Archive | 21 octobre 2012

Eva Moreno d’Hakan Nesser

édition Points – 379 pages.

Mon résumé :

Nous suivons le destin croisée de trois femme. Winnie a été assassinée seize ans plus tôt, alors qu’elle était enceinte de son professeur. La seconde a dix-huit ans. Elle est la fille de l’assassin présumée, sa mère vient de lui révéler l’identité de son père. Depuis qu’elle lui a rendu visite, elle a disparu. Eva Moreno, policière en vacances, enquête.

Circonstance d’écriture :

J’ai beaucoup de mal à me remettre à la littérature nordique. Pour preuve, ceci est mon premier article suédois depuis mon changement de bog, et je n’ai eu jusqu’à maintenant aucune appétence particulière pour me replonger dans un suédois bien que ma PAL déborde. C’est grave ?

J’ajoute que j’ai coupé la moitié de la quatrième de couverture, parce qu’elle racontait la moitié du livre, ce qui était fort décevant.

Mon avis :

J’ai lu ce livre il y a huit jours, pour le RAT, et s’il reste un solide polar, il n’est pas non plus inoubliable, et ne m’a pas donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur.

Ce qui me gène, avec huit jours de recul, est la morale de l’histoire, morale distillée par la fliquette elle-même.  Eva Moreno a la trentaine, est passionnée par son métier au point d’enquêter même pendant ses vacances avec son compagnon. Elle paraît presque équilibrée, presque touchante dans sa volonté d’aider une jeune fille rencontrée par hasard et qui a disparu depuis. Pourtant, je n’aime pas les personnages qui jugent, qui assènent de grandes sentences. « Les fautes auront toujours des conséquences et vous serez punis pour les fautes que vous aurez commises, même si c’est de manière disproportionnée ». Qu’une jeune femme qui se veut moderne, jette son petit ami aussi facilement que je jette un mouchoir en papier distille ce genre de sentence, au secours ! Puritanisme : le retour.

C’est dommage, car l’intrigue était bien construite, l’atmosphère d’une petite ville de province était bien rendue et certains personnages étaient particulièrement attachants et, pour l’un d’entre eux, ont véritablement mérité de petites compromissions avec la loi. Encore une fois pourtant, le bas blesse, justement parce que la justice est rarement donnée par l’institution judiciaire. Ceux qui l’ont habilement contournée (ou crétinement, dans le cas d’un des personnages, fan de stretching) ne seront pas toujours récompensés à leur juste mesure.

Si Eva Moreno a eu un avantage, c’est qu’il me donne envie de me replonger dans la lecture d’Indridason et de Mankell.