Archive | 18 janvier 2013

Le loup dans la bergerie de Gunnar Staalesen

loupQuatrième de couverture :

Varg Veum, ancien salarié à la protection de l’enfance de la ville de Bergen en Norvège, est devenu détective privé après avoir été remercié pour avoir eu la main lourde sur un type qui prostituait une gosse en perdition. Les affaires ne vont pas fort. La police officielle ne l’aime pas. Divorcé, il refuse toutes les affaires sentimentales et s’en console à l’aquavit.
Jusqu’au jour où un avocat de renom lui demande de suivre son épouse pour un constat d’adultère. Ce que Veum refuse, il l’accepte le lendemain quand un autre homme se présente avec le même portrait de femme en lui demandant de retrouver sa sœur perdue de vue…

petit bac

Challenge petit bac par EnnaLogo-Sharon

 

 

 

Mon avis :

Comment me réconcilier avec la littérature policière norvégienne et me faire passer un très bon moment de lecture ? En découvrant l’oeuvre de Gunnar Staalesen !
Ne vous fiez pas à la date donnée parfois, par l’éditeur : ce roman date des années 70, et le fait de le savoir d’entrée de jeu empêche certaines déconvenues. Et oui, le privé ne peut pas se servir de son portable pour prévenir les secours, puisqu’il n’en a pas. Il ne peut pas faire une recherche rapide sur Internet pour tout savoir sur ses clients potentiels – et ses dossiers sont désespérément vides parce qu’il n’a pas d’affaires, non parce qu’il a tout informatisé. De même, une femme qui veut changer d’apparence ne testera pas une nouvelle coupe de cheveu, une nouvelle coloration : elle portera une perruque.
Il y a du Nestor Burma, l’un de mes détectives préférés,dans ce Varg Véum. Lui aussi pratique une ironie mordante, y compris envers lui-même. Lui aussi a un léger souci pour régler ses factures, qui s’entassent les unes sur les autres avec une régularité confondante. Aussi, quand une affaire se présente, il est étonnant de le voir refuser cette manne providentielle, au nom de son éthique. Il est encore plus étonnant de le voir se faire proposer la même affaire, quelques jours plus tard, non plus par le mari de la jeune femme, mais pas son frère. Là, Varg cède, parce qu’il est un tendre, au fond – et parce que les factures ne se règleront pas toutes seules.
Naïf, Varg ? Un peu seulement. Pas au point de se rendre compte qu’il s’est mis lui même dans un beau guépier, lui que la police n’apprécie guère. Pas au point de ne pas tout tenter pour trouver le vrai coupable. Au passage, il découvrira ce qui se cache derrière la respectabilité de certaines façades, bien que lui n’avait plus guère de doute, après son passage à la protection de l’enfance. Il restait peut-être encore quelques illusions au lecteur.
Le loup dans la bergerie est une très belle rencontre livresque, et j’ai très envie de découvrir d’autres titres de cet auteur.
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