Archive | 17 septembre 2012

Les sacrifiés de Juliette Morillot

Quatrième de couverture :
Une mère parfaite, deux filles, un mari, un amant. Cinq vies marquées par le mensonge, la trahison, le meurtre.
États-Unis, juin 1954. Un vieil homme se fait renverser par une voiture. Refusant la thèse de l’accident, ses deux filles se penchent sur le trouble passé de leur mère, Ethel Proudlock, une Anglaise de Malaisie britannique accusée autrefois du meurtre de son amant et condamnée à mort par le sultan de Selangor, avant d’être graciée.
Cette quête de vérité vertigineuse nous emmène des coulisses de la bonne société britannique de l’Empire des Indes à la côte est des États-Unis dans les années cinquante. S’inspirant de l’« affaire Proudlock », un fait-divers qui défraya la chronique en 1911 et inspira Somerset Maugham qui écrivit alors sa célèbre nouvelle, La Lettre, l’auteur met à nu avec une modernité implacable les rouages de la passion amoureuse et de la manipulation féminine. De non-dits en révélations effroyables, les personnages vont sombrer dans la folie et le lecteur, tour à tour séduit et trompé, comprendra dans un ultime rebondissement qu’il a été lui aussi pris dans les rets vénéneux d’Ethel, une femme amoureuse sublime dans sa splendeur et sa cruauté. Époustouflant !
Mon huitième avis dans le cadre du prix Confidentielle
Mon avis :
Ce livre est bien écrit, le récit est solidement construit.
Non, ce n’est pas une erreur si je m’arrête ainsi, sur ce court éloge. Je n’ai pas aimé ce livre, je n’ai pas aimé son héroïne poisseuse et sans charisme, je n’ai aimé aucun de ses personnages. Point n’est besoin de ressentir de l’empathie pour un personnage pour le trouver remarquable. Dans ce récit, j’ai trouvé tous les personnages mesquins, étriqués. Même Vivian est oubliable car elle n’a rien de remarquable.
J’aurai aimé que l’héroïne soit autre, flamboyante, passionnée. Elle est manipulatrice, certes, mais à sa petite échelle. J’ai envie de dire qu’elle a réussi de cruels tours de passe-passe, à son profit, sans jamais s’élever au-delà de sa médiocrité. Aucune sublimation de sa condition, aucune révolte bouleversante : il ne faut pas confondre grandiloquence et grandiose.
Ethel passe sa vie à se mettre en scène, devant un publique toujours choisi. Elle sait très bien s’adapter pour chacun de ses spectateurs. Ce choix de vie est sans doute à rechercher dans cette mascarade que fut son enfance. Son éducation l’a parfaitement formaté, l’aidant à se servir des pires situations, tout en reproduisant les comportements dont elle a souffert – en toute connaissance de cause.
La lecture des Sacrifiés ne fut pas une déception, non, j’ai assisté à un exercice de style, une variation sur un fait divers qui ne m’a pas convaincue.