh. Rébus n’a pas trop le choix, il accepte la mission, en se demandant bien ce qu’il peut réellement faire pour coincer ce tueur en série.
Mon avis :
Je n’avais pas lu de roman de Ian Rankin depuis longtemps, et c’est un regret. A chaque fois, cette lecture est un grand plaisir, à chaque fois, j’ai envie de me replonger dans une autre enquête et à chaque fois, j’attends.
Il s’agit ici d’une des toutes premières enquêtes de Rébus, parachuté à Londres par on ne sait quel miracle – ou plutôt catastrophe. Il saura à la fin ce qu’il fait là, d’ailleurs, réellement. Premier fait : s’adapter au parler londonien. Rébus parle avec un accent écossais  à couper au couteau, et force lui est de constater qu’il n’est pas du tout confronté au même soucis à Edimbourgh que ces collègues de Londres.
Pour coincer le tueur, toutes les méthodes sont essayées, y compris celle du profilage psychologique, nouvelle pour l’époque – autant dire que les policiers ne vont pas en faire grand cas, et je ne peux pas vraiment leur jeter la pierre, une fois le livre refermé. George, l’enquêteur londonien, préfère s’en tenir aux preuves matérielles, à l’expérience des médecins légistes qui travaillent avec lui, aux tuyaux donnés par ses indics plutôt qu’à des spéculations.
Rébus, lui, essaie toutes les méthodes, mélangeant excès de confiance envers certains, et excès de méfiance envers d’autres. Cependant, même quand il fait confiance, il ne peut empêcher sa nature de flic de refaire surface, de lui faire remarquer des petits faits qui ne collent pas avec les autres. Rébus est un policier dont l’esprit n’est jamais en repos.
Quant au tueur, je dois dire qu’il ne m’a pas du tout intéressé. Il est vraiment un personnage basique, uniquement préoccupée par l’assouvissement de ses pulsions, sans se préoccuper des victimes (il ne manquerait plus que cela), menant sa vie publique sans soucis. Lui trouver des excuses dans son passé ? Même pas – à mes yeux du moins. Je ne crois pas que Rébus lui en trouve non plus, et je partage son avis sur un point (je spoile un peu) : les oeuvres d’art peuvent être restaurées, les vies humaines prises par le tueur, non.
A bientôt pour une nouvelle enquête avec John Rebus.
Challenge petit bac par Enna

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Meurtre au champagne d’Agatha Christie.

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édition Le livre de poche – 244 pages.

Mon résumé :

La très belle Rosemary est morte au cours de son dîner d’anniversaire. L’enquête a conclu au suicide, causé par une dépression due à la grippe dont a souffert la jeune femme (comme quoi, une grippe, c’est dangereux).  Elle laisse derrière elle son mari George, et sa jeune soeur Iris, dix-sept ans, qui se rend compte qu’elle ne connaissait pas vraiment son aînée, si belle, si choyée par sa mère, et qui préférait sa vie mondaine à sa jeune soeur. Elle s’interroge d’autant plus que George, son beau-frère a reçu des lettres anonymes affirmant que Rosemary a été assassinée. Comment découvrir la vérité ?

Avertissement :

Cette enquête a des traits communs avec une nouvelle mettant en scène Hercule Poirot, L’iris jaune, mais ce roman ne voit apparaître ni Hercule Poirot, ni Miss Marple.

Mon avis :

Ce roman n’est pas une des oeuvres majeures d’Agatha Christie, mais elle reste un roman de qualité, agréable à lire.  La reine du suspense sait ce qu’écrire veut dire.

L’intrigue nait, comme souvent chez Agatha, au coeur du cercle familial. Et quel cercle familial ! Il faut remonter une génération plus tôt pour comprendre la situation actuelle, éminemment romantique. Un homme aimait une femme, et elle en aimait un autre, qu’elle épousa. Cet homme, ni jaloux, ni vindicatif, un être rare en somme, légua toute sa fortune à la fille aînée de sa bien-aimée, sans susciter autre chose qu’une profonde admiration. Cette enfant, Rosemary Marle donc, parcourt la vie entre cocktail, bal, réception mondaine – le bonheur. Elle a une vieille tante veuve d’un homme d’église, épousé sur le tard. Elle a un fils unique, Victor, la brebis galeuse de la famille. Pauvre chéri ! Ce n’est pas sa faute, c’est un artiste incompris, un entrepreneur qui manque de chance, un associé floué, qui menace de se suicider à chaque fois qu’il a des ennuis. Bon fils, il prévient toujours maman avant – le temps qu’elle réunisse l’argent nécessaire pour le sauver.

Il ne manque à ce tableau que deux personnages : le mari et la jeune soeur. Le mari, c’est George. Tous se demandent comment cet homme si gentil, si prévenant, si peu romanesque a réussi à séduire Rosemary – on le saura, je vous rassure. Il est plus âgé, il est rassurant, il a une bonne situation, mais il n’est pas aussi aisé que sa femme. Ses défauts sont peut-être un excès de confiance en ces proches et une imagination mal canalisée.

Iris est l’antithèse de sa soeur. Elle n’a pas sa beauté, elle n’a pas eu autant d’attention de la part de sa mère. Elle est cependant sensible et intelligente – qualités qui font défaut à sa soeur.

Le mot est dit : Rosemary est bête, mais d’une bêtise rare, et curieuse à observer. S’ajoute à cette bétise une indifférence complète pour tout ce qui n’est pas elle-même qui la condamne sans qu’elle s’en rende compte. Ecoutez-la parler, c’est merveilleux : même quand elle dialogue, elle monologue toujours. Elle ne fait pas le poids face à n’importe quel assassin doté d’un minimum d’intelligence et d’organisation.

L’auteure rappelle un axiome : l’enquête doit être laissé à des professionnels, non à des amateurs qui risquent gros, très gros à défier quelqu’un qui a déjà tué, et n’a donc plus rien à perdre. Arrêter un assassin, c’est aussi empêcher d’autres crimes d’être commis – pour le même mobile que le premier, ou simplement pour empêcher le premier d’être découvert.

Meurtre au champagne comporte aussi deux belles histoires d’amour passionnée – saurez-vous les reconnaître ?

Challenge petit bac par Enna

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L’amour sans le faire de Serge Joncour

 

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Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c’est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s’appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d’y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre.  » On ne refait pas sa vie, c’est juste l’ancienne sur laquelle on insiste « , pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d’un enfant de cinq ans,  » insister  » finit par ressembler à la vie réinventée. L’ amour sans le faire, c’est une histoire de la tendresse en même temps qu’un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer – et pourquoi pas à renaître.

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Mon avis :

Touchant est le premier mot qui me vient à l’esprit pour qualifier ce livre. L’amour sans le faire raconte simplement une histoire d’amour et de tendresse. Dans le même temps, je lis un autre livre qui aborde les mêmes thèmes, et qui pâtit de la comparaison.

En effet, Franck, après avoir surmonté un coup dur (nous comprenons qu’il a été gravement malade), après s’être résigné à sa solitude, après sa séparation d’avec sa compagne,  décide de renouer avec ses parents, qu’il n’a pas vu depuis dix ans, depuis le jour où il est venu leur réclamer sa part d’héritage, creusant ainsi le fossé entre lui, le citadin, le reporter, l’homme d’images, et eux, ancrés à leur terre et à leurs souvenirs. Tout a changé depuis son départ, mais pas comme il le pensait. Ce petit coin du Lot est devenu tellement isolé que même le car ne le dessert plus. La ferme, si elle semble de prime abord à l’abandon, contient pourtant des trésors de modernité : un écran plat, un portable… Franck doit redécouvrir ses parents qui ont continué à vivre – sans lui – qui ont évolué – sans lui, et surtout sans son frère Alexandre.

On pourra objecter que les thèmes utilisés sont classiques : drame familial (la mort d’Alexandre est-elle un accident ? un suicide ?), secret de famille, non-dits, que l’on doit plus à la pudeur, à la compréhension tacite qu’à la volonté de ne pas voir les choses en face. Pudeur : tel est vraiment le maître mot de cette oeuvre, rencontre entre trois solitudes qui s’apprivoisent mutuellement, Franck, convalescent sans le dire, Louise, femme d’un seul amour, et Alexandre, ce fils envers lequel elle a du mal à exprimer son amour.

Le roman est aussi ancré dans la réalité sociale, sans être pesant. A l’heure des fermetures, des restructurations, de la PAC (tiens, les médias n’en parlent presque plus), la solidarité n’est pas lettre morte, même si la tentation du chacun pour soi est là, et bien là.

L’amour sans le faire est une agréable découverte littéraire

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Vert Palatino de Gilda Piersanti

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Quatrième de couverture :

Printemps 2001. Sous une pluie torrentielle, le cœur de Rome bat au rythme de la Coupe d’Italie qui divise les supporters enfiévrés. Une effervescence partagée par les services de police mais pour d’autres raisons : un membre d’un réseau pédophile vient d’être assassiné, et la petite Sara est portée disparue. Suivant son instinct en dépit de sa hiérarchie, l’inspecteur Mariella De Luca recoupe les indices dont elle dispose. Tout semble la ramener à la Corviale, immense bâtiment situé à la périphérie de la cité et à la colline du Palatino, théâtre de fouilles archéologiques pas comme les autres…

Merci à Fersenette de m’avoir offert ce livre.

Mon avis :

Je sais que je ne fais pas les choses dans l’ordre – mais quelle importance, après tout ? Je chronique le tome 2 alors que j’ai déjà lu tous les tomes suivants parus à ce jour.

Vert Palatino se passe au printemps, un printemps en apparence festif puisque le commissariat vit au rythme des matchs de football, des cris des supporters, des déferlements de joie quand l’équipe chérie gagne enfin. Tant de joie pour compenser des enquêtes particulièrement sombres. Mariella Del Luca enquête sur un meurtre, qui la met sur la piste d’un réseau de pédophile particulièrement actif. Une autre enquête la monopolise pourtant. Si elle n’est pas officiellement chargée de la disparition de la petite Sara,  elle va sur le terrain et cherche à comprendre ce qu’il est advenu de la petite fille, qui grandissait, heureuse, dans une cité populaire de Rome (la photo de la Corviale est présentée au coeur du roman). Le quartier a mauvaise réputation, mais ceux qui y vivent valent mieux qu’elle.

Dès cette enquête, Gilda Piersanti aborde les thèmes qui lui sont chers : les relations mère/fille, de l’amour absolue à la haine pure, la maltraitance et les violences commises sur les enfants, la violence faite aux femmes, le fossé (pour ne pas dire plus) entre les classes sociales. Le vernis de respectabilité posé par les grands bourgeois s’effritent peu à peu, pendant l’enquête acharnée menée par Mariella – qui paie de sa personne les erreurs qu’elle commet.  Cette enquête voie apparaître dans sa vie deux personnages qui compteront énormément, Paolo Ronca et Silvia Di Santo.

Vert Palatino est un roman très différent de Rouge abattoir, plus abouti, moins brouillon. Le dénouement apporte les solutions aux énigmes, mais pas l’apaisement pour les protagonistes des deux affaires.  Bref, Vert Palatino est un roman très réussi.
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Dans le ventre de la montagne de Marie-Hélène Delval.

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Mon résumé :

Dhydra et son fils Cham sont toujours en fuite, ils sont trouvé refuge dans les Mornes Monts. Mais il leur faut avancer, et reprendre la route vers Nalsara. Ils doivent alors s’enfoncer dans le ventre de la montagne.

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Mon avis :

Je ne chronique pas tous les tomes des Dragons de Nalsara, mais là, avec la quinzaine de l’imaginaire organisé par Aymeline et la fin du challenge Dragon, je présente les tomes que je suis en train de lire.

Je vous avoue que, même si la lecture est plaisante, je commence un peu à trouver le temps long – matérialisation de la progression laborieuse de Dhydra et de son fils. Voici déjà un mois que Cham et sa soeur ont été séparés, un mois que Nyme et son père se languissent dans la forteresse du roi Bertram, et voici plusieurs tomes consacrés à ce seul mois.  Même si l’auteur manie très bien l’art de l’ellipse, j’ai tout de même senti des répétitions et aussi un certain manichéisme. Même si l’écriture est de qualité, nous restons dans le domaine de la fantasy jeunesse, et les personnages ne progressent pas vraiment. Ah si, Cham a commis une gaffe dans le tome précédent (comme souvent les garçons dans les livres de fantasy jeunesse) et il faut espérer qu’il saura tirer partie de ses erreurs. Il découvre aussi l’amour, avec Igrid, comme les héros de littérature jeunesse fantasy (oui, moi aussi je me répète).

Ce livre marque la fin d’un cycle : j’ai déjà commencé la lecture du tome suivant.logo-15aine-imaginaire

Lily Bard, tome 3 de Charlaine Harris

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Mon résumé :

Voici plus de quatre ans que Lily Bard a quitté sa ville natale pour Shakespeare. Elle y revient pourtant, afin d’être la demoiselle d’honneur du mariage de sa petite soeur, 27 ans, infirmière. Rien ne se passe comme prévu. Mais que pouvait vraiment prévoir Lily Bard.

Avertissement :

Sur mon blog, j’écris mon avis personnel (oui, je sais, c’est un pléonasme). Si je vois les choses d’une certaine manière, si je remarque des détails auxquels certains n’ont pas fait attention, je ne vois pas où est le problème. Cela m’en avait pourtant posé quelques-uns lors du premier billet des aventures de Lily Bard.

Avertissement n°2 :

Oui, je sais que les aventures de Lily Bard sont des daubes. Je n’ai pourtant pas résisté à la tentation de demander le tome 3 à Syl pour le swap Noël organisé par Asphodèle. Etre méchante, de temps en temps, cela fait du bien. Puis, je ne pense pas faire baisser les ventes de livres de Charlaine Harris avec cet avis.

Mon avis :

Si vous avez poursuivi jusque là, vous êtes averti : je ne serai pas tendre. Certaines personnes me diront : « mais c’est merveilleux de voir à quel point Lily s’est bien remise de ce qui lui est arrivé il y a quatre ans ». Oui, c’est mer-veil-leux, je ne dirai pas le contraire, sauf que ce serait vraiment merveilleux s’il y avait une analyse sérieuse de la manière dont elle a surmonté son traumatisme, alors que pour sa famille et ses proches, ce n’est pas forcément gagné. Je dirai même que ses proches ne font que répéter les mêmes attitudes depuis quatre ans – voisins compris. Il faudrait une thérapie de groupe pour toute la ville. Là aussi, il y aurait eu l’occasion de décrire l’ambiance pas très saine d’une petite ville qui se repait du seul scandale auquel elle a fait face depuis quatre-vingts ans. Raté.

La petite soeur de Lily, je l’adore ! Sept ans qu’elle fréquente Dill (sept ans !), un séduisant veuf père d’une petite fille Anna, et maintenant qu’elle est à deux doigts de se marier, rien ni personne n’empêchera la cérémonie de se produire. Elle et Lily trouvent le médecin qui l’a mis au monde assassiné sauvagement ainsi que l’infirmière ? Elles se remettent très vite, elles ont du sens pratique (ce n’est pas moi qui le dis, c’est Lily). La sœurette découvre la jeune femme qui était sa propriétaire, jeune maman qui plus est, sauvagement assassinée (comment, je me répète ?). Elle songe trente secondes à annuler le mariage, et puis non, ce serait trop bête. D’ailleurs, il a tant été question du mariage, des préparatifs du mariage, des longues listes de cadeaux reçus, de la répétition de la cérémonie, que j’ai été presque étonnée qu’il survienne enfin, ce mariage ! A croire que nous étions plus dans la chick-litt que dans la littérature policière.

Non, parce que vous vous doutez bien que tous ces crimes, Lily va contribuer  à les élucider avec l’aide de Jack son amoureux de détective. Lui n’est pas ici pour le mariage, enfin, pas seulement : il enquête sur la disparition d’une petite fille, huit ans plus tôt. Quelle coïncidence ! Elle pourrait être tout près d’ici, puisque trois gamines dans l’entourage de Lily ont l’âge de la jeune disparue. L’une des candidates n’est autre qu’Anna, fille unique de Dill dont la maman s’est suicidée quand elle avait un an.  Les deux autres fillettes viennent tout juste d’être promues au rang de grande soeur, et cette promotion ne leur plaît pas forcément.

Que dire de plus ? Que le roman est un ramassis de cliché ? Que les sujets, très forts, traités dans ce livre auraient mérité largement mieux ? Il n’est que deux manières de le lire, soit s’en amuser (c’est ce que j’ai fait), soit s’énerver (mention spéciale sur le suicide, en plus de tout le reste). Le racisme est toujours présent, plus discrètement que dans les précédents volumes et la violence, aussi.

Dernier point : Noël approche, et le cadeau de Lily à Jack est particulièrement… Je vous laisse juge. Bizarrement, toutes les femmes que je connais qui ont fait cela n’ont pas considéré que c’était un cadeau… c’est peut-être ce qui sépare la France des États-Unis.

Chroniques du monde émergé, tome 1

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Synopsis :

Nihal est une jeune fille très étrange : oreilles pointues, cheveux bleus, yeux violets tout la distingue des autres habitants du Monde émergé. Fille d’un célèbre armurier, elle passe son temps à jouer à la guerre avec une bande de garçons. Mais la nuit, des voix plaintives et des images de mort hantent l’esprit de Nihal. Et lorsque le terrible Tyran envahit La Terre du Vent, elle comprend que ses cauchemars sont devenus réalité. L’heure du véritable combat a sonné. Nihal doit devenir une vraie guerrière et défendre la paix, à tout prix. Ses seuls alliés : Sennar, le jeune magicien, et une infaillible épée de cristal noir.

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Mon avis :

Ce livre était dans ma PAL depuis un temps certain. Une lecture commune, organisée sur Livraddict, a été pour moi l’occasion de l’en sortir.

Le premier constat est que ce fut une lecture agréable, dans cet univers où les dragons servent de fidèles montures aux cavaliers. J’ai aimé que les aventures de Nihal et de Sennar nous fassent découvrir cet univers singulier. J’ai aimé les péripéties, nombreuses, et la prise de risque engendrée par certains rebondissements (la disparition d’un personnage qui me semblait un adjuvant essentiel pour l’héroîne).

J’ai beaucoup aimé lire ce texte, et lirai la suite sans problème,mais je dois dire que la structure du roman est très classique. Nous avons d’un côté une enfant, puis une jeune fille très différente des autres – ne veut-elle pas devenir chevalier ? – qui se retrouve presque seule contre toute à combattre un puissant tyran. Je ne sais pas si ce fut le cas pour touts les lecteurs, mais j’ai sérieusement pensé aux chevaliers d’émeraude en découvrant ce schéma. De l’autre, nous avons ce fameux Tyran qui ne cherche qu’à accaparer plus de terres, et à soumettre davantage de population. Rien de nouveau sous le soleil (littéraire) donc. Pourtant, j’ai trouvé Nihal très attachante, par ses défauts même qui n’en font pas une héroïne lisse comme on en rencontre trop souvent. Elle prend des risques – trop sans doute, car elle n’est pas seule en cause – mais qu’a-t-elle réellement à perdre, elle qui sait qu’elle n’a plus rien, ou presque. Son dragon lui était (pré)destiné et j’ai beaucoup aimé leur rencontre.

Chronique du monde émergé, en dépit de sa structure classique, est une saga attachante, qui donne envie de poursuivre son chemin en compagnie de son héroïne.

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