Archive | 2 novembre 2012

Les plumes à thèmes, par Asphodèle : V comme vampire.

Les plumes sont organisés par Asphodèle. Pour lire le début de leurs aventures, cliquez sur la section vampire.

16 h 02 : Edouard vient de sortir, impeccable dans son costume trois pièces. Je me sens extraordinairement faible. Normal, après une telle agression, serai-je tentée de penser. Pas normal, me dit ma formation de vampirologue, vu que j’avais reçu le sang d’un vampire deux fois millénaire.

Ainsi, Roderick croit que je ne suis pas réellement le fils d’Eric de Nanterry ? Il est vrai que je ne lui ressemble pas beaucoup. Au dire du chef de la meute du Nord, je suis la photocopie, version masculine (ceux qui rient sont priés de le faire  discrètement) de ma tante, Caroline de Nanterry.

16 h 32 : J’aimerai de temps en temps que l’on me demande mon avis, notamment avant d’organiser des tours de garde mixte à mon chevet. Je n’ai pas envie de voir une succession de loup-garou fort peu connus et de vampires assoiffés de sang de synthèse parfumé à la camomille. Curieux attelage, vous l’avouerez. Tiens, je les reconnais ceux-là, ils s’observent en loups garous de faïence, ce qui est un exploit pour l’un des deux, qui est un vampire.

16 h 42 : maman me rend visite, comme tous les jours depuis mon agression, avec un confrère plus impartial. Ayden Fraser, un écossais ardent défenseur de la cornemuse en général et de son clan en particulier. Il n’y a pas que les loups garous dans la vie, il y a les Highlands aussi, avec une larme de whisky dans le thé, s’il vous plait.

–          J’ai une assez bonne nouvelle et une moins bonne. » Je le laissais poursuivre, son ton n’était pas funèbre. « Vous avez bien dans votre sang les marqueurs qui font de vous un loup-garou.

Comme si j’en doutais, pensais-je, et je suis sûre que ma mère put lire dans mes pensées. Pan ! Dans les dents du chef faë !

–          Seulement, poursuivit-il, le sang de vampires que vous avez ingéré semble, je dis bien semble, les avoir définitivement inhibés, tout comme ils bloquent pour l’instant votre métamorphose en vampires. »

Il poursuivit sa consultation en ne s’étonnant pas de ma fatigue, et ne me demandant si je n’avais pas des envies bizarres.

–          Une pizza au yaourth, murmurai-je.

–          Rien d’inhabituel, donc.

17 h 02 : jamais pizza ne m’avait semblé aussi bonne, même si j’en laissai les trois quarts. Ni le vampire, ni le loup garou ne souhaitai goûter ce chef d’œuvre culinaire. Papa et Silas en prirent une part, j’aimais leur solidarité, je savais à quel point ils détestaient cette pizza de régime. Manger me fit du bien, et je me rendormis. Je commençai ma nuit avec un vampire et un loup-garou.

22 h 04 : J’ouvris les yeux, et je constatai que la relève avait eu lieu. Avec mon emploi du temps surchargé et ma ribambelle de patients, je n’ai guère eu le temps de vous présenter ma famille. Voici donc, assise à côté de mon lit, Bella de Nanterry, la compagne de mon père. Comme vous vous en souvenez peut-être, mon père n’a jamais réussi à concevoir un louveteau avec une louve de sa meute. Je suis donc le fils qu’elle n’a pas pu avoir. Je plains sincèrement le dingue qui se risquerait à m’attaquer, d’autant plus que (oh, non !) le vampire qui est avec elle n’était autre que mon cher ami Bill. Je ne lui demandai pas comment se portait sa conjointe, je ne tenais pas à ce que l’atmosphère soit encore plus tendue qu’elle ne l’était.

–          Tu vas mieux, déclara-t-elle sans plus de cérémonie. Je suis ravie que tu ne te laisses pas abattre. Demain, on interrogera à nouveau Roderick, je ne pense pas qu’il ait tout dit.

–          Vous croyez faire mieux que trois experts ? gronda Bill.

–          Les experts ? ricana-t-elle en montrant ses dents, qu’elle avait fort belles. C’est un Troll qui l’a fait craquer ! Non, faisons comme le voulait Azelma, laissez-le nous seulement quelques minutes et nous saurons vraiment tout.

Je choisis judicieusement ce moment pour reposer ma tête sur l’oreiller et me rendormis.

Je n’ouvris pas les yeux cette fois-ci, par prudence, ce fut une odeur qui me réveilla. Qui avait pu amener des roses et des ancolies dans ma chambre ?  Une idée, pourtant, refusait de suivre son cheminement jusqu’à mon cerveau. Une personne de mon entourage soutenait que ses fleurs embaumaient et usaient d’essence de roses au point de piquer les yeux de son entourage. Si elle croyait que j’allais ouvrir les miens, elle se trompait !!!!

Voici ce qui est pour moi plus problématique que le plus névrosé de mes vampires (en gros, Russell et sa sœur) : Ismérie.

Ismérie Indiana Lovisa de Carduel appartient à la meute de mon père, la meute du Nord, et elle a un grand sens de la lycanthropie. Mieux : elle manifeste un penchant admirable pour la préservation de la meute, ce qui signifie la naissance d’une foule de louveteaux. Voilà qui mérite les acclamations de tous les protecteurs des créatures fantastiques, me direz-vous. Oui : sauf qu’elle a décidé d’assurer la pérennité de l’espèce avec un membre de la meute fort peu poilu, et pas du tout attiré par la gent féminine. Moi. J’ai eu beau lui expliquer :

–          que je n’avais jamais été attiré par les filles, les femmes ou les femelles de toute espèce,

–          que j’avais un amoureux, Silas,

–          que j’étais gay, pour tout dire !

Ismérie m’a répondu :

–          Je sais. Je m’en moque. Je veux avoir des bébés avec toi. Tu n’as pas envie d’être papa ? Franchement, ce n’est pas toi qui feras le plus difficile.

Bien sûr, j’ai très envie d’avoir des… enfants. J’allais dire des louveteaux. De nos jours, les couples gays qui le désirent ont souvent des enfants. Il est juste très rare qu’une fille court après eux, avec la ténacité… J’étais trop fatigué pour trouver une image suffisamment éloquente. Je ne l’étais pas assez pour feindre davantage le sommeil et je la gratifiais d’un :

–          Salut Ismérie, tu vas bien ?

–          Oh, si tu savais comme tu es choupinet ! Tu sais que tu étais très mignon quand tu étais bébé ?

Et bien non, je ne le savais pas, j’avais beau faire défiler mes plus lointains souvenirs, je ne me rappelais pas m’être beaucoup regardé dans un miroir quand j’étais bébé.

–          Ismérie, gronda Silas.

Elle avait beau battre de ses longs cils noirs aux reflets bleutés (vive le mascara !) devant lui, elle ne l’attendrirait pas.

–          Vous pouvez nous laisser seuls un petit quart d’heures ?

–     Il a été agressé une fois cette semaine, c’est largement suffisant, gronda Silas.

Flûte à la fin, pourquoi tout le monde « gronde » ou « grogne » à mon chevet ? Oui, je sais, je suis entouré de loup-garous, de vampires, et d’un trollogue particulièrement jaloux, est-ce une raison pour ne pas s’exprimer normalement ? 7

–          Stop ! hurlai-je. Mon hurlement tenait plus du couinement de souris que d’un loup-garou bien né. Pourtant, personne ne rit. Ismérie, je te promets devant témoin, devant Silas (qui était encore plus pâle que d’habitude) dès que cette affaire est terminée, nous… ferons une portée de louveteaux.

Je me rallongeai et me roulai dans les couvertures, épuisé, sous le regard enamouré d’Ismérie. Silas était résigné, pourtant, je crus voir une lueur d’amusement dans ses yeux. J’en venais à souhaiter que la crise ne se résolve pas tout de suite. J’aurai ainsi le temps de lire tous les ouvrages d’éducation lycanthropique que je n’avais pas encore parcourus – et de trouver un mode d’emploi acceptable pour concevoir des gentils petits loupiots. Avant de m’endormir, je crus me souvenir que j’avais vaguement promis quelque chose à Russell, mais quoi ?

Zombillénium, tome 1 : Gretchen

édition Dupuis – 48 pages.

Mon résumé :

Un des employés a décidé de rompre son contrat à durée éternelle. Il est retrouvé très vite et ramené encore plus vite au parc. Trop vite : l’équipage renverse un piéton. Voilà un nouvel employé pour le parc Zombillénium.

Mon avis :

Cette bande dessinée est faite pour vous réconcilier avec la bande dessinée, les zombies et autre loup-garou. Ou alors vous faire fuir définitivement. Ce n’est pas parce que j’ai aimé que tout le monde va l’apprécier. J’ai une forte tendance à aimer l’humour noir et les créatures fantastiques qui transgressent les codes.

Peu de paroles, définitivement, dans cette BD : les silences de Gretchen sont bien plus éloquents que de longs discours et il faut bien reconnaître qu’elle fait tout pour sauver la mise à Aurélien, transformé en … transformé en… En quoi  au juste ? Il prouve que l’abus de morsures est nuisible à votre absence de santé et les joyeux administrateurs se demandent ce qu’ils ont bien pu recruter.

Penchons-nous un peu sur le drame que vivent ces créatures, chapeautées par un syndicat déprimé. Il n’est pas facile de travailler dans un parc d’attraction et d’être pris pour un vulgaire comédien. Les zombies ont le blues, c’est moi qui vous le dis, et certains aimeraient bien se débarrasser de la nouvelle recrue, chouchou du patron tant il parvient à être réellement terrifiant, lui. Vous comprendrez aisément qu’ils ne peuvent pas lui faire la peau, bien que ce ne soit pas l’envie qui leur manque.

J’ai beaucoup aimé les clins d’oeil aussi. Ah ! Cette version si réaliste de Thriller mérite à elle seule le déplacement ! Ah ! Les soucis de baguette magique des apprentis sorciers. Touchant, non ?

Zombillénium est vraiment une bande dessinée réussi, et pas seulement pour Halloween.

Merci à Syl de m’avoir offert cette bande dessinée.

Voyage de Lou et Hilde, destination Halloween