Archive | janvier 2013

Une vie de dragon de Joana Olech

dragonPrésentation de l’éditeur :

«Debout dans la baignoire, mon frère était en train de se savonner es oreilles lorsque soudain, il a vu une tête de dragon sortir du trou du lavabo, depuis ce jour-là, Pompon est devenu notre plus grand secret.»
C’est la panique dans la famille Zinzin ! Un petit dragon s’est installé chez eux et est bien décidé à faire savoir qui est le chef dans la maison.
Il occupe la salle de bains pendant des heures, fait peur au chien de la voisine, mange des pizzas aux mouches et utilise l’ordinateur du père.
Avoir un dragon d’appartement n’est vraiment pas de tout repos ! Et il est bien difficile de préserver un tel secret…

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Mon avis :

J’ai acheté ce livre au salon du livre de Montreuil, non pour obtenir une dédicace, mais parce que le sujet et l’objet-livre lui même me plaisait. Puis, ce n’est pas tous les jours que je lis de la littérature jeunesse polonaise.
Tout d’abord, et bien que le livre soit relativement contemporain (2008), la vie quotidienne de Mawlina et de son frère est éloignée de la nôtre, ou du moins, de celle qui est présentée dans les romans destinés à la jeunesse. Ils ont la télévision (et oui, il est possible de regarder la télévision en famille, et non seul dans sa chambre, sur son ordinateur), ils sont fans de l’équipe de foot de Cracovie (surtout le père et le frère), ont un ordinateur mais ils ne passent pas leur temps collé à leur téléphone portable, ou à tchatter avec leur copain sur Internet, ils prennent encore le temps de se parler (ou pas, dragon oblige) ou d’aller les uns chez les autres. De même, ils font des sorties en famille – et oui, la famille n’est ni divorcée, ni recomposée, les deux parents travaillent, bref, nous sommes éloignés au possible de ce que la littérature jeunesse française peut nous offrir actuellement.
Reste le gros problème qui se pose à cette famille : le dragon. Un dragon qui parle, en plus, et très disposé à rester chez eux, tout en accomplissant quelques bêtises, par-ci, par là. Il est la vedette de ce roman, puisqu’il est quasiment le seul, en dehors de ses compagnons à poils ou à écailles à être dessiné, dans des positions souvent évocatrices des catastrophes qu’il a pu provoqués.
Mettons-nous à la place de la famille Zinzin : ce n’est pas facile tous les jours de prendre soin d’un dragon, de le nourrir, de le distraire, voire même de le promener !  Ce n’est pas facile de le laisser seul, toute la journée ! Ce n’est pas facile non plus d’éviter de parler de dragons légendaires, injustement massacrés (là, nous avons seulement le point de vue de Pompon). Cependant, il faut bien avouer que ses connaissances en sciences naturelles sont bien utiles pour rédiger des devoirs – et d’autres choses encore.

Drôle et bien construit, une vie de dragon réjouira les jeunes lecteurs et les fans de dragons hors du commun.
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Le loup dans la bergerie de Gunnar Staalesen

loupQuatrième de couverture :

Varg Veum, ancien salarié à la protection de l’enfance de la ville de Bergen en Norvège, est devenu détective privé après avoir été remercié pour avoir eu la main lourde sur un type qui prostituait une gosse en perdition. Les affaires ne vont pas fort. La police officielle ne l’aime pas. Divorcé, il refuse toutes les affaires sentimentales et s’en console à l’aquavit.
Jusqu’au jour où un avocat de renom lui demande de suivre son épouse pour un constat d’adultère. Ce que Veum refuse, il l’accepte le lendemain quand un autre homme se présente avec le même portrait de femme en lui demandant de retrouver sa sœur perdue de vue…

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Challenge petit bac par EnnaLogo-Sharon

 

 

 

Mon avis :

Comment me réconcilier avec la littérature policière norvégienne et me faire passer un très bon moment de lecture ? En découvrant l’oeuvre de Gunnar Staalesen !
Ne vous fiez pas à la date donnée parfois, par l’éditeur : ce roman date des années 70, et le fait de le savoir d’entrée de jeu empêche certaines déconvenues. Et oui, le privé ne peut pas se servir de son portable pour prévenir les secours, puisqu’il n’en a pas. Il ne peut pas faire une recherche rapide sur Internet pour tout savoir sur ses clients potentiels – et ses dossiers sont désespérément vides parce qu’il n’a pas d’affaires, non parce qu’il a tout informatisé. De même, une femme qui veut changer d’apparence ne testera pas une nouvelle coupe de cheveu, une nouvelle coloration : elle portera une perruque.
Il y a du Nestor Burma, l’un de mes détectives préférés,dans ce Varg Véum. Lui aussi pratique une ironie mordante, y compris envers lui-même. Lui aussi a un léger souci pour régler ses factures, qui s’entassent les unes sur les autres avec une régularité confondante. Aussi, quand une affaire se présente, il est étonnant de le voir refuser cette manne providentielle, au nom de son éthique. Il est encore plus étonnant de le voir se faire proposer la même affaire, quelques jours plus tard, non plus par le mari de la jeune femme, mais pas son frère. Là, Varg cède, parce qu’il est un tendre, au fond – et parce que les factures ne se règleront pas toutes seules.
Naïf, Varg ? Un peu seulement. Pas au point de se rendre compte qu’il s’est mis lui même dans un beau guépier, lui que la police n’apprécie guère. Pas au point de ne pas tout tenter pour trouver le vrai coupable. Au passage, il découvrira ce qui se cache derrière la respectabilité de certaines façades, bien que lui n’avait plus guère de doute, après son passage à la protection de l’enfance. Il restait peut-être encore quelques illusions au lecteur.
Le loup dans la bergerie est une très belle rencontre livresque, et j’ai très envie de découvrir d’autres titres de cet auteur.
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Le cérémonial des ombres de Michel Honaker.

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édition Flammarion, collection Tribal – 256 pages.

Présentation de l’éditeur :

« Dès l’instant où le professeur Graymes, alias le Chasseur Noir avait vu les deux jeunes gens disparaître dans l’immeuble éventré, un mauvais pressentiment s’était fait jour en lui. Ces vieilles sensations, encore… Elles étaient donc impossibles à museler ? De vieux chants rituels étouffés par le lointain passé et chargés de maléfices reviennent à ses oreilles. »
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Mon avis :
Je pourrai commencer cet article en disant que je suis en retard, ce qui est vrai : j’ai eu du mal à me fixer sur un livre pour le défi Un mot des titres, et c’est presque par hasard que je me suis fixée sur celui-ci, tome 2 d’une saga acquise samedi.
Dans cet opus, oeuvre de Michel Honaker, je retrouve toutes les qualités d’écriture que j’apprécie chez cet auteur. Je retrouve aussi une intrigue sombre, dans laquelle la frontière entre bons et méchants est beaucoup plus ténue qu’on ne le croit.
Laissez-moi d’abord vous présenter le héros, le chasseur noir, qui doit racheter dans cette vie ces fautes passées, sous peine de damnation. Ne cherchez pas un justicier qui s’applique à répandre le bien autour de lui. Il n’est pas un justicier, il est pire. Il est surtout, au début de l’oeuvre, au bout du rouleau, sans plus aucune envie de se remettre à la tâche. Il faut dire que sa dernière mission, dans un New York en proie à toutes les violences, tient plus du fiasco que de la pleine réussite. Je vous rassure tout de suite : il se ressaisira, le tout est de savoir s’il pourra être d’une quelconque utilité pour arrêter ce « tueur » et ses « ombres » si particulières.
Ce qui domine ? Le pouvoir de l’argent. Facile, me direz-vous. Sauf qu’il complique les choses, aide à libérer une personne qui n’aurait jamais dû l’être et ne peut plus rien pour l’empêcher de nuire.
Le second moteur est la peur. Même la chef de l’organisation très puissante à laquelle Ebenezer, notre héros, devrait appartenir, ne veut pas intervenir, ne veut même que personne n’intervienne. Pourquoi lutter quand on est sûr de perdre ? Pourquoi ne pas juste tenter de sauver les personnes qui peuvent l’être, si cela est encore possible.
Perdre, Trevor Meredith et Bob Single, policiers honnêtes, savent eux aussi ce que cela signifie : la mise à la retraite pour l’un, un poste dans le Bronx pour l’autre.S’obstineront-ils à aider le chasseur noir, quitte à se retrouver à faire la circulation dans un carrefour dont les feux sont en panne ? Cette mutation-là ne laisse pas rêveur non plus. La jungle n’est pas l’apanage du continent africain, elle est aussi en plein coeur de New York. La part d’ombre ne peut plus grignoter le soleil, il y a bien longtemps qu’il n’y en a plus.
Le cérémonial des ombres est une oeuvre que j’ai quitté à regret, j’espère que le tome 3 est disponible à la bibliothèque.
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Légendes de la garde, tome 2 : hiver 1152 de David Petersen

hiverQuatrième de couverture :

En ce rude hiver 1152, la Garde doit faire face aux pénuries qui menacent l’existence des souris. Saxon, Kenzie et Lieam, trois gardes parmi les meilleurs, partent à travers les territoires recouverts de neige. Mené par le vieux Celanawe, ils font office de diplomates et tentent d’améliorer les relations entre les différentes cités et la Garde. Mais cet hiver-là pourrait bien être fatal à certains gardes.

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Mon avis :

Encore plus dense, encore plus riche, encore plus enthousiasmant que le premier tome ! Revoici nos chevaliers souris pour de nouvelles aventures – et après lecture du premier tome, je savais très bien que les happy end n’ont pas toujours droit de citer.

Nous retrouvons Celanawe, un guerrier légendaire – et comme tout vrai héros, rares sont ceux qui connaissent sa véritable identité. Bien sûr, on pourra dire que son rôle est relativement classique, puisqu’il sert de mentor au bouillant Lieam, le jeune garde prometteur de l’Automne 1152. Pourtant, il apporte sur les événements qu’ils ont vécus, sur les épreuves qu’ils traversent, sur leurs compagnons même, un regard nuancé qui ne pourra qu’être utile à Lieam. J’aime beaucoup ce personnage pour sa capacité à aller au bout de lui-même, tout en pensant avant tout aux autres. La fin de ce volume constitue un tournant pour lui, et j’espère qu’un tome 3 sera publié un jour.

Je n’oublie pas d’autres guerriers marquants, tels Rand, un personnage comme on en voit peu dans les sagas puisqu’il est resté handicapé après les dernières batailles. Lui plus qu’un autre souffre de cet hiver puisque la nourriture et les médicaments commencent à manquer, et les plus faibles sont les plus menacés.

Ce nouvel opus est l’occasion d’en découvrir davantage sur la guerre qui opposa furets et souris, de découvrir des lieux chargés de souvenirs. Le travail sur les contrastes entre le blanc de la neige et l’obscurité des chemins empruntés est saisissants.

Toujours peu de paroles – mais elles sonnent justes. Toujours ce découpage en chapitres qui permet de faire des pauses dans le récit et de respecter le rythme de parution original. Toujours une réussite.

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Légende de la garde : automne 1152 de David Petersen

automneQuatrième de couverture :

Depuis la nuit des temps, la Garde protège les souris des mille dangers qui menacent leur existence. Trois de ses membres les plus solides, Kenzie, Saxon et Lieam, découvrent lors d’une mission de routine un noir complot ourdi dans la ville de Barkstone. Trop tard ! Lieam est fait prisonnier, les deux autres sont laissés pour mort aux portes de la ville et une armée traîtresse marche déjà vers Lockhaven, la légendaire forteresse de la Garde.

Mon avis (bref) :

Bravo ! Ce livre est très réussi. Lisez-le sans hésiter.

Mon avis (développé) :

Ce livre est une belle découverte pour moi. Tout y est. D’abord, légende de la garde est un très bel objet, au format inhabituel, réalisé avec beaucoup de soin. Ce serait foncièrement inutile si le contenu ne répondait pas au contenant. Les dessins sont très beaux, très riches. Peu de paroles, car les gestes parlent d’eux-mêmes, mais en tête de chapitres, des rappels de ce qui a été vus dans les chapitres précédents, des extraits de guides, de poèmes, qui donnent de la profondeur à ce récit.

Automne 1152 est le premier volume de la série et pourtant, il y a eu une histoire avant que l’intrigue commence, une guerre contre les furets, qui a été gagnée, mais à quel prix. Tout n’est pas tout rose, dans la société des souris, les prédateurs ne sont jamais loin, et les traitres sont dans les rangs. Reste à les démasquer, dans cet univers médiéval très cohérent où n’importe qui peut être soupçonné. Seuls le courage et la cohésion de la Garde peuvent assurer la victoire.

Cohésion ? Oui, mais aussi individualisation de chacun des personnages : il est impossible de confondre Lieam avec Kenzie ou l’intrépide Saxon. Non que Lieam , le plus jeune membre de la garde, ne soit intrépide : il est bien plus !

Je rédige très vite le billet sur le tome 2.

Wonderland de Gilda Piersanti

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Mon résumé :

Mariella Del Luca est en stage à Oxford, où elle prépare le concours de commissaire. Cependant, la mystérieuse disparition d’Alice, une toute jeune adolescente, la rappellera à Rome.

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Mon avis :

Zas ! Je suis toujours aussi accro à cette série, mais alors là, je n’hésite pas à dire que je suis déçue. Tout d’abord, c’est comme si toutes les aventures comprises entre Rouge abattoir et ce volume avaient été balayées : Mariella est retombée dans ses vieux travers, et pas qu’un peu. Elle joue avec le feu, et n’en prend conscience que trop tard. Mariella est appréciée parce qu’elle ne pose pas de questions sur la vie privée des autres. Seulement, entre la discrétion et l’indifférence, il est un pas qu’elle est quasiment sur le point de franchir. Heureusement (pour elle), elle est toujours interrompue au moment où elle se demande si, peut-être, elle ne devrait pas, ne serait-ce qu’un peu, poser des questions …. Quant à sa co-équipière Sylvia, elle est pas pugnace, non, qualité que j’apprécie au plus haut point chez certains enquêteurs que rien ni personne n’empêcheront d’aller jusqu’au bout de leurs investigations, elle est juste entêtée – et l’entêtement est l’une des qualités requises pour nous présenter de futures belles erreurs judiciaires, et permettre au véritable coupable de rester livre.  Pour parler maintenant du récit proprement dit, il parle des travers de notre société actuelle, qui préfère la vie virtuelle à la vie réelle, et peu importe les conséquences. Le virtuel, c’est le nouveau pays des merveilles d’Alice, qui ne reviendra pas forcément de l’autre côté du miroir.

Le récit est parsemé d’ellipses.  C’est bien, mais point trop n’en faut : il est des faits que j’aimerai connaître sans que l’on se contente de me les suggérer !   Quant au dénouement, je n’ose même pas vous en parler, non parce que je vous gâcherai le plaisir de la lecture, mais parce qu’il m’a gâché le plaisir de la lecture !

Je lirai néanmoins le tome suivant, à cause du dénouement de celui-ci.

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Roma Enigma de Gilda Piersanti

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Mon résumé :

Rome, quartier de la Garbatella. Une jeune femme s’écroule devant une boulangerie. Qui a pu vouloir la tuer ? Mariella Del Luca mène l’enquête.

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Mon avis :

Cette fois-ci, peu de temps s’est écoulé depuis la fin de Vengeances romaines : deux mois. Mariella a définitivement rompu avec Paolo et tente de dissimuler un secret à d’Innoncenzo et Silvia. Force est de constater qu’elle est douée pour cela : elle tient ce don de sa mère.

Ce tome commence un peu comme le tome précédent : un meurtre en direct, si ce n’est qu’ici, ce n’est pas une reconstitution pour le cinéma. Nous connaissons donc très vite son mobile et le jeu du hasard : le meurtrier a raté sa cible et tué une innocente. L’auteur construit alors son intrigue sur un paradoxe : le véritable meurtre passe pou une mort naturelle, l’accident est pris pour un crime prémédité. Commence alors une enquête sur des bases faussées, qui prouvent qye quand on cherche, on trouve des mobiles variés et universels. Restent les preuves matérielles (comme dans les Expert) à condition que l’on veuille bien se donner la peine de les examiner et d’en tirer des conclusions réfléchies.

Puis, nous avons le coupable, qui tient une place prépondérante dans ce roman – trop, à mon goût, car sa personnalité me hérisse. Je ne suis pas la seule, car Mariella n’est plus la jeune fliquette inattentive de Rouge abattoir, et se rend compte que quelque chose ne va pas dans son comportement. Dommage qu’elle soit la seule, et que l’entourage de cette personne ne s’en rende pas compte, y compris les personnes dont il abuse de la faiblesse.

Nous ne sommes pas dans « la vraie vie  » car le traitement final qui lui est affligé me paraîtrait peu possible, sauf à risque de gros ennuis à sa hiérarchie. Cependant, ce « traitement » est fort libérateur, que ce soit pour les enquêteurs, d’Innoncenzo en tête, ou pour la lectrice que je suis.

Gilda Piersanti retrouve dans ce roman ces thèmes de prédilection, parmi lesquels les relations mère/fille et mère/fils, égratignant au passage l’image traditionnelle de la mamma italienne. Lancinants, les souvenirs de la seconde guerre mondiale reviennent en force, hantent les vivants, tout comme ses enquêtes précédentes hantent Mariella.

Le roman, qui prend place dans le quartier populaire de la Garbatella, s’ancre également dans la réalité, comme le montre l’épilogue.

En dépit de ses inégalités, je poursuivrai la lecture de cette série.

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La nuit des ondines d’Eléna Arsénéva

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édition 10/18 – 300 pages.

Quatrième de couverture :

Tchernigov, le nouveau fief de Vladimir, se prépare aux festivités de la Saint Jean. Mais Vladimir est parti aux frontières de sa principauté pour lutter contre les Koumans. Mitko et Vassili sont partis guerroyer avec lui, mais Artem, à cause de sa blessure, a dû rester avec Philippos.
Alors que le boyard s’ennuie ferme dans la chaleur étouffante de ce mois de juin, un meurtre lui est signalé. A côté de la victime, ce message succinct « Ondine ». Le premier meurtre d’une liste beaucoup trop longue au goût d’Artem.

Mon avis :

Revoilà le boyard Artem ! Et pour une fois, après Ambre mortel, je lis presque la saga dans l’ordre car nous en sommes au quatrième volume.

La situation est pourtant particulière : les fidèles boyards sont absents, et Artem va devoir enquêter avec son fils adoptif, et il n’aime pas l’idée de faire prendre des risques à son fils – je le comprends. Puis, Philippos, s’il aime à seconder son père, ressent également ses premiers émois pour les jeunes filles qui participent à la fête de la Saint-Jean. IL n’est rien d’anormal la-dedans, et Artem, s’il ressent des émois devant certaines jeunes femmes, s’interdit cependant d’y céder. Il pense à l’avenir, la vieillesse toute proche, et ne veut pas forcer une jeune femme à devenir la compagne d’un barbon – et toutes ne comprennent pas que les repousser maintenant est leur rendre service plus tard.

Alors que la vie devrait être célébrée, c’est la mort et la folie qui sont les invitées de cette fête. Et comment arrêter un meurtrier dont le mobile est impossible à découvrir ? Ni la jalousie, ni l’argent ne motive le criminel, et même si parfois, nous sommes dans ses pensées, ce n’est que pour mieux découvrir la confusion qui règne dans son esprit, sa perception faussée des êtres qui l’entourent.  Si le cheminement qui l’a poussé à tuer une première puis une seconde fois peut être retracé, en revanche je ne peux dire qu’il soit compris, et encore moins justifié. C’est ce qui fait la grande force d’Artem : garder toujours à l’esprit que les victimes sont les personnes à qui la vie a été ôtée, non la personne qui a tué, fut-elle frappée de folie.

Oui, Artem peut se fourvoyer, tant sa colère est grande devant le saccage accompli. Nul n’est à l’abri d’une mauvaise interprétation devant le trouble d’un proche. Cependant, il sait aussi reconnaître ses erreurs et les réparer rapidement, ce qui le rend définitivement attachant.

Bref, encore un moment dans la Russie du prince Vladimir, en compagnie du boyard Artem !

 

Cool de Don Winslow

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Quatrième de couverture :

Cool raconte les débuts des héros déchirants rencontrés dans Savages. Ben le biochimiste pacifique, Chon le mercenaire des guerres au Moyen-Orient, et Ophélia, dite O, la bimbo blonde et si aimante. Le cerveau, les muscles et la beauté. Inséparables, irrésistibles.

Mon avis (attention, la première phrase risque d’énerver certains !) :

Cool est le préquel de Savages, que je ne lirai pas, puisque je sais comment l’histoire se termine.

Ici, nous découvrons comment tout a commencé, pas seulement avec Chon, Ben et O, mais avec leurs parents. Ou comment des hippies qui voulaient changer le monde ont été irrémédiablement changés par celui-ci. Ou comment les plus respectables maisons, les plus respectables situations, les plus respectables familles (les parents de Ben sont psychothérapeutes) dissimulent des investissements rentables, mais peu avouables.

J’ai été charmée par le style, si décalé, par ces constructions de phrase si particulières. Je me suis véritablement laissée emportée par le texte, par ces aller et retour entre le passé et le présent. J’ai aimé le nombre incroyable de référence à l’histoire et à la culture américaines. Peu à peu, j’ai fait le lien entre les trois héros du présent – Ben, Chon et Ophélia – et les hippies du passé, dont certaines étaient déjà bien décidés à s’en sortir, coûte que coûte.

Cool est un roman qui rappelle à quel point il est facile d’abandonner ses idéaux. Si le monde d’aujourd’hui est ce qu’il est, c’est aussi parce que ceux qui disent « c’était mieux avant » n’ont rien fait pour qu’il soit meilleur.

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Les plumes à thème n° 3 by Asphodèle

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Voici ma nouvelle participation pour les plumes d’ . Les mots collectés sur le thème de la liberté sont : choix, devoir, se battre, crime, pingouin, amarres, divorce, étendard, vent, nuage, écrire, aspirer, s’envoler, s’évader, fraternité et mes trois mots en C : Cascade, clameur, Chuchotement(s).

Résumé de l’épisode précédent : Louis est un vampire depuis 322 ans. Il se promène à Saint-Malo. Nous sommes en 2318 (quitte à anticiper…).

–          Et ta femme ? me demande Roof (diminutif de Rufus). Tu n’as jamais été tentée de demander le divorce pour larguer les amarres ?

–          Tu sais très bien qu’elle est la seule personne qui me retienne de sombrer dans le néant. C’est bien pour cette raison que tu l’as métamorphosée elle aussi, non ?

–                 Je te taquine. Comme si j’allais abandonner la mienne.

En trois cents ans, je m’étais fait un devoir de m’habituer à ses plaisanteries, et je n’y arrivais toujours pas.

–                 Je sais très bien, reprit-il, que si tu veux t’évader, tu as le choix : t’envoler dans les nuages et le laisser porter par le vent, ou te rendre sur la banquise du zoo le plus proche. Je ne comprendrai jamais ton amour pour les pingouins, je préfère les chats.

C’est même ainsi qu’il avait rencontré/croisé/séduit sa compagne. Rufus n’avait pas eu une vie sentimentale des plus reposantes. Sa première compagne l’avait quitté pour un autre maître vampire. IL aurait pu se battre pour elle, non. IL a simplement envoyé un parchemin à son rival sur lequel était écrit : « prière de ne pas me la renvoyer en cas de problème ». Sa deuxième compagne le quitta pour incompatibilité de goût du sang (rien de moins). La troisième leva l’étendard de la révolte et se mit en ménage avec une vampirette. C’est son choix, pour citer une émission dont ma belle-sœur était une fan absolue.

Bref, c’est à cette époque qu’il s’est rendu à Saint-Malo pour se remonter le moral et qu’il a réservé un billet pour assister au concert que je n’ai jamais pu donner. Ce crime le mit hors de lui, mon décès aussi, et la suite, je vous l’ai déjà raconté.

Nous en étions là quand un de ses amis (même les vampires ont des amis, la fraternité vampirique existe) le contacta car il avait des petits soucis dans un château bourguignon. Lui-même avait pris femme (vampire) vingt ans plus tôt, ils logeaient… dans le château qui était le sien, ils aspiraient au calme et au repos quand une folle hystérique les découvrit, poussant des cascades de clameur.

Le propriétaire des lieux, dont elle était la fiancée, prit son courage à deux mains, et demanda de l’aide à :

–          sa grande sœur Hectoria.

–          un policier bourguignon.

–          une détectrice de fantômes d’origine écossaise.

J’entends des chuchotements : cette histoire vous dit quelque chose ?