Archive | 4 novembre 2012

La valse des gueules cassées de Guillaume Prévost

édition 10/18 – 278 pages.

Mon résumé :

La première guerre mondiale vient de se terminer, pourtant elle ne sera jamais finie pour certains, les gueules cassées. François-Claudius Simon vient d’être reçu comme inspecteur et fait ses premiers pas au Quai des orfèvres. Blessé à la tête, il n’en garde apparemment aucune séquelle, si ce n’est de fréquentes migraines qu’il n’avouerait pour rien au monde. Sa première affaire est un cadavre défiguré, retrouvé gare Montparnasse. Pourquoi cet acharnement ?

Challenge polar historique organisé par Samlor

Mon avis :

Je connaissais cet auteur pour ses oeuvres de littérature jeunesse, je découvre ses romans policiers historiques, et je dois dire que je préfère nettement ces derniers, même si les premiers ne sont pas dépourvus de qualités. J’ai pensé, en lisant ce roman qui met en scène un héros destiné  à devenir récurrent, à Louis Denfert, du Miroir des ombres de Brigitte Aubert. Ceux qui savent à quel point j’aime ce personnages comprendront que je suis conquise par François-Claudius Simon.

Drôle de prénom, me direz-vous. Lui-même en convient, lui qui pense que sa mère l’a choisi parce qu’il lui plaisait. Sa mère, chanteuse, l’a abandonné, ne lui accordant que quelques visites sporadiques dans son orphelinat, où, fort heureusement, un de ses professeurs l’avait pris sous son aile. Encore un point commun avec Louis Denfert, qui lui ignore presque tout de ses origines, ou même avec Nicolas Le Floch, élève solitaire du chanoine Le Floch, devenu commissaire au Châtelet.

François-Claudius ne manque pas de talent lui non plus, talent d’enquêteurs, flair, pourrait-on dire. Pas seulement. Déjà, il est dépourvu de préjugés, ce qui est important. Ensuite, il sait écouter, être attentif aux nuances et, bien sûr, faire preuve de ténacité. Quelques fausses pistes jalonneront sa route, il saura les débrouiller, et identifier le vrai coupable. Certains feront peut-être des reproches à ce roman, je n’en ai pour ma part pas envie du tout, préférant nettement me concentrer sur le plaisir que j’ai eu à le lire. Je terminerai juste en parlant des traumatismes laissés par la grande guerre, en parlant des « gueules cassées » que leurs proches ne viennent plus voir, des mutilés qui vivent avec leur douleur.

Je parlerai aussi d’un personnage qui m’a beaucoup touché, celui de Joseph. Dans les tranchées, mon arrière-grand-père a du vivre un calvaire proche du sien – proche, mais pas identique. Puisque l’auteur dédie ce livre à son grand-père, je dédie ce billet à Georges Albert Clée (1879-1939, blessé à Verdun).   

Les 12 royaumes, tome 1 : la mer de l’ombre de Fuyumi Ono

Présentation :

 » Je vous ai cherchée longtemps…  » Qui est cet inconnu qui vient s’agenouiller devant Yôko, en plein lycée ? La jeune fille n’a pas le temps de s’interroger : la voilà entraînée dans un autre monde, poursuivie par une horde de créatures monstrueuses. Commence alors pour Yokô un long voyage au cœur des 12 royaumes. Un voyage au bout des ténèbres, au bout d’elle-même…

Circonstance d’écriture :

J’ai lu ce livre avant le 21 octobre, je rédige mon avis maintenant. Autant vous le dire, il sera bref et pas forcément très bien organisé.

Mon avis :

J’ai lu ce livre pendant le RAT, et je dois dire que sa lecture m’a semblé relativement aisé, même si nous sommes projetés, avec l’héroïne, dans un monde parallèle, celui des douze Royaumes.

Le quotidien de la jeune fille au Japon n’est pas des plus aisés. Elle est différente, physiquement (ses cheveux sont bicolores, et elle n’y peut rien) et ses maîtres ne cessent de l’humilier en prétendant que ceux qui ont des cheveux ainsi (ils la soupçonnent de se teindre) ne peuvent réussir dans la vie. Du côté de ses parents, ce n’est pas mieux : sa mère est soumise à son père, qui n’a de cesse de rappeler son infériorité à sa fille, simplement parce qu’elle est une fille. Ces discours, cette soumission me faisaient bouillonner, sans doute parce que j’ai eu une éducation très éloignée de celle-ci.

Sa projection dans ce monde parallèle ne laisse pas de poser des questions, avec tous ses monstres qui sont venus l’agresser, ce jeune homme qui lui a dit que c’était elle qu’il cherchait, et qui a disparu une fois qu’elle est arrivée dans les douze royaumes. J’aurai aimé qu’il y ait plus de réponses, car si elles y étaient, et bien, je ne les ai pas vus.

Certes, il existe d’autres tomes, et j’espère que les réponses y sont. Je ne me suis pas assez passionnée pour ce roman pour les lire tous.

V comme vampire, chapitre VIII

Il est temps que cette série gagne son indépendance, et que je propose d’autres textes pour les Plumes. IL faut juste que je trouve un joli logo pour V comme vampire. Tous les autres textes sont rangés dans la catégorie vampire.

« Gaël ?

-Hum ? » Je croyais que j’allais pouvoir me reposer, c’est raté.

« Pourquoi ne m’as-tu jamais parlé de ta tante Caroline ?’

Comment faites-vous quand on vous pose une question embarrassante ? Vous fuyez, vous esquivez ? J’aurai aimé avoir cette lâcheté, malheureusement, j’étais trop amoureux de Silas pour lui mentir.

« Parce que ma tante a une vie personnelle très compliquée, et je ne pense pas qu’elle aurait le temps de venir nous voir. Puis, son mari est un peu dépourvu d’imagination.

–          Dans quel sens ?

–          Dans le sens où il ne peut concevoir que deux hommes soient amoureux l’un de l’autre. Si tous les deux étaient des lycanthropes, passe encore, mais si l’un des deux n’en est pas un, cela dépasse son niveau de de compréhension. »

Je croyais en avoir fini, que nenni.

 » Qu’a-t-il de si particulier, ce loup garou ?

–          Tu vois le chef de la meute du Sud ?

–          Oui, un authentique loup garou dans toute sa splendeur.

–          Et bien… c’est lui.

–           ????? Impossible : ta tante appartient à la meute du Nord.

–          Disons que tu ne connais pas les Garous aussi bien que moi. »

Ce fut le début d’une longue explication, qui me laissa épuisé. Ma tante Caroline est la jeune sœur de mon père, elle est très jolie, que ce soit sous sa forme de louve ou sous sa forme humaine.

« Quelle importance cela a ?

–          Les loups garous séduisent autant sous une forme que sous l’autre, et il vaut mieux se plaire… dans les deux cas.

–          Seigneur ! »

Autant vous le précisez, il n’avait pas fini de s’exclamer.

« Donc mon père ne devait pas vraiment gérer les petits amis collants, il devait aussi faire avec trois ou quatre loups très entreprenants, venus hurler à la lune sous les fenêtres de ma tante.

–          Il s’est battu avec eux ?

–          Non, nous sommes beaucoup plus pacifiques que la légende ne le dit – quoique, la légende nous sert bien. Mon père a juste branché le jet d’eau sur « très froid », et a aspergé tout le monde. Tata a trouvé ça très marrant. Un beau jour, elle est allée se promener dans la forêt, sous sa forme lupine. Non, Silas, non, arrête avec tes exclamations, beaucoup de loups aiment se promener en forêt, en famille parfois. Il faut juste faire attention à ne pas attraper des tics. Est-ce que je t’en pose, moi, des questions, sur les mœurs des Trolls ? Bref, elle n’avait pas peur du grand méchant loup, puisqu’elle avait grandi avec et là BOUM ! »

La bienséance m’empêche de vous dire ce que je détaillais pour Silas. Vous trouverez néanmoins tous les détails dans « Vie en liberté : les moeurs sauvages des Lycanthropes », par le docteur Lénaïck Dufresnes. Je passerai également sous silence les nombreuses exclamations de Silas, qui, se représentant trop bien les choses, me demanda illico un médicament contre la nausée. Je lui répondis que c’était moi qui étais malade, pas lui, et qu’il n’avait qu’à trouver le chemin du placard à pharmacie tout seul.

–          En plus, elle ne savait pas son nom, elle trouvait juste qu’il était vraiment le loup-garou de ses rêves.

Suivi un commentaire sur les goûts de ma tante des plus dépréciatifs. Elle avait tout à faire le droit d’aimer les gros Loups-Garous musculeux aux poils noirs, avec un regard de dingues et des griffes énormes.

–          Elle ne savait pas son identité, mais le soir même eut lieu la rencontre entre la meute du Nord et la meute du Sud. Là, elle eut un choc quand elle le reconnut. Elle eut un second choc quand elle découvrit qu’il était le chef de la meute. Elle s’est évanouie, mettant tout le monde dans l’embarras, surtout mon père et Evan, son meilleur ami.

Silas fit un commentaire comme quoi, c’était drôle, le chef actuel de la meute du Nord s’appelait Evan.

–          Forcément, c’est le même. Non, interrompis-je Silas, pas tout la même journée. D’ailleurs, il est toujours son meilleur ami, et quand on a un fils non poilu et gay, ce n’est pas évident à gérer tous les jours. Bon, Lucius a demandé ma tante en mariage en des termes choisis, ils se sont unis, et ont eu trois enfants : Viviane, Lancelot et Louisiane.

Silas sembla apaisé et ne posa pas plus de questions. Une petite voix dans ma tête se manifestait pourtant, elle était railleuse. Dis donc, me disait-elle, tu es sûre de ne pas avoir un peu édulcoré la réalité ? Quand Lucius a demandé sa main, il a précisé : « sois tu me l’accordes, soit je te défie en combat singulier ». Mon père est grand, mais sa musculature n’était pas développée comme celle de Lucius. Il a donc répondu, de manière fort courageuse : « si ma sœur est d’accord, je le serai aussi. Si elle ne l’est pas, je suis près pour le combat ». Evan, en fin stratège, accepta d’être le témoin : il est un excellent lycanthropologue et se proposait de soigner son ami. Oui, j’ai sauté une étape : tante Caroline eut peur, peur de se retrouver au milieu d’une meute inconnue, peur d’être rejetée au bout de deux mois – elle non plus ne parvenait pas à concevoir des louveteaux. Elle eut le courage de le lui dire, il l’enleva afin de lui faire comprendre l’étendue de son amour. Autant vous dire que cela mit un désordre funeste dans les relations inter-meutes, surtout que les deux chef ne parlaient pas le même langage.

–          Bonjour. Pourriez-vous rendre sa liberté à la jeune Caroline de Nanterry ?

–          Elle est parfaitement libre. De m’épouser.

Et papa ? Il fut inquiet pendant deux jours, temps qu’il lui fallut pour mettre sur pied une expédition dans le but d’aller sauver sa soeur. Lui et son ami Evan étaient déjà sur le territoire de la meute du Sud quand ils croisèrent des loups qui… désertaient, et demandaient l’asile politique au Nord. En cause : le caractère très fort de la toute nouvelle compagne du chef de meute. Mon père fut rassuré, et quand il arriva au palais, ce fut pour trouver sa soeur en train de roucouler avec le chef de meutes. Finalement, lui et Evan furent témoin de leur mariage. Ils vivent heureux, ma tante réaménagea complètement le palais, et ils eurent trois louveteaux.

– Silas, repris-je, maintenant que je t’ai raconté ceci, peux-tu me dire ce que j’ai promis à Russel ?

– Trois fois rien, je te rassure, juste qu’il pourrait te rendre quelques visites de courtoisie. Après tout, tu m’as toujours dit que les vampires étaient très courtois, non ?