Archive | janvier 2013

Chasseur noir de Michel Honaker

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édition Gallimard – 240 pages.

Présentation de l’éditeur :

 » … D’anciennes légendes parlent de celui qui, pour avoir pactisé avec le Mal, se voit condamné à galoper chaque nuit à la poursuite des démons. Jusqu’à la fin des temps, il se doit d’accomplir sa traque, inlassablement.,. Telle est la malédiction du Chasseur noir.  » Le maire assassiné par envoûtement, un adolescent qui s’adonne à des incantations… Depuis quelques semaines, New York est devenu le théâtre d’événements inquiétants. Alertés, le lieutenant Trevor Meredith et son stagiaire Bob Single mènent l’enquête. Mais ils n’y arriveront pas seuls. Ils ont besoin de l’aide du professeur Ebezener Graymes. Spécialisé en  » Démonologie et Traditions anciennes « , il est également le nouveau régulateur des pratiques occultes, autrement dit le  » Chasseur noir « ..

Circonstance d’écriture :

J’ai lu ce livre avant le tome 2 mais j’ai rédigé cette chronique-ci d’abord, afin de participer au challenge Un mot des titres de Calypso.

Mon avis :

Réussi ? Oui (vous noterez ma forte tendance à rédiger des avis sobres). Sombre ? Complètement.

Nous faisons ici connaissance avec Ebenezer Graymes, le chasseur noir. Ne cherchez pas de l’empathie chez lui, ou une quelconque volonté de faire le bien. Il se définit lui-même comme pire que ce que l’on peut imaginer. Cet homme a cependant une blessure : la mort de son maître, pris par les sables du désert, manière pudique de parler de son assassinat et de la trahison dont il a été victime. Tant pis pour ceux qui prétendraient le contraire.

New York est la proie du chaos, les puissances qui la gouvernent n’ont rien d’humain. Chacun s’essaie à la sorcellerie sans peine, comme si invoquer les démons n’avait strictement aucune conséquence. Les intérêts qui motivent les new-yorkais en revanche rejoignent tout ce que l’humain connait de pire- lutte pour le pouvoir et pour l’argent.

L’intrigue est remarquablement bien menée et réserve un magnifique coup de théâtre final. Il ne faut pas chercher  à piéger le chasseur noir.

PS : oui, je suis toujours à la recherche du tome 3 !

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Rampart street de David Fulmer

 

rampartQuatrième de couverture :

L’armateur John Benedict est retrouvé assassiné dans Rampart Street, l’une des rues les plus malfamées de Storyville, le célèbre quartier chaud de La Nouvelle-Orléans. La police conclut hâtivement que le notable a été la victime d’un maraudeur, mais la famille ne se satisfait pas de cette explication. L’affaire est donc confiée au détective créole Valentin Saint-Cyr, de retour après dix-huit mois d’absence. Il ne tarde pas à comprendre qu’on l’a recruté, non pour découvrir la vérité, mais pour enterrer cette histoire au plus vite. Il n’en faut pas plus pour lui donner envie de creuser davantage, d’autant que la jolie fille de la victime le soutient dans cette démarche.
Plus obstiné et insolent que jamais, le détective se retrouve plongé au cœur d’un drame dont l’origine remonte au passé violent de La Nouvelle-Orléans qui continue d’être déchirée par les antagonismes raciaux.

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Mon avis :

J’ai mis du temps à lire ce livre, non parce qu’il ne me plaisait pas, mais parce qu’il est particulièrement prenant. Ce n’est pas précisé dans le quatrième de couverture – sans doute les fans savaient-ils à quoi s’attendre, pour ma part je découvrais l’auteur avec cet ouvrage -mais l’action se passe dans les années 1910. Aussi, la position de certains personnages est-elle bien différente de ce qu’elle pourrait être aujourd’hui. Ne parlons même pas de la situation de Valentin, créole, donc métis, donc (pour les Blancs) noir, même si cela ne se voit pas (!). Valentin enquête alors que personne n’a envie qu’une enquête soit rouverte. L’affaire est tellement simple : un notable est venu s’encanailler, comme tant d’autres, dans un quartier chaud, il a été détroussé, son voleur l’a tué. Celui-ci est même sous les barreaux. Que demander de plus ? La vérité, tout simplement. Il ne restait à Anne-Marie, fille du défunt, qu’à recruter un détective près à mener l’affaire jusqu’au bout, même si les intimidations sont nombreuses – pour ne pas dire les tentatives de meurtres sur sa personne.

Tous les coups sont permis, personne n’est à l’abri, si ce n’est Anne-Marie, fille de la victime, même s’il se chuchote qu’elle se compromet un peu avec ses sorties inopinées et avec ce détective qu’elle a engagées. Ne profite-il pas de sa faiblesse, d’ailleurs, en se faisant payer pour un crime déjà résolu ? Bien heureux ceux qui croient en sa naïveté, ainsi ils laissent tranquille celle qui en sait bien plus qu’elle ne le dit, même à Valentin. Quant à sa mère, elle vit dans un autre monde, elle qu’une maladie garde sous morphine en permanence – complaisance des médecins ? Voeux de son mari pour qu’elle ne se mêle pas de ses affaires ? Mal de vivre d’une femme que rien ou presque ne retient, pas même sa fille ? Elle apparaît dans le roman comme une présence fantomatique,que plus rien ne concerne en ce bas monde, sauf ses injections quotidiennes.

Elles ne sont pas les seules présences féminines de ce roman : John Benedict avait trouvé ailleurs ce que son foyer ne lui offrait plus depuis longtemps, dans les bras d’une belle quarteronne. Etre domestique ou se prostituer semble être les seules perspectives d’avenir pour les métisses – restent à savoir profiter de la situation, comme le fait la belle Sylvia, et à être discrète. Ses beaux messieurs qui vantent la supériorité de la race blanche n’aimeraient pas que l’on découvre les noires beautés qui sont leurs maîtresses. Ils n’aimeraient pas non plus que l’on découvre comment ils se sont enrichis, comment ils ont acquis la position sociale qui est la leur.

Dans Rampart street, quartier populaire par excellence de la Nouvelle-Orléans, se dénoue une intrigue qui puise ses origines plusieurs décennies auparavant. La justice triomphera-t-elle ? Cela dépend ce que l’on nomme justice.

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Délivrance de Jussi Adler-Olsen

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Quatrième de couverture :

Au fin fond de l’Ecosse, une bouteille ancienne en verre poli est longtemps restée sur le rebord d’une fenêtre. Personne ne l’avait remarquée, pas plus que le message qu’elle contenait. Un message qui commence par le mot Hjœlp, « au secours », en danois, écrits en lettres de sang…
Envoyée par la police anglaise à Copenhague, la mystérieuse missive atterrit entre les mains de Mørck et de son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle provient de deux garçons qui auraient été kidnappés dix ans plus tôt. Chose étrange : leur disparition n’a jamais été signalée…

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Mon avis :

Je sens que je ne vais pas me faire que des amis avec ce billet. En effet, je ne parlerai pas des enquêteurs, attachants, ni de l’intrigue, qui ne vous donne pas envie de lâcher le livre jusqu’à ce que je l’ai terminé et jusqu’à avoir – enfin – une lueur d’espoir.

Je parlerai de religion, ou plutôt des sectes qui sont le sujet principal de ce roman. Mon anticléricalisme ne va pas se trouver améliorer après cette lecture. Je connaissais l’existence de ces communautés repliées sur elles-mêmes, je connaissais l’existence de ces fous de dieu qui oublient que le message principal d’une foi véritable est « aime ton prochain comme toi-même ». Vaste précepte pour ces personnes qui font de leur vie un enfer sur terre, et plus encore celles de leurs enfants.  La véritable note d’espoir serait pour moi qu’ils parviennent à retrouver leur liberté, et parmi tous les personnages croisés dans ce livre, un seul y est parvenu – à quel prix. Je ne dirai pas son nom, pour ne pas dévoiler l’intrigue outre mesure. Je dirai simplement que grâce aux enquêteurs, il fera un nouveau pas vers l’atténuation de sa souffrance – et que grâce à lui, ils ont fait un grand pas dans la résolution de leur enquête.

Carl, Assad, Rose, trois enquêteurs émérites à la vie privée compliquée. Ils ont la politesse de ne pas s’en plaindre, de ne pas se confier non plus les uns aux autres. Je donne une mention spéciale au caractère de Rose, avec lequel les deux autres doivent composer, et pas d’un peu. Il faut de l’acharnement pour trouver le coupable, et sauver ceux qui peuvent encore l’être. N’attendez pas de pitié ou de tendresse pour le meurtrier : ce qu’il a subi dans sa jeunesse ne justifie  pas sa froide cruauté actuelle. Au contraire, il le reproduit, de manière pire encore.

Réussi, ce livre ? Oui. Au point que j’ai envie de prolonger l’aventure avec cet auteur que je ne connaissais pas.
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Une vie de dragon de Joana Olech

dragonPrésentation de l’éditeur :

«Debout dans la baignoire, mon frère était en train de se savonner es oreilles lorsque soudain, il a vu une tête de dragon sortir du trou du lavabo, depuis ce jour-là, Pompon est devenu notre plus grand secret.»
C’est la panique dans la famille Zinzin ! Un petit dragon s’est installé chez eux et est bien décidé à faire savoir qui est le chef dans la maison.
Il occupe la salle de bains pendant des heures, fait peur au chien de la voisine, mange des pizzas aux mouches et utilise l’ordinateur du père.
Avoir un dragon d’appartement n’est vraiment pas de tout repos ! Et il est bien difficile de préserver un tel secret…

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Mon avis :

J’ai acheté ce livre au salon du livre de Montreuil, non pour obtenir une dédicace, mais parce que le sujet et l’objet-livre lui même me plaisait. Puis, ce n’est pas tous les jours que je lis de la littérature jeunesse polonaise.
Tout d’abord, et bien que le livre soit relativement contemporain (2008), la vie quotidienne de Mawlina et de son frère est éloignée de la nôtre, ou du moins, de celle qui est présentée dans les romans destinés à la jeunesse. Ils ont la télévision (et oui, il est possible de regarder la télévision en famille, et non seul dans sa chambre, sur son ordinateur), ils sont fans de l’équipe de foot de Cracovie (surtout le père et le frère), ont un ordinateur mais ils ne passent pas leur temps collé à leur téléphone portable, ou à tchatter avec leur copain sur Internet, ils prennent encore le temps de se parler (ou pas, dragon oblige) ou d’aller les uns chez les autres. De même, ils font des sorties en famille – et oui, la famille n’est ni divorcée, ni recomposée, les deux parents travaillent, bref, nous sommes éloignés au possible de ce que la littérature jeunesse française peut nous offrir actuellement.
Reste le gros problème qui se pose à cette famille : le dragon. Un dragon qui parle, en plus, et très disposé à rester chez eux, tout en accomplissant quelques bêtises, par-ci, par là. Il est la vedette de ce roman, puisqu’il est quasiment le seul, en dehors de ses compagnons à poils ou à écailles à être dessiné, dans des positions souvent évocatrices des catastrophes qu’il a pu provoqués.
Mettons-nous à la place de la famille Zinzin : ce n’est pas facile tous les jours de prendre soin d’un dragon, de le nourrir, de le distraire, voire même de le promener !  Ce n’est pas facile de le laisser seul, toute la journée ! Ce n’est pas facile non plus d’éviter de parler de dragons légendaires, injustement massacrés (là, nous avons seulement le point de vue de Pompon). Cependant, il faut bien avouer que ses connaissances en sciences naturelles sont bien utiles pour rédiger des devoirs – et d’autres choses encore.

Drôle et bien construit, une vie de dragon réjouira les jeunes lecteurs et les fans de dragons hors du commun.
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Le loup dans la bergerie de Gunnar Staalesen

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Varg Veum, ancien salarié à la protection de l’enfance de la ville de Bergen en Norvège, est devenu détective privé après avoir été remercié pour avoir eu la main lourde sur un type qui prostituait une gosse en perdition. Les affaires ne vont pas fort. La police officielle ne l’aime pas. Divorcé, il refuse toutes les affaires sentimentales et s’en console à l’aquavit.
Jusqu’au jour où un avocat de renom lui demande de suivre son épouse pour un constat d’adultère. Ce que Veum refuse, il l’accepte le lendemain quand un autre homme se présente avec le même portrait de femme en lui demandant de retrouver sa sœur perdue de vue…

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Challenge petit bac par EnnaLogo-Sharon

 

 

 

Mon avis :

Comment me réconcilier avec la littérature policière norvégienne et me faire passer un très bon moment de lecture ? En découvrant l’oeuvre de Gunnar Staalesen !
Ne vous fiez pas à la date donnée parfois, par l’éditeur : ce roman date des années 70, et le fait de le savoir d’entrée de jeu empêche certaines déconvenues. Et oui, le privé ne peut pas se servir de son portable pour prévenir les secours, puisqu’il n’en a pas. Il ne peut pas faire une recherche rapide sur Internet pour tout savoir sur ses clients potentiels – et ses dossiers sont désespérément vides parce qu’il n’a pas d’affaires, non parce qu’il a tout informatisé. De même, une femme qui veut changer d’apparence ne testera pas une nouvelle coupe de cheveu, une nouvelle coloration : elle portera une perruque.
Il y a du Nestor Burma, l’un de mes détectives préférés,dans ce Varg Véum. Lui aussi pratique une ironie mordante, y compris envers lui-même. Lui aussi a un léger souci pour régler ses factures, qui s’entassent les unes sur les autres avec une régularité confondante. Aussi, quand une affaire se présente, il est étonnant de le voir refuser cette manne providentielle, au nom de son éthique. Il est encore plus étonnant de le voir se faire proposer la même affaire, quelques jours plus tard, non plus par le mari de la jeune femme, mais pas son frère. Là, Varg cède, parce qu’il est un tendre, au fond – et parce que les factures ne se règleront pas toutes seules.
Naïf, Varg ? Un peu seulement. Pas au point de se rendre compte qu’il s’est mis lui même dans un beau guépier, lui que la police n’apprécie guère. Pas au point de ne pas tout tenter pour trouver le vrai coupable. Au passage, il découvrira ce qui se cache derrière la respectabilité de certaines façades, bien que lui n’avait plus guère de doute, après son passage à la protection de l’enfance. Il restait peut-être encore quelques illusions au lecteur.
Le loup dans la bergerie est une très belle rencontre livresque, et j’ai très envie de découvrir d’autres titres de cet auteur.
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Le cérémonial des ombres de Michel Honaker.

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édition Flammarion, collection Tribal – 256 pages.

Présentation de l’éditeur :

« Dès l’instant où le professeur Graymes, alias le Chasseur Noir avait vu les deux jeunes gens disparaître dans l’immeuble éventré, un mauvais pressentiment s’était fait jour en lui. Ces vieilles sensations, encore… Elles étaient donc impossibles à museler ? De vieux chants rituels étouffés par le lointain passé et chargés de maléfices reviennent à ses oreilles. »
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Mon avis :
Je pourrai commencer cet article en disant que je suis en retard, ce qui est vrai : j’ai eu du mal à me fixer sur un livre pour le défi Un mot des titres, et c’est presque par hasard que je me suis fixée sur celui-ci, tome 2 d’une saga acquise samedi.
Dans cet opus, oeuvre de Michel Honaker, je retrouve toutes les qualités d’écriture que j’apprécie chez cet auteur. Je retrouve aussi une intrigue sombre, dans laquelle la frontière entre bons et méchants est beaucoup plus ténue qu’on ne le croit.
Laissez-moi d’abord vous présenter le héros, le chasseur noir, qui doit racheter dans cette vie ces fautes passées, sous peine de damnation. Ne cherchez pas un justicier qui s’applique à répandre le bien autour de lui. Il n’est pas un justicier, il est pire. Il est surtout, au début de l’oeuvre, au bout du rouleau, sans plus aucune envie de se remettre à la tâche. Il faut dire que sa dernière mission, dans un New York en proie à toutes les violences, tient plus du fiasco que de la pleine réussite. Je vous rassure tout de suite : il se ressaisira, le tout est de savoir s’il pourra être d’une quelconque utilité pour arrêter ce « tueur » et ses « ombres » si particulières.
Ce qui domine ? Le pouvoir de l’argent. Facile, me direz-vous. Sauf qu’il complique les choses, aide à libérer une personne qui n’aurait jamais dû l’être et ne peut plus rien pour l’empêcher de nuire.
Le second moteur est la peur. Même la chef de l’organisation très puissante à laquelle Ebenezer, notre héros, devrait appartenir, ne veut pas intervenir, ne veut même que personne n’intervienne. Pourquoi lutter quand on est sûr de perdre ? Pourquoi ne pas juste tenter de sauver les personnes qui peuvent l’être, si cela est encore possible.
Perdre, Trevor Meredith et Bob Single, policiers honnêtes, savent eux aussi ce que cela signifie : la mise à la retraite pour l’un, un poste dans le Bronx pour l’autre.S’obstineront-ils à aider le chasseur noir, quitte à se retrouver à faire la circulation dans un carrefour dont les feux sont en panne ? Cette mutation-là ne laisse pas rêveur non plus. La jungle n’est pas l’apanage du continent africain, elle est aussi en plein coeur de New York. La part d’ombre ne peut plus grignoter le soleil, il y a bien longtemps qu’il n’y en a plus.
Le cérémonial des ombres est une oeuvre que j’ai quitté à regret, j’espère que le tome 3 est disponible à la bibliothèque.
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Légendes de la garde, tome 2 : hiver 1152 de David Petersen

hiverQuatrième de couverture :

En ce rude hiver 1152, la Garde doit faire face aux pénuries qui menacent l’existence des souris. Saxon, Kenzie et Lieam, trois gardes parmi les meilleurs, partent à travers les territoires recouverts de neige. Mené par le vieux Celanawe, ils font office de diplomates et tentent d’améliorer les relations entre les différentes cités et la Garde. Mais cet hiver-là pourrait bien être fatal à certains gardes.

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Mon avis :

Encore plus dense, encore plus riche, encore plus enthousiasmant que le premier tome ! Revoici nos chevaliers souris pour de nouvelles aventures – et après lecture du premier tome, je savais très bien que les happy end n’ont pas toujours droit de citer.

Nous retrouvons Celanawe, un guerrier légendaire – et comme tout vrai héros, rares sont ceux qui connaissent sa véritable identité. Bien sûr, on pourra dire que son rôle est relativement classique, puisqu’il sert de mentor au bouillant Lieam, le jeune garde prometteur de l’Automne 1152. Pourtant, il apporte sur les événements qu’ils ont vécus, sur les épreuves qu’ils traversent, sur leurs compagnons même, un regard nuancé qui ne pourra qu’être utile à Lieam. J’aime beaucoup ce personnage pour sa capacité à aller au bout de lui-même, tout en pensant avant tout aux autres. La fin de ce volume constitue un tournant pour lui, et j’espère qu’un tome 3 sera publié un jour.

Je n’oublie pas d’autres guerriers marquants, tels Rand, un personnage comme on en voit peu dans les sagas puisqu’il est resté handicapé après les dernières batailles. Lui plus qu’un autre souffre de cet hiver puisque la nourriture et les médicaments commencent à manquer, et les plus faibles sont les plus menacés.

Ce nouvel opus est l’occasion d’en découvrir davantage sur la guerre qui opposa furets et souris, de découvrir des lieux chargés de souvenirs. Le travail sur les contrastes entre le blanc de la neige et l’obscurité des chemins empruntés est saisissants.

Toujours peu de paroles – mais elles sonnent justes. Toujours ce découpage en chapitres qui permet de faire des pauses dans le récit et de respecter le rythme de parution original. Toujours une réussite.

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