Pas ce soir de Charline Quarré

Je remercie Hérisson et les Editions Baudelaire pour ce partenariat.

Présentation de l’éditeur :

C’est une soirée mondaine parisienne.
Un petit monde où mensonges, manipulations et ragots provoquent parfois des dérapages incontrôlés.
Où les faiblesses des uns font la gloire des autres.
C’est une soirée qui réveille les souvenirs endormis d’Eugénie, jeune femme odieuse et misanthrope.
C’est l’histoire de ce que l’on découvre derrière le plus efficace des cache-misère, l’arrogance.
Après le succès de son premier roman À Contre-Jour paru en 2011, Charline Quarré enchaîne avec Pas ce soir.
Son style incisif ne ménage rien ni personne. Elle manie le tragique avec légèreté, fait passer du rire aux larmes avec désinvolture.

Mon avis :

J’ai beaucoup de mal à rédiger mon avis (je sais, vous avez l’habitude).

D’abord, il ne faut pas que le sujet fasse fuir les lecteurs : une fille à papa, une soirée mondaine… Sauf qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Eugénie n’a aucune envie de se rendre à cette soirée, et fournit bien plus d’excuses à sa mère qu’il n’est nécessaire pour ne pas s’y rendre. N’allez pas croire que sa mère, ou Charles, qui organise cette soirée, soient des mondains invétérés qui ne pensent qu’à s’amuser. Ils pensent avant tout à faire sortir Eugénie de la prison protectrice qu’elle a elle-même crée, et ce n’est pas facile pour eux. Je décerne une mention spéciale à Charles, qui en verra de toutes les couleurs grâce à l’inventivité d’Eugénie ce soir.

En effet, Eugénie est là, et bien là, pourtant elle n’est pas dupe de la comédie mondaine qui se joue sous ses yeux. Elle analyse, décortique, se moque, et si elle perd pied à la fin, elle ne perd pas sa lucidité devant cette jeunesse dorée, qui est passée par la case « école de commerce prestigieuse » et dispose d’une extraordinaire vacuité de langage. J’ai rarement vu un tel concentré d’échange de potins, de discussions vaines et de lieux communs. Je ne pensais pas qu’il était possible d’être si jeunes, et d’avoir autant d’idées reçues. Ce qui leur manque foncièrement n’est pas de parler, mais d’écouter les autres. Elle égratigne également au passage les psys, qui n’écoutent pas leur patient (elle n’est pas la première à le dénoncer), prompts à prescrire des médicaments à des personnes qui n’en ont pas besoin, quitte à les rendre dépendants.

Eugénie se protège par les mots, les mots qu’elle invente, les mots qu’elle couche sur du papier – être la fille bien aimée de son père lui permet de mener sa carrière d’écrivain (même si son éditeur ne la comprend pas non plus). Si elle en est arrivée là, à ce concentré de misanthropie, c’est à cause de la tragédie qu’elle a vécu, enfant, c’est à cause d’un drame intime qui l’a anéanti. Certes, ma sensibilité personnelle aurait tendance à lui reprocher certains de ses mensonges. Pourtant, elle reste touchante par sa détresse, et par ses tentatives pour survive, malgré tout.

J’ai été également très sensible au style, direct, sans fioritures, heurté. Cette lecture m’a donné envie de découvrir le premier roman de cette auteur, et me fait espérer la sortie du suivant.

16 réflexions sur “Pas ce soir de Charline Quarré

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