Archive | 24 janvier 2013

Haïku du XXe siècle

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Quatrième de couverture :
La présente anthologie propose d’explorer sous toutes ses facettes le renouveau du haiku dans le Japon d’aujourd’hui. Depuis la fracture d’Hiroshima, le haiku se nourrit du désordre des paysages urbains, exploite des gisements inattendus, ausculte l’accélération de l’histoire tout en gardant vivaces la saisissante simplicité et l’exigence d’expression absolue qui le fondent. Renaissant littéralement de ses cendres après le cataclysme, il trouve un nouveau souffle, cherchant un juste contrepoint au kaléidoscope du siècle. En effet, et ce n’est pas là le moindre de ses paradoxes, la forme poétique la plus courte du monde, née sous l’égide de Bashô il y a quelque trois cents ans, semble résonner au mieux avec la sensibilité contemporaine, laquelle privilégie, on le sait, une esthétique de l’instantané. Les 456 poèmes rassemblés dans cette anthologie témoignent d’un exceptionnel foisonnement.
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Mon avis :
Ce recueil est ma deuxième incursion dans ce genre poétique qu’est le haïku. La différence avec le précédent recueil est qu’il s’agit ici de poèmes plus contemporains, puisqu’ils datent tous du XXe siècle, et plus particulièrement de l’après seconde guerre mondiale. La perfection, la sensibilité, l’émotion sont toujours au rendez-vous – l’art d’écrire est intemporel.

Monde lointain
Toujours plus lointain
Dans le soleil radieux.
Mizuhara Shûôshi

Le recueil est lui aussi divisé entre quatre saison, et en une dernière partie hors-saison. J’ai trouvé que ces poèmes étaient sensibles aux petits détails du quotidien, aux petits faits qui paraissent sans importance mais ouvrent des perspectives à l’imagination, ou à la réflexion. Il suffit de quelques mots pour parler de la liberté que l’on ne peut ôter, même à un poète emprisonné :

Même derrière les barreaux

On peut souffler

Des bulles de savon

Hirahata Seîto

Il est question, aussi, de la condition féminine. La difficulté, pour une poétesse, de trouver le temps d’écrire, d’être reconnue. La difficulté d’être mère, aussi. La douleur de perdre l’être aimé :

Robe de soie légère

Plus de bague à mon doigt

Depuis…..

Takahashi Hawajijo

La seconde guerre mondiale est évoqué, tout en discrétion, et en pudeur, pour exemple cet haïku :

Un garçon faisait de l’arithmétique

et pleurait en cachette

cet été-là

Saitô Sankî.

Le soldat américain est présent, ce qu’il a apporté aussi – la mère de Terayama Shûji a trouvé du travail sur une base militaire américaine.

J’ai aimé aussi que les animaux, et sur les chats, fassent leur apparition dans ce recueil. Ils représentent autant l’animal bien réel qu’un symbole :

Longue lignée de voyageur

Un chaton

Ferme la marche

Katô Shûson.

Je m’arrête ici car je n’en finirai plus de citer ses haïkus, tous plus beaux les uns que les autres, mêlant à la fois la tradition et la modernité.  Si vous ne connaissez pas encore ce genre littéraire, n’hésitez plus !

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