Archive | 21 novembre 2012

Une place à prendre de JK Rowlings

édition Grasset – 690 pages.

Synopsis :

Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

Circonstance de lecture  :

Merci à Olivier de Priceminister pour l’envoi de ce livre, pour les matchs de la rentrée littéraire.

Mon avis :

J’ai lu Harry Potter, j’ai aimé Harry Potter, alors j’ai lu le premier roman « adulte » de JK Rowlings. Pour le caractériser, je dirai qu’il est sombre, très sombre, rien à voir avec les couleurs vives de sa couverture, qui la rendent très facilement repérable.

L’événement initial est lui-même dramatique : la mort subite d’un notable, et le vide qu’il laisse. Même mort, Barry Fairbrother est sympathique, et peu importe les ragots. Il était issu d’un milieu défavorisé, et son parcours était la preuve qu’il était possible de s’en sortir. Gênant pour les notables de Pagfort ? Ce n’est rien de le dire : Barry ne reniait pas ses origines, il aidait même activement les jeunes issus de Yarville. Il croyait en eux, lui. Autant dire que nombreux sont ceux qui se réjouissent de sa mort, plutôt que de la déplorer.

Le premier tiers du livre est saisissant à cet égard, dans cette présentation des personnages, des forces en présence devrai-je dire. J’ai été confrontée aux personnages tels qu’ils paraissent être, et tels qu’ils sont réellement, dans leur cercle de famille qui devrait être un lieu « protecteur », surtout pour les enfants. Nous avons ici des exemples rares de tyrans domestiques ou de lâches chroniques. Mesquinerie, bassesse, racisme ordinaire et feutré, rien n’est passé sous silence – et encore, je ne vous dévoile pas tout. Les thèmes abordés sont très lourds, et pourtant, ils passent, grâce sans doute à la fluidité du style et à la maîtrise de l’auteur.

Terminé voici quelques jours, Une place à prendre n’est pas un roman que j’ai quitté facilement. La preuve en est que je n’ai pas commencé un autre livre depuis.

Voici le lien du livre : Une place à prendre sur Priceminister.

Ma note : 16/20.

Challenge God Save the livre organisé par Antoni

V comme vampire, chapitre 9

Résumé des épisodes précédents : Gaël de Nanterry est un docteur es science des vampires et des loups-garous. Alors que la communauté vampirique est victime d’un complot, il est agressé lors d’une attaque de faë et ne doit la vie sauve qu’à une transfusion de sang de vampires. Après avoir promis… plein de choses diverses et variées, il tente de reprendre le cours de sa vie ordinaire avec Silas, son compagnon.

V comme vampire, chapitre 9 :

Je passai deux jours ainsi, deux jours à répondre aux témoignages de gentillesses de mes patients (les triplés m’avaient envoyé de très jolis dessins, et m’annonçaient leur entrée  à la grande école de Lycanthropie) et aux appels de détresse de ceux qui avaient hâte de reprendre leur thérapie. J’eus également la visite de Nick, qui m’assurait que l’enquête était au point mort (à croire que le chef du complot s’était évaporé dans les airs, tel un fantôme) et que j’aurai bientôt une nouvelle compotée de patients sympas.

8 h 45 : J’ai repris les séances de thérapie. Simplement les cas urgents, et pas aussi tôt que d’habitude. Je prends le temps de savourer un petit déjeuner copieux.

9 h 00 : Je crois que tous les cas sont urgents. Je feuillette mon carnet de rendez-vous. Je constate que Jacob consulte pour des migraines (tiens, il n’a plus de problèmes de puces), que Vlad a des soucis avec sa seconde épouse, qui envisagerait d’aller voir ailleurs, que Spike a du mal avec le sang de synthèse sans goût…

Je crois que je vais y passer la journée et une partie de la nuit.

10 h 00 : Je viens seulement de m’apercevoir que Russel et sa sœur n’ont pas pris de rendez-vous. Volonté de me ménager ?

12 h 00 : Elle se repoudra soigneusement le nez, vérifia son mascara, remit un peu de rouge à lèvres, ébouriffa son ample chevelure brune. D’un œil inquisiteur, elle se rapprocha de son miroir de poche et tira sur la paupière.

–          Tu n’as pas de rides.

–          J’avais cru, dit-elle. La lycanthropie a des avantages.

–          Pourquoi viens-tu me consulter, tata ?

Non, il ne s’agissait pas de ma tante Caroline. La vie était rude, dans la meute du Sud, et elle n’accordait aucune importance à son maquillage. Voici Nathalie de Nanterry, sœur jumelle de mon père – les naissances multiples sont fréquentes chez les lycanthropes, je crois l’avoir déjà dit. Comme mon père, elle est une alpha. Vous avez deux solutions dans ces cas-là, surtout quand on a un égo démesuré comme ma tante :

–          chercher un autre alpha et vous disputer avec toute votre vie, surtout s’il ne parvient pas à occuper la place que vous souhaitez dans la meute.

–          épouser le loup de vos rêves et tant pis s’il n’est qu’un omega, vous serez alpha pour deux et commanderez constamment.

Je vous laisse deviner quelle catégorie ma tante a choisie. Dernière précision : la phrase que mon oncle Simon prononce le plus souvent est : « Oui, chérie, tu as absolument raison. » J’oubliai, mais peut-être vous en doutez-vous : ma tante est la mère de ma cousine Nick.

Comment ça, je ne vous avais jamais dit que Nick (diminutif Angélica, il fallait trouver) était une fille ? Disons que Nick préfèrerait nettement être un garçon, d’ailleurs, en cas de bagarre lupine, il vaut mieux être de son côté. Il n’empêche pendant que je vous explique tout cela, ma tante a eu le temps de m’expliquer qu’elle venait « pour une thérapie de couples».

–           ?????

–          Oui, je sais, je croyais que j’avais dressé correctement Simon (je laisse à ma tante l’entière responsabilité de ses propos), je vois que j’ai relâché la bride. Simon me trompe, avec une jeune louve, il envisage même de refaire sa vie avec elle, maintenant qu’Angelica et les jumeaux sont adultes.

Je tente d’expliquer sereinement à ma tante que je ne prends pas des membres de ma famille en thérapie. Bien sûr, elle me coupe :

– Tu ne crois pas que je vais me ridiculiser devant un de tes collègues ? Hors de questions ! Je veux à tout prix éviter d’être encore plus humiliée que je ne le suis ! D’ailleurs, si tu pouvais fixer l’heure du rendez-vous en fin de soirée, ce serait parfait ! Je veux que personne ne sache pour quelles raisons je viens te consulter.

Je lui demandai si oncle Simon était d’accord.

– Bien sur que non ! Tu peux compter sur moi pour te le ramener, dussè-je employer la manière forte.

Je lui proposai ce soir, neuf heures. Je sentais que la soirée allait être longue. Note : ma tante utilise beaucoup le verbe « vouloir ». Vous pouvez le traduire par « j’exige d’être immédiatement obéi sinon tu n’auras peut-être plus assez de vie pour le regretter. »