Archive | 7 novembre 2012

Défense et trahison d’Anne Perry

Quatrième de couverture :

Après une brillante carrière militaire au service de la couronne d’Angleterre en Inde, l’estimé général Thaddeus Carlyon rencontre la mort, non dans l’affrontement d’une bataille, mais au cours d’un élégant dîner londonien.
Accident ou homicide ? La belle Alexandra, épouse du général, confesse bientôt son meurtre, passible du gibet. William Monk, Hester Latterly et Oliver Rathbone travaillent d’arrache-pied pour faire tomber le mur de silence élevé par l’accusée et la famille de son mari ; ils cherchent désespérément une réponse à ce sombre et effrayant mystère, afin de sauver la vie d’une femme.

Circonstance de lecture :

Faire un aller et retour en train a  au moins un avantage : vous permettre de lire.

Mon avis :

Je lis peu la série des Monk, et, qui plus est, je les lis dans le désordre, ce qui, vous en conviendrait, ne change pas grand chose à mes Habitudes littéraires. Avantage : je connais le devenir de certains personnages, sans que cela me gâche le plaisir de lire.

Nous sommes ici dans le troisième volume des aventures de Monk, et la mémoire lui revient un peu, par bribes. Si certains éléments ne font que confirmer ce qu’il savait déjà de sa personnalité, d’autres le rendent attachants, et pas seulement à mes yeux.

S’investir pour retrouver son passé ne l’empêche pas de poursuivre son enquête pour Oliver Rathbone. Pourtant, le cas semble désespéré, la jeune femme a avoué, et sa culpabilité ne fait pas de doutes, pas même aux yeux de Monk ou d’Hester. Pourquoi vérifier minutieusement les faits alors ?

Parce qu’enquêter en vue du procès est déjà un luxe. En effet, la famille ne souhaite rien moins qu’étouffer le scandale. Ce pourrait être fait très simplement : si la folie d’Alexandra était reconnue, il n’y aurait pas de procès, elle serait internée jusqu’à ce que mort s’ensuive dans un hôpital – un lieu pire qu’une prison. Cependant, dans un sursaut, Alexandra accepte d’être défendue, et maître Rathbone mettra tout en oeuvre pour découvrir le mobile.

Tout repose là-dessus. Alexandra a tué, mais pour quelles raisons ? La jalousie, motif qu’elle avance, n’est pas séant – une dame ne doit pas éprouver ce sentiment, quand bien même elle aurait trouvé son mari au lit avec une servante – mais il n’est pas crédible. Alexandra est une trop bonne mère (elle est très proche de ses filles, un peu moins de son jeune fils), une épouse élégante et posée, elle n’aurait pas pris ombrage des manœuvres de sa rivale. Quel peut dont être son véritable mobile ?

Vous le découvrirez si vous allez jusqu’au bout de la lecture. Vous redécouvrirez ce que vous savez déjà, si vous lisrez la série des Thomas Pitt, le foyer, ce lieu où tout homme valeureux peut trouver le repos, la chaleur, en échange de la protection qu’il offre à femmes et enfants, peut devenir le lieu de tous les dangers, de toutes les corruptions, de toutes les abjections. La femme n’a strictement aucun moyen de quitter son foyer, et quand bien même elle divorcerait, elle serait mise au ban de la société et ne pourrait prendre avec elle ses enfants, sur lesquels son mari a toute autorité.

La dernière question qui se pose est : à la place d’Alexandra, qu’auriez-vous fait ? Pour ma part, je ne crois pas que ma décision aurait été tellement différente.

Challenge polar historique organisé par Samlor