Archive | 8 janvier 2013

La nuit des ondines d’Eléna Arsénéva

nuit

édition 10/18 – 300 pages.

Quatrième de couverture :

Tchernigov, le nouveau fief de Vladimir, se prépare aux festivités de la Saint Jean. Mais Vladimir est parti aux frontières de sa principauté pour lutter contre les Koumans. Mitko et Vassili sont partis guerroyer avec lui, mais Artem, à cause de sa blessure, a dû rester avec Philippos.
Alors que le boyard s’ennuie ferme dans la chaleur étouffante de ce mois de juin, un meurtre lui est signalé. A côté de la victime, ce message succinct « Ondine ». Le premier meurtre d’une liste beaucoup trop longue au goût d’Artem.

Mon avis :

Revoilà le boyard Artem ! Et pour une fois, après Ambre mortel, je lis presque la saga dans l’ordre car nous en sommes au quatrième volume.

La situation est pourtant particulière : les fidèles boyards sont absents, et Artem va devoir enquêter avec son fils adoptif, et il n’aime pas l’idée de faire prendre des risques à son fils – je le comprends. Puis, Philippos, s’il aime à seconder son père, ressent également ses premiers émois pour les jeunes filles qui participent à la fête de la Saint-Jean. IL n’est rien d’anormal la-dedans, et Artem, s’il ressent des émois devant certaines jeunes femmes, s’interdit cependant d’y céder. Il pense à l’avenir, la vieillesse toute proche, et ne veut pas forcer une jeune femme à devenir la compagne d’un barbon – et toutes ne comprennent pas que les repousser maintenant est leur rendre service plus tard.

Alors que la vie devrait être célébrée, c’est la mort et la folie qui sont les invitées de cette fête. Et comment arrêter un meurtrier dont le mobile est impossible à découvrir ? Ni la jalousie, ni l’argent ne motive le criminel, et même si parfois, nous sommes dans ses pensées, ce n’est que pour mieux découvrir la confusion qui règne dans son esprit, sa perception faussée des êtres qui l’entourent.  Si le cheminement qui l’a poussé à tuer une première puis une seconde fois peut être retracé, en revanche je ne peux dire qu’il soit compris, et encore moins justifié. C’est ce qui fait la grande force d’Artem : garder toujours à l’esprit que les victimes sont les personnes à qui la vie a été ôtée, non la personne qui a tué, fut-elle frappée de folie.

Oui, Artem peut se fourvoyer, tant sa colère est grande devant le saccage accompli. Nul n’est à l’abri d’une mauvaise interprétation devant le trouble d’un proche. Cependant, il sait aussi reconnaître ses erreurs et les réparer rapidement, ce qui le rend définitivement attachant.

Bref, encore un moment dans la Russie du prince Vladimir, en compagnie du boyard Artem !