Archive | 21 décembre 2012

V comme vampires, chapitre 10

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Résumé des épisodes précédents de V comme vampire: Gaël de Nanterry est un docteur es science des vampires et des loups-garous. Alors que la communauté vampirique est victime d’un complot, Gaël est violemment agressé et ne survit que grâce à une transfusion de sang de vampires. Après avoir promis… plein de choses diverses et variées, il tente de reprendre le cours de sa vie ordinaire avec Silas, son compagnon. Notamment, il reprends son travail mais sa tante a une requête très particulière (une de plus) : faire de lui son thérapeute… de couple.

–          Je t’avais dit que c’était une mauvaise idée.

Je remerciai Silas, non, je n’y avais pas pensé tout seul ! Officiellement, tante Nathalie et oncle Simon étaient venus dîner pour profiter de leur neveu chéri, tout juste rétabli. Officieusement, ils avaient participé à leur première séance de thérapie. C’est l’avantage d’avoir une maison et un cabinet attenant.

L’inconvénient, c’est que mon salon était maintenant dévasté.

18 h 00 : arrivée de ma tante, habillée d’une somptueuse robe en brocard, les cheveux lui descendant jusqu’au bas du dos, le menton fièrement relevé. A trois pas derrière elle, mon oncle Simon. Je surprends une lueur amusée dans son regard. La thérapie est vouée à l’échec, il faut simplement que je limite la casse.

18 h 10 : « Tu-NE-Peux-Pas-Me-Quitter. » C’est fou comme ma tante sait faire entendre les majuscules dans son discours.

18 h 11 : « Mais, si, je peux, je l’ai même déjà fait. Je t’ai quittée. »

18 h 12 : « Je t’aime ». Un cri de louve blessée, sincère, et pour une fois, ce n’est pas l’orgueil de ma tante qui parle.

18 h 13 : « Je ne te crois pas. C’est ta vanité qui m’aime, pas toi. Puis, si tu m’aimais vraiment, tu aurais dû me le prouver plus tôt. »

18 h 14 : Ma tante s’agrippe aux accoudoirs du fauteuil. Elle a sorti ses griffes. Je crois que les accoudoirs sont définitivement fichus.

18 h 15 : « Qu’a-t-elle de plus que moi ? »

18 h 16 : « De moins. Moins orgueilleuse, moins prétentieuse, moins égocentrée, moins pénible. Elle m’aime pour ce que je suis, non parce que je lui sers de faire-valoir. »

18 h 17 : Echec total de la thérapie.

1 Simon n’a rien compris à l’amour sincère mais spécial que lui porte ma tante.

2 Il n’a pas l’intention…

18 h 18 : j’essaie vainement d’empêcher ma tante, qui vient de se métamorphoser, de déchiqueter Simon. J’ai hurlé : « Silas, viens m’aider ! »

Soudain, la fenêtre du salon se brise et une louve au pelage d’un doux beige cendré se jeta sur Nathalie. Elles roulèrent toutes deux derrière le canapé.

–          Elles vont se tuer !

Mon oncle Simon était vraiment un [censuré]. La bataille s’arrêta très vite, et je n’entendis plus que les sanglots de ma tante, redevenue humaine. Et alors que je courais chercher des peignoirs (je ne vous raconte pas l’état des vêtements), la voix de ma tante Caroline me parvint :

–          Ne t’inquiète pas, ça va aller, ça va aller.

19 h 00 : Mon oncle Simon était parti, prudemment. Ma tante Nathalie est pelotonnée dans le  fauteuil qu’elle a lacéré quelques minutes plus tôt, une tasse de thé au viandox fumante à la main. Caroline est assise en tailleur en face d’elle, les mains sous le menton, dans une posture très juvénile.

–          Hum, hum.

Nathalie lança un regard noir au loup garde du corps qui se tenait devant la porte du salon.

–          Gontheuque, vous posez disposer. Je vous avais bien dit que je devais défendre ma sœur.

–          Votre altesse, notre Alpha m’a chargé de veiller sur vous jusqu’à son arrivée.

Caroline soupira doucement. Contrairement à sa sœur, elle était une délicate Oméga.

–          Je ne risque rien, je suis en compagnie de ma sœur chérie (elle posa sa main sur l’épaule de Nathalie, qui étouffa un sanglot) et de mon neveu préféré. Je ne vous demande pas de partir, seulement d’aller dans le vestibule. Ce sont des histoires de filles, Gontheuque, de filles. Vous vous souvenez la dernière fois ????

Gontheuque leva les yeux au ciel et obtempéra. Je sens que Caroline avait des histoires un peu drôles à nous conter.

–          Dès que j’entendrai notre Alpha approcher, je rentrerai à nouveau.

–          Ne vous en faites pas trop, je sens déjà qu’il est fort énervé par mon petit bond.

Silas changeait déjà la vitre – il n’avait pas très envie de voir un de mes « potes vampires » nous visiter. Il ne lui venait pas à l’esprit qu’un Troll, un beau soir, pourrait s’inviter, non ?

20 h 00 : le chef de la meute du Sud fit son entrée, en toute discrétion. Mouais. 125 kilos de muscles pour 1 m 95, le crâne rasé, les yeux flamboyants, il dégageait une telle aura que même Silas avait instinctivement reculé.

–          Je vous rassure, je ne resterai pas longtemps. Votre salon empeste la chauve-souris carnivore à plein nez. Je suis pourtant venu jusqu’ici pour les aider.

Là non plus, je n’aurai pas aimé être son adversaire.