Archive | 27 octobre 2012

Un meurtre est-il facile ? d’Agatha Christie

édition Le livre de poche – 224 pages.

Mon résumé :

Luke Fitzwilliam revient de Mayang. Il prend une retraite bien mérité. Dans le train, il rencontre la bien nommée Lavinia Pinkerton, une charmante vieille dame qui lui rappelle sa tante Mildred. Elle vient à Londres pour dénoncer un criminel qui n’a déjà que trop sévi. Luke l’écoute d’une oreille distraite. Seulement, quand elle trouve la mort accidentellement avant d’avoir pu aller au Yard, Luke se dit que cette mort n’a peut-être d’accidentelle que le nom.

Mon avis :

Je tiens à avertir les fans d’Hercule Poirot et de Miss Marple : aucun des deux héros phrases d’Agatha Christie n’apparaît dans ce roman. Seul le superintendant Battle fait une incursion, à la fin du roman, et uniquement pour arrêter le coupable. Son rôle est donc réduit au strict minimum, même s’il fait preuve, dans ces quelques pages, d’un m »lange d’ouverture d’esprit et de solide bon sens.

Ce serait pourtant dommage que vous passiez à côté de ce livre. Je l’ai lu quasiment d’une traite, ne serait-ce que pour voir si mes soupçons, nés à l’a moitié du roman se confirmaient. Et bien oui.

Laissez-moi vous présenter l’enquêteur. Luke Fitzwilliam n’est pas un novice, il vient même de prendre une retraite bien méritée après des années de services à Mayang. La mort de la charmante vieille dame le choque, plus encore le décès de celui dont elle avait prévu la mort : le docteur Humbleby est décédé d’une infection mal soignée, un comble pour un médecin. Luke, avec la complicité d’un proche, se rend donc sur place pour enquêter.

Nous retrouvons le climat de ses charmants petits villages de la province anglaise, où tout le monde se connaît depuis des années et où le fait d’être le cousin de la fiancée du châtelain (elle a une parenté si nombreuse !) ne peut qu’être un gage de bon accueil. Il ne manque personne. Lavinia Pinkerton (la bien nommée) a une amie dévouée, Honoria, prototype de la vieille fille charmante. Le châtelain local est un enfant du cru, parti faire fortune et revenu avec de l’argent plein les poches, un titre ronflant (Lord Gordon Whitfield), rachetant l’ancien manoir, le château et modernisant le village à tour de bras. Il ne manque pas non plus le médecin, l’avoué, l’aubergiste, le méchant garçon, la servante roublarde, un antiquaire excentrique surement très gay, la passionné de jardinage et même un passionné de bouledogues (Néron, Auguste, Nelly, lâchez ça, j’ai dit : lâchez ça !).

Seulement, le village joue de malchance. Non seulement l’un des médecins, le plus traditionaliste, est décédé, mais le cabaretier s’est noyé : lui qui faisait le chemin tous les soirs ivre mort est tombé à l’eau ! De même, le vilain garnement a fait une chute en lavant les carreaux de la bibliothèque, la servante s’est empoisonnée avec de la teinture à chapeau. Quant au passionné de bouledogue, sa délicieuse épouse est décédée un an plus tôt, d’une gastrite. Le village traverse vraiment une mauvaise passe. De très vagues histoires de sorcellerie sont colportées, mais, contrairement au cheval pâle d’Agatha Christie , ce phénomène ne sera que peu exploité.

Luke enquête, discrètement d’abord, puis plus ouvertement. Il croise des personnes charmantes, d’autres nettement moins. Il croise aussi Bridget, la jeune fiancée du châtelain. Elle a 28 ans, lui plus de cinquante. Elle a renoncé à l’amour après une grande déception. Elle n’a pas renoncé à sa lucidité, à son sens de l’observation, à son intelligence. Elle est de la trempe des plus grandes héroïnes d’Agatha Christie. Libre, elle aide Luke dans son enquête (le prétexte pour lequel il est venu n’a pas tenu longtemps). Libre, elle prend des décisions qui engagent son destin,bien plus qu’elle ne le pense. Elle est l’antithèse absolue du coupable, elle qui déteste dissimuler, et plus encore faire souffrir. Elle sait ce qu’elle doit aux autres, et la franchise pleine de tact est une de ses plus importantes qualités, avec le courage.

Un meurtre est-il facile ? est un roman d’Agatha Christie qui gagnerait à être mieux connu.

V comme vampires VI

Résumé des épodes précédents dans la section vampire. 

Interrogatoire du chef des s, mercredi, neuf heures deux.

Chef de l’interrogatoire : Edouard, vampirologue, première section.

9 h 02 : Je n’aimerai pas être à la place de Roderick, chef de la troupe de faë qui a presque tué Gaël Eric Lorient de Nanterry. Lui non plus n’aimait pas être à sa place, il transpirait à grosses gouttes, ce qui était rare pour un chef faë, fort soucieux de son apparence.

Ce n’était pas moi qui lui causais tant de frayeur. Je pense plutôt que la présence d’Eric de Nanterry, patte droite du chef de la meute du Nord y était pour quelque chose. Tout comme celle de Russel, 2092 ans, qui revenait tout juste de chez Gaël, enfin réveillé. Il n’y avait pas besoin d’être un vampirologue confirmé pour comprendre que tous deux résistaient à la tentation de déchiqueter Roderick, surtout depuis que Russel avait émis l’hypothèse intéressante que ce n’était pas Rufus et Célia qui étaient visés mais Gaël.

10 h 14 : Je reconnais un certain panache au chef faë, qui ne répondit à aucune de nos questions dont il ne subissait le feu nourri qu’en nous fixant avec une morgue dédaigneuse. Je n’ai plus aucun doute : nous avons devant nous un authentique chef faë et une affaire bien plus complexe qu’il n’y paraît.

10 h 22 : Eric a failli déraper, il s’en est fallu de peu. Pourtant, ce que nous avons pu soutirer de Roderick des Faës est minime, à peine un ricanement condescendant quand Eric a évoqué la place de Gaël au sein de la meute.

12 h 32 :  Toujours rien. Roderick est stoïque. Moi aussi.

12 h 52 : On frappe à la porte. Je n’attends pas de relève, Eric et Russel non plus. Je suis simplement curieux de savoir qui vient nous seconder.

12 h 54 : Silas, le trollologue associé de Gaël ! Je ne comprends pas pourquoi deux thérapeutes si différents se sont associés. Le bruit court que c’est par souci d’économie. Silas et Gaël font cabinet et logement commun, il paraîtrait même qu’ils feraient chambre commune. Il ne faut pas écouter tout ce qui se raconte. Ah, tiens, Silas a emmené un patient avec lui.

12 h 56 : Je ne pensais pas qu’un Troll pouvait jouer aussi bien du xylophone.

12 h 58 : Pensez à noter dans un traité de faërie : les faës ne supportent pas les Trolls. Ou le xylophone. Ou les Trolls qui jouent du xylophone.

13 h 02 : Vous voulez avouer ? Pas de problème : nous vous écoutons.

13 h 32 : Vous voulez vraiment nous faire croire à une histoire aussi extravagante ? Il faut vraiment que vous trouviez mieux ! Eric de Nanterry est d’accord avec moi. Son fils, vouloir fomenter un coup d’état contre les faës ! Je me demande bien quand il en trouverait le temps.

13 h 34 : Non ??? Rien de plus ? Vous avez de la chance. Silas organise une thérapie de groupe pour les Trolls de Tépasséou. J’espère que vous aimez le xylophone.

14 h 24 : Roderick regagne sa cellule. Il nous reste maintenant à découvrir l’identité de la personne qui a réussi à le piéger. Dans la foulée, il a également avoué que les faës étaient responsables de l’empoisonnement des loups-garous. Pensez à noter que les faës ne sont plus d’aussi bons enchanteurs qu’avant, puisque les effets de la potion étaient longs, mais pas permanents.

14 h 54 : Je porte les informations à Gaël. Il est toujours alité, toujours très pâle. Même son sourire a la fragilité d’un rayon de lune sous un ciel d’orage. En effet, la tension est palpable dans la chambre. On semble se préparer à un assaut. D’un côté, Eric de Nanterry et deux autres loups de sa meute. De l’autre, Russel et deux autres vampires qui ne me sont pas inconnus puisqu’ils suivent une thérapie pour violence aggravée. Je vois qu’ils sont déjà au courant.

15 h 04 : La situation est moins grave que ce que je pensais. On ne craint pas un assaut, on veut juste assurer la protection de Gaël et se répartir les tours de garde. Seulement, Garous et Vampires ne veulent pas se mélanger. Pourquoi ne suis-je pas étonné ??

16 h 00 : Silas a encore une fois joué les médiateurs. Avoir un troll avec soi peut s’avérer utile. Sur un dernier échange fort courtois (aucune baffe ne fut échangée), les garous prirent le premier tour de garde.

16 h 32 : Je retourne enquêter sur le terrain. Russel m’attendait. Ne se repose-t-il donc jamais ? Il pense qu’un traître se cache dans l’entourage de Gaël,et il a bien l’intention de le démasquer avant le lever du soleil. Là non plus, je ne voudrai pas être à la place de ce (ou cette ?) traitresse. Je me demande bien ce que Gaël pense de tout cela.