Archive | 8 novembre 2012

Billet de (mauvaise) humeur

Je n’aime pas écrire des billets d’humeur. Seulement aujourd’hui, la coupe est pleine, n’en jetez plus, et si je n’écris pas ce billet, je sens que je ne pourrai pas écrire mon prochain avis.

J’en ai plus qu’assez des réflexions sur ma manière de lire – j’ai bien dit « réflexions », et non « conseils ». Cela a commencé, manifestement, avec des remarques déjà anciennes comme quoi lire autant est un « gâchis ». Pour qui ? Pourquoi ? Le mystère n’est pas entier, non, lire autant que je lis ne permettrait pas de savourer réellement le livre. J’aime beaucoup les personnes qui savent mieux que moi ce que je ressens. Et qu’ils ne me disent pas que ce jugement n’est pas péjoratif. Depuis quand « gâchis » est un mot positif ? Sur ce sujet, je vous passe des réflexions encore plus désagréables (à prononcer si possible sur un ton d’esthète, par opposition aux dévoreurs de livres comme moi).

Suivent ensuite des réflexions sur mes habitudes de lecture. Donc, histoire de hérisser encore plus certaines personnes, je tiens à préciser que je lis souvent le dénouement avant de commencer le livre. Je ne tiens pas des comptes précis. J’ai trop souvent perdu  mon temps – et  j’aurai mieux fait de lire le dénouement de Cadavre d’automne de Magdalen Nabb plutôt que de perdre deux heures à lire ce roman.

Bizarrement, on me laisse assez tranquille sur le fait que je lise plusieurs livres en même temps. Tant mieux.

Allez, je passe au sujet d’énervement suivant : les challenges. Je pense ne choquer personne en disant qu’abandonner un challenge en cours de route ou ne pas le valider n’est plus très grave pour moi. Certes, je ne me suis jamais inscrite à un challenge en me disant que je n’allais pas le réussir, certes, il y a encore un an, j’aurai fait tout mon possible pour honorer mes challenges en cours. Maintenant, non. Tout comme un organisateur de challenge est libre de l’arrêter (et même si je suis déçue, je ne me vois pas l’incendier), j’ai le droit de faire de même. Puis, m’être fait taper sur les doigts (et là, je suis vraiment gentille sur le choix du terme) à deux reprises m’a vaccinée. Maintenant, si quelqu’un a envie de lancer une réflexion sur : « pourquoi lancer un challenge ? » « quel intérêt pour l’organisateur ? pour le blogueur qui participe ? », ce serait sans doute intéressant. Des chercheurs littéraires se pencheront peut-être un jour sur le phénomène.

Dernier point, et je termine ce billet : oui, je ne lis pas les séries dans l’ordre. J’ai commencé pour une raison pratique : j’habite une cambrousse isolée, et il y a vingt ans, sans internet, et même avec une bonne bibliothèque, difficile de trouver les tomes dans l’ordre. J’ai continué, car un lecteur est libre de lire ce qu’il veut quand et comme il le veut. La vie est trop courte pour s’embarrasser de contingences inutiles.  Puis, franchement, qui a lu les enquêtes de Miss Marple dans l’ordre ? Qui peut se targuer d’avoir lu tous les Rougon-Macquart dans l’ordre ? Moi non.

Point positif : après l’écriture de ce billet, je me sens mieux. Point négatif : je verrai bien s’il y en a.

Pour cloturer cet article, cette chanson découverte aujourd’hui, un vrai coup de coeur :