Archive | novembre 2012

Challenge Halloween 2012 : bilan.

Voici mon bilan pour le challenge Halloween 2012, organisé par Lou et Hilde.

Les articles sont à moitié sur ce blog, à moitié sur mon blog premier.

J’ai donc lu :

Creuser sa tombe de Jeaniene Frost

Coraline de Neil Gaiman

Fièvre Fae de Karen Marie Moning

Dark Shadows tome 2 de Lara Parker

et j’ai chroniqué deux films :

L’étrange pouvoir de Norman

Abraham Lincoln, chasseur de vampires  

J’ai lu aussi les tomes 2 à 6 de Vampire knight, mais j’ai oublié de les chroniquer. Je m’en aperçois seulement maintenant. 

La marque jaune d’Edgar P. Jacobs

Présentation de l’éditeur :

Cette nuit-là, dans la capitale britannique endormie et noyée sous une pluie obstinée, tout semble calme du côté de la légendaire Tour de Londres. Soudain, une panne de courant. Des cris d’alerte qui viennent déchirer la nuit. Horreur et stupéfaction : la couronne impériale vient d’être volée. Seul indice, une mystérieuse lettre « M » de couleur jaune tracée à la hâte sur une porte…
Mon avis :
J’ai découvert ces personnages grâce à des dessins animés, qui passaient voici quelques années à la télévision. Tout comme certains sont venus aux mangas après avoir vu l’animé, j’ai découvert la bande dessinée de cette manière.
Blake et Mortimer doivent déjouer un complot, et surtout, trouver le dénominateur commun entre toutes les personnalités qui ont été kidnappées. La cause est à rechercher dans leur passé commun, et faites confiance au malfaiteur, il fera tout son possible pour empêcher les deux hommes de mener leur enquête à bien. Il ne reculera quasiment devant rien pour les mettre hors d’état de nuire, seule sa mégalomanie l’empêchera de prendre en compte l’ingéniosité et le courage de Blake et Mortimer. Contrairement à d’autres résumés glanés ici ou là, je ne vous révèlerai pas le nom de cet ennemi, je ne vous dirai même pas si Olrik, leur ennemi préféré est de la partie. Je dirai simplement que cet album parle des dangers de la science qui tombent aux mains d’une personne à la conscience malade.
Le graphisme est classique. Rien ne déborde des bulles, les récits sont nombreux, les détails sont particulièrement soignés. Cependant, je suis sensible aux couleurs utilisées, j’aime particulièrement les scènes nocturnes, abondantes dans cet album.
Blake et Mortimer ? Deux héros à découvrir ou à redécouvrir.

Anita Blake, tome 6 : mortelle séduction.

Présentation de l’éditeur :

A ma gauche, Richard. Le mec le plus adorable du monde : brun aux yeux chocolat, prof de sciences. Seul problème : une fois par mois, il se couvre de poils et hurle à la lune. A ma droite, Jean-Claude. Le mec le plus horripilant du monde : un regard bleu marine hypnotique, et un magnétisme sexuel démentiel. Seul problème : il a plus de deux siècles. Face à moi, un immortel atteint par une mystérieuse maladie qui le liquéfie sur pattes. Et quelque part derrière moi, un assassin à qui un commanditaire inconnu a promis un demi-million de dollars s’il réussissait à m’abattre dans les vingt-quatre heures. Que dit la sagesse populaire déjà ?  » Il vaut mieux être seule que…  »

Circonstance de lecture :

Livre lu (avant le 21 octobre) dans le cadre d’une lecture commune organisée par Sookies sur le forum Livaddict. La date de la LC a été repoussée fort heureusement pour moi, du 28 octobre au 11 novembre.

Mon avis :

Revoilà Anita et fort heureusement (ou fort malheureusement, comme vous le voudrez) elle évolue. Ses relations amoureuses évoluent aussi. L’intrigue par contre, reste au début très classique : on demande à Anita d’enquêter sur une affaire assez complexe (avec des descriptions assez évocatrices) puis elle se retrouve plongée tout aussi rapidement dans une autre enquête. Et non des moindres : Anita est en effet menacée de mort, de manière fort fort précise, puisqu’un contrat est déposé sur sa tête et que les effets ne tardent pas à s’en faire sentir. Je salue au passage l’auteur qui ne sacrifie pas inutilement dans cette histoire des victimes poilues et innocentes (il n’y a pas que les loups-garous dans la vie, il y a le petit chien du voisin aussi). Autant vous dire que tenter de tuer Anita était une très mauvaise idée, que le ban, l’arrière-ban de ses proches et autres alliés feront tout pour la protéger, Richard et Jean-Claude en tête (je ne m’y fais toujours pas, à ce nom !!!!).

Les événements survenus depuis sa lecture font que mes souvenirs sont un peu décousus. Je me souviens néanmoins que cette lecture fut agréable sans difficulté particulière (j’avais eu plus de mal à lire le tome 2 ou le tome 5). Je me souviens aussi qu’Anita était partagée entre ses deux soupirants, que Richard sera forcé de sortir de sa réserve, pour asseoir sa position au sein de la meute, que Jean-Claude sera là, et bien là, pour tous les moments, même ceux auxquels on s’attend le moins (il est des scènes d’anthologie dans ce volume). Je garde aussi le souvenir de scènes pas toujours ragoutantes (les moeurs des loups-garous) et d’autres nettement plus joyeuses, que je vous laisse découvrir.

Bref, je me souviens d’un récit mouvementé mais distrayant. Siune lecture commune du tome 7 est organisé, je m’y joindrai bien volontiers !

Pas ce soir de Charline Quarré

Je remercie Hérisson et les Editions Baudelaire pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

C’est une soirée mondaine parisienne.
Un petit monde où mensonges, manipulations et ragots provoquent parfois des dérapages incontrôlés.
Où les faiblesses des uns font la gloire des autres.
C’est une soirée qui réveille les souvenirs endormis d’Eugénie, jeune femme odieuse et misanthrope.
C’est l’histoire de ce que l’on découvre derrière le plus efficace des cache-misère, l’arrogance.
Après le succès de son premier roman À Contre-Jour paru en 2011, Charline Quarré enchaîne avec Pas ce soir.
Son style incisif ne ménage rien ni personne. Elle manie le tragique avec légèreté, fait passer du rire aux larmes avec désinvolture.

Mon avis :

J’ai beaucoup de mal à rédiger mon avis (je sais, vous avez l’habitude).

D’abord, il ne faut pas que le sujet fasse fuir les lecteurs : une fille à papa, une soirée mondaine… Sauf qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Eugénie n’a aucune envie de se rendre à cette soirée, et fournit bien plus d’excuses à sa mère qu’il n’est nécessaire pour ne pas s’y rendre. N’allez pas croire que sa mère, ou Charles, qui organise cette soirée, soient des mondains invétérés qui ne pensent qu’à s’amuser. Ils pensent avant tout à faire sortir Eugénie de la prison protectrice qu’elle a elle-même crée, et ce n’est pas facile pour eux. Je décerne une mention spéciale à Charles, qui en verra de toutes les couleurs grâce à l’inventivité d’Eugénie ce soir.

En effet, Eugénie est là, et bien là, pourtant elle n’est pas dupe de la comédie mondaine qui se joue sous ses yeux. Elle analyse, décortique, se moque, et si elle perd pied à la fin, elle ne perd pas sa lucidité devant cette jeunesse dorée, qui est passée par la case « école de commerce prestigieuse » et dispose d’une extraordinaire vacuité de langage. J’ai rarement vu un tel concentré d’échange de potins, de discussions vaines et de lieux communs. Je ne pensais pas qu’il était possible d’être si jeunes, et d’avoir autant d’idées reçues. Ce qui leur manque foncièrement n’est pas de parler, mais d’écouter les autres. Elle égratigne également au passage les psys, qui n’écoutent pas leur patient (elle n’est pas la première à le dénoncer), prompts à prescrire des médicaments à des personnes qui n’en ont pas besoin, quitte à les rendre dépendants.

Eugénie se protège par les mots, les mots qu’elle invente, les mots qu’elle couche sur du papier – être la fille bien aimée de son père lui permet de mener sa carrière d’écrivain (même si son éditeur ne la comprend pas non plus). Si elle en est arrivée là, à ce concentré de misanthropie, c’est à cause de la tragédie qu’elle a vécu, enfant, c’est à cause d’un drame intime qui l’a anéanti. Certes, ma sensibilité personnelle aurait tendance à lui reprocher certains de ses mensonges. Pourtant, elle reste touchante par sa détresse, et par ses tentatives pour survive, malgré tout.

J’ai été également très sensible au style, direct, sans fioritures, heurté. Cette lecture m’a donné envie de découvrir le premier roman de cette auteur, et me fait espérer la sortie du suivant.

Lune de glace de Jan Costin Wagner

Mon résumé :

Le jeune inspecteur Kimmo Joentaa vient de perdre sa femme de la maladie d’Hodgkin. Il décide de reprendre immédiatement le travail. Justement, un crime inexplicable a été commis la nuit dernière, une femme a été retrouvée étouffée dans son sommeil. Aucun signe d’effraction n’a été constaté.

Mon avis :

Je commencerai par un premier point, sujet d’agacement pour moi : Sanna Joentaa est morte de la maladie d’Hogkin et son entourage de s’étonner. Cette maladie ne touche que les hommes ! Comment peuvent-ils ignorer, en 2003, ce que je sais depuis 1985 ? De même, cette maladie est présentée comme incurable. Je ne connais pas les statistiques actuelles (je me fie peu aux infos trouvés sur Internet), je sais seulement qu’en 1992, 66 % des malades atteints de cette maladie guérissaient. On m’objectera que, pour ses parents, c’est une manière de conjurer la triste réalité. D’une certaine manière, peut-être, mais nier le diagnostique sans en chercher un autre, sans accompagner la malade – surtout si elle est votre fille unique et qu’elle se sait condamnée – me paraît une étrange passivité. Je sais très bien que ma réaction provient aussi du fait que j’ai été très tôt confrontée à la maladie, aux décès de proches (tout comme ma mère et ma grand-mère avant moi), pourtant ces imprécisions, cette béance psychologiques ont le don de m’agacer dans un roman qui se veut psychologique.

Officiellement, c’est un roman policier. Officieusement, ce livre est surtout un roman psychologique. Ce n’est pas un hasard si j’ai acheté hier un roman dont le héros se trouve être un jeune veuf pour lequel enquêter sur des meurtres est un dérivatif à la mort de sa femme. Les développements sur les stratégies qu’il met en œuvre pour endormir sa douleur sont intéressants, tout comme ses réactions face à ses proches : parents de sa femme, sa propre mère, pour laquelle il éprouve un attachement ambivalent, ami d’enfance, venu exprès pour le soutenir, collègues, voisins, et même parfaite inconnue à laquelle il peut se confier puisqu’elle ne fait pas partie de sa vie d’avant, la vie avec Sanna. J’ai aussi beaucoup aimé Katela, son supérieur aux réactions si imprévisibles. Katela le comprend, car lui aussi vit un drame personnel, bien caché aux autres membres de la section. J’ai aussi apprécié tous les chapitres dans lesquels Kimmo évoque sa femme, ce qui la rend vivante et touchante.

Reste l’enquête, et là, vraiment, le bas blesse. Nous suivons ses développements, assez soutenus pendant la première moitié du roman, avant qu’ils deviennent fortement languissants dans la deuxième partie – et deux cents pages de langueur, c’est beaucoup. J’en avais presque oublié qu’une enquête secondaire venait se greffer à l’enquête principale, tant celle-ci donnait l’impression de se terminer en queue de poisson, en dépit de l’arrestation du coupable. D’ailleurs, pour que les policiers de Turku se mettent réellement sur la piste du tueur en série qui nous occupe, il a fallu que celui-ci fasse preuve de bonne volonté !

Certains chapitres sont consacrés au tueur, nous sommes littéralement dans sa tête – j’aurai simplement apprécié que les chapitres intrigue principale/introspection du tueur soit mieux distingués. Surtout, être dans la tête du tueur nous fait comprendre sa folie, sans qu’à un seul moment de l’intrigue nous ne comprenions, voir même ne devinions, la cause profonde de sa folie. Dans cette deuxième partie, beaucoup de développement ne sont pas satisfaisants, pas même le dénouement. Je veux bien que cet auteur allemand, qui situe son action en Finlande, ait mis un peu de l’atmosphère scandinave dans son oeuvre. Je regrette d’avoir ressenti autant d’insatisfaction.

Lune de glace est le premier volume d’une série qui en comporte quatre à ce jour. A vous de voir si vous avez envie de vous laisser tenter !

Concours sur le blog des mille et une pages

Je sais ce que vous allez me dire : ce n’est pas un avis. Oui, je sais. Seulement, après un billet d’humeur, autant rédiger un billet de bonne humeur.

Stéphie, du blog des mille et une pages organise sur son blog deux concours, l’un en partenariat avec Audiolib pour gagner un livre audio de Cinquantes nuances de Grey d’EL James,  l’autre avec  les éditions Jean-Claude Lattès qui mettent en jeu 5 exemplaires papier du roman. Pour le concours en partenariat avec Audiolib,je vous laisse cliquer ICI . Pour le concours avec les éditions Jean-Claude Lattès, il faut cliquer sur celui-ci. Le concours est ouvert sur le blog  de Stéphie jusqu’au dimanche 25 novembre.

J’ai participé pour le fun – et bien oui, moi aussi, j’ai envie de découvrir ce livre dont tout le monde parle !

50 nuances

 

 

 

Billet de (mauvaise) humeur

Je n’aime pas écrire des billets d’humeur. Seulement aujourd’hui, la coupe est pleine, n’en jetez plus, et si je n’écris pas ce billet, je sens que je ne pourrai pas écrire mon prochain avis.

J’en ai plus qu’assez des réflexions sur ma manière de lire – j’ai bien dit « réflexions », et non « conseils ». Cela a commencé, manifestement, avec des remarques déjà anciennes comme quoi lire autant est un « gâchis ». Pour qui ? Pourquoi ? Le mystère n’est pas entier, non, lire autant que je lis ne permettrait pas de savourer réellement le livre. J’aime beaucoup les personnes qui savent mieux que moi ce que je ressens. Et qu’ils ne me disent pas que ce jugement n’est pas péjoratif. Depuis quand « gâchis » est un mot positif ? Sur ce sujet, je vous passe des réflexions encore plus désagréables (à prononcer si possible sur un ton d’esthète, par opposition aux dévoreurs de livres comme moi).

Suivent ensuite des réflexions sur mes habitudes de lecture. Donc, histoire de hérisser encore plus certaines personnes, je tiens à préciser que je lis souvent le dénouement avant de commencer le livre. Je ne tiens pas des comptes précis. J’ai trop souvent perdu  mon temps – et  j’aurai mieux fait de lire le dénouement de Cadavre d’automne de Magdalen Nabb plutôt que de perdre deux heures à lire ce roman.

Bizarrement, on me laisse assez tranquille sur le fait que je lise plusieurs livres en même temps. Tant mieux.

Allez, je passe au sujet d’énervement suivant : les challenges. Je pense ne choquer personne en disant qu’abandonner un challenge en cours de route ou ne pas le valider n’est plus très grave pour moi. Certes, je ne me suis jamais inscrite à un challenge en me disant que je n’allais pas le réussir, certes, il y a encore un an, j’aurai fait tout mon possible pour honorer mes challenges en cours. Maintenant, non. Tout comme un organisateur de challenge est libre de l’arrêter (et même si je suis déçue, je ne me vois pas l’incendier), j’ai le droit de faire de même. Puis, m’être fait taper sur les doigts (et là, je suis vraiment gentille sur le choix du terme) à deux reprises m’a vaccinée. Maintenant, si quelqu’un a envie de lancer une réflexion sur : « pourquoi lancer un challenge ? » « quel intérêt pour l’organisateur ? pour le blogueur qui participe ? », ce serait sans doute intéressant. Des chercheurs littéraires se pencheront peut-être un jour sur le phénomène.

Dernier point, et je termine ce billet : oui, je ne lis pas les séries dans l’ordre. J’ai commencé pour une raison pratique : j’habite une cambrousse isolée, et il y a vingt ans, sans internet, et même avec une bonne bibliothèque, difficile de trouver les tomes dans l’ordre. J’ai continué, car un lecteur est libre de lire ce qu’il veut quand et comme il le veut. La vie est trop courte pour s’embarrasser de contingences inutiles.  Puis, franchement, qui a lu les enquêtes de Miss Marple dans l’ordre ? Qui peut se targuer d’avoir lu tous les Rougon-Macquart dans l’ordre ? Moi non.

Point positif : après l’écriture de ce billet, je me sens mieux. Point négatif : je verrai bien s’il y en a.

Pour cloturer cet article, cette chanson découverte aujourd’hui, un vrai coup de coeur :

 

Défense et trahison d’Anne Perry

Quatrième de couverture :

Après une brillante carrière militaire au service de la couronne d’Angleterre en Inde, l’estimé général Thaddeus Carlyon rencontre la mort, non dans l’affrontement d’une bataille, mais au cours d’un élégant dîner londonien.
Accident ou homicide ? La belle Alexandra, épouse du général, confesse bientôt son meurtre, passible du gibet. William Monk, Hester Latterly et Oliver Rathbone travaillent d’arrache-pied pour faire tomber le mur de silence élevé par l’accusée et la famille de son mari ; ils cherchent désespérément une réponse à ce sombre et effrayant mystère, afin de sauver la vie d’une femme.

Circonstance de lecture :

Faire un aller et retour en train a  au moins un avantage : vous permettre de lire.

Mon avis :

Je lis peu la série des Monk, et, qui plus est, je les lis dans le désordre, ce qui, vous en conviendrait, ne change pas grand chose à mes Habitudes littéraires. Avantage : je connais le devenir de certains personnages, sans que cela me gâche le plaisir de lire.

Nous sommes ici dans le troisième volume des aventures de Monk, et la mémoire lui revient un peu, par bribes. Si certains éléments ne font que confirmer ce qu’il savait déjà de sa personnalité, d’autres le rendent attachants, et pas seulement à mes yeux.

S’investir pour retrouver son passé ne l’empêche pas de poursuivre son enquête pour Oliver Rathbone. Pourtant, le cas semble désespéré, la jeune femme a avoué, et sa culpabilité ne fait pas de doutes, pas même aux yeux de Monk ou d’Hester. Pourquoi vérifier minutieusement les faits alors ?

Parce qu’enquêter en vue du procès est déjà un luxe. En effet, la famille ne souhaite rien moins qu’étouffer le scandale. Ce pourrait être fait très simplement : si la folie d’Alexandra était reconnue, il n’y aurait pas de procès, elle serait internée jusqu’à ce que mort s’ensuive dans un hôpital – un lieu pire qu’une prison. Cependant, dans un sursaut, Alexandra accepte d’être défendue, et maître Rathbone mettra tout en oeuvre pour découvrir le mobile.

Tout repose là-dessus. Alexandra a tué, mais pour quelles raisons ? La jalousie, motif qu’elle avance, n’est pas séant – une dame ne doit pas éprouver ce sentiment, quand bien même elle aurait trouvé son mari au lit avec une servante – mais il n’est pas crédible. Alexandra est une trop bonne mère (elle est très proche de ses filles, un peu moins de son jeune fils), une épouse élégante et posée, elle n’aurait pas pris ombrage des manœuvres de sa rivale. Quel peut dont être son véritable mobile ?

Vous le découvrirez si vous allez jusqu’au bout de la lecture. Vous redécouvrirez ce que vous savez déjà, si vous lisrez la série des Thomas Pitt, le foyer, ce lieu où tout homme valeureux peut trouver le repos, la chaleur, en échange de la protection qu’il offre à femmes et enfants, peut devenir le lieu de tous les dangers, de toutes les corruptions, de toutes les abjections. La femme n’a strictement aucun moyen de quitter son foyer, et quand bien même elle divorcerait, elle serait mise au ban de la société et ne pourrait prendre avec elle ses enfants, sur lesquels son mari a toute autorité.

La dernière question qui se pose est : à la place d’Alexandra, qu’auriez-vous fait ? Pour ma part, je ne crois pas que ma décision aurait été tellement différente.

Challenge polar historique organisé par Samlor

Le crime de l’hôtel Saint-Florentin de Jean-François Parot

Edition 10/18 – 390 pages.

Mon résumé :

Un meurtre a été commis dans les cuisines de l’hôtel Saint-Florentin. Près de la victime, Jean, le majordome, blessé, vit encore. Est-ce un meurtre suivi d’une tentative de suicide ? Nicolas Le Floch enquête.

Challenge polar historique organisé par Samlor

Mon avis :

Nous retrouvons au début de ce volume Nicolas Le Floch en disgrâce. Tous les fans de notre beau commissaire au Châtelet  s’étonneront qu’a-t-il bien pu faire ? Rien que de très ordinaire. Il a suffi de la mort du roi Louis XV, et la jeune Cour remplace la vieille Cour. Nicolas n’est pas si âgé cependant il paie les faveurs du vieux roi et ses manières de francs tireurs qui déplaisent hautement à ses collègues. Fort heureusement, Nicolas n’est pas homme à s’aigrir, et il sait se satisfaire des joies que lui apportent sa vie personnelle. Il profite également de ses loisirs forcés pour fréquenter Versailles plus assidûment. N’est-il pas marquis de Ranreuil ? Ainsi, Le Noir, son nouveau supérieur, peut difficilement lui reprocher de contrevenir à ses ordres.

Le repos et la contemplation ne sauraient durer, et un autre fidèle de Louis XV, monsieur de Saint-Florentin, exige sa présence pour enquêter sur la mort d’une soubrette, Marguerite, et la blessure de son majordome, depuis quinze ans à son service. Certes, j’étudie parallèlement Le capitaine Fracasse avec mes élèves, j’ai lu plusieurs romans d’Anne Perry, pourtant j’avais rarement lu autant de mépris pour les domestiques que dans les propos de madame de Saint-Florentin, sous couvert de religion, de surcroît. Son discours donnerait envie  à lui seul de dresser des barricades et de prendre la Bastille et m’a fait me sentir proches des révoltes de Bourdault.

D’autres discours encore peuvent susciter la révolte. Je ne vous parlerai pas de la condition féminine, je ne vous parlerai pas non plus de ceux qui se disent croyant et qui n’ont de religieux que le nom, je ne vous parlerai pas non plus des bouleversements dans la vie privée de Nicolas. Non, je vous laisserai découvrir ce cinquième tome, transition entre deux règnes, par vos propres soins.

Merci à mademoiselle Globe Lectrice d’avoir organisé cette LC.

Cadavre d’automne de Magdalen Nabb

Mon résumé :

La saison touristique bat son plein à Florence. Alors que la police ne sait plus où donner de la tête, deux touristes suédois viennent signaler qu’ils ont vu un cadavre dans l’Arno. Après maintes recherches, les plongeurs trouvent le corps d’une femme d’une cinquantaine d’années. Suicide, accident, meurtre ?

Circonstance d’écriture :

J’ai voulu aujourd’hui passer ma journée à lire, entre les soins aux chats (vive le vermifuge), les courses, une halte à la boulangerie, beaucoup de chocolat et du linge à étendre. J’ai mal commencé ma journée.

  Challenge des quatre saisons

Mon avis :

Les deux premiers adjectifs qui me viennent à l’esprit pour qualifier ce roman policier sont banal et confus. Banal, car j’ai eu l’impression d’avoir déjà lu une intrigue aussi creuse trop de fois, et confus l’intrigue n’est pas formidablement bien construite. En effet, nous avons droit à des commentaires du narrateur qui viennent annoncer des éléments important : « attention, attention, regardez bien, faites bien attention, notre policier vient de faire une erreur dont il se repentira ». Je suis sincèrement ravie que le narrateur prenne autant d’attention pour nous, sauf qu’il aura fallu que cette erreur tienne ses promesses et entre nous, je les ai cherchés, je les ai trouvés, et j’ai eu envie de dire « tout ça pour ça ».

Les commentaires ne sont pas seulement utilisés dans la construction de l’intrigue, l’adjudant chargé de l’enquête a droit à quelques commentaires sur son compte aussi, ils sont soit très élogieux soit très alambiqués. Pour les éloges, je suis ravie, je ne suis pas sûre qu’il les mérite vu sa mollesse, sa lent et son indifférence envers les animaux : s’il me fallait une cerise sur le gâteau, elle serait là. Pour la partie « alambiquée », j’ai eu l’impression de copier/coller ratés, comme si l’auteur se faisait plaisir et ne parvenait pas à trancher dans le vif. IL est bien mon héros, non ? Comment, son attitude ne vous le prouve pas ? Tant pis, je l’aime bien quand même.

Restent les personnages. Le point positif est qu’aucun d’entre eux n’est sympathique, aucun d’entre eux n’a une personnalité approfondie, pas même un passé approfondi, les fameuses « recherches » effectuées par les brillants policiers ne sont que de minces informations distillées au compte-goutte.

Dernier élément pour achever de vous convaincre de ne pas le lire :  je n’aime pas quand le coupable arrive dans l’intrigue comme un lapin que le magicien de son chapeau, je n’aime pas non plus quand il soulève ne serait-ce qu’un peu d’admiration de la part des enquêteurs.

Je n’aurai pas totalement perdu mon temps, je l’inscris dans quatre challenges.