V comme vampire, chapitre 1

Ma deuxième participation aux Plumes de l’été organisées par Asphodèle. Cette semaine, les plumes en V.

 

7 h 45. Il me reste un quart d’heure avant l’ouverture du cabinet. Je prends un dernier café, mon troisième depuis mon réveil. J’ai besoin de rester éveillé, avec leurs histoires à dormir debout.

8 h 00 : psychologie.

mon premier patient. Russell. 2045 ans au bas mot. Il est extrêmement volubile, comme à son habitude.

« Ma mort est horrible. On ne vous prévient pas que votre peau va ressembler à un parchemin avec veinules apparentes, peut-être parce que mon créateur n’a pas vécu assez longtemps. Je me refuse à utiliser les crèmes hydratantes spéciale peau de vampire. Je reste un homme avant tout. Mort, mais un homme. Pire : je dois supporter ma sœur, qui a été transformée en même temps que moi. Le monde a beau être vaste, elle ne veut pas me quitter et s’accroche à ma redingote. Elle est en train de me gâcher ma mort ».

Je lui suggère une thérapie familiale.

9 h 00 : thérapie de couple.

Jamais on n’aurait dû autoriser les unions entre mortels et non mortels (j’adore ce terme politiquement correct). A ma droite, Bill, plus ennuyeux, impossible. A ma gauche, Sookie, dont l’intelligence n’est plus à prouver. Bill a commis une petite erreur sur ce qu’il a vu et …. Ouf, Sookie n’écoute plus ce que je pense. Cette gourdasse pratique voluptueusement le sport en chambre avec Eric, le tout nouveau député des non-mortels (la vacance du poste aura été brève) et Bill a malencontreusement surpris Sookie en train de s’ébattre avec lui. Eric a eu beau tenter de d’hypnotiser Bill, qui était tout de même son co-listier, il lui reste tout de même des bribes de souvenirs.

9 h 55 : la séance vient tout juste de terminer quand des vibrations secouent mon cabinet. Savoir voler, c’est bien. Savoir atterrir sur la piste prévue à cet effet, c’est mieux.

10 h 00 : en fait, c’étaient mes prochains patients qui se disputaient en plein vol et ont donc chu. Les vicissitudes du métier. Je reçois donc un certain Angel (à voir son gabarit, je comprends le choc) et un dénommé Spike. Vu l’état de sa figure, pas la peine de leur demander qui est victorieux.

10 h 15 : nous avons dû attacher Spike après qu’il eut envoyé valser à peu près tous les meubles de la pièce. Allergie au tout nouveau sang de synthèse goût  verveine qui vient d’être commercialisé.

10 h 25 : j’aimerai bien que le traitement fasse effet.

10 h 35 : dire que je ne peux utiliser les chaines en argent, avec la réaction allergique qu’il se paie. Mon véloce collègue, le docteur Silas Chépukoi est venu me prêter main forte.

10 h 45 : le traitement commence à faire effet. Silas a finalement assommé Spike avec l’énorme vasque qui ornait l’entrée terrienne du cabinet. Il a fait ainsi une pierre deux coups : nous débarrasser de cette horreur et neutraliser Spike.

11 h 00 : véto.

Jacob, je comprends que c’est embarrassant. Cet antipuce vous fera néanmoins le plus grand bien.

12 h 00 : après avoir vérifié que Spike récupérait, et qu’Angel avait de quoi se restaurer – il s’était institué son garde-malade, je pris  ma pause déjeuner avec Silas Chépukoi. Salade sans vinaigrette pour lui, pizza pour moi. La verdure dans mon assiette, très peu pour moi.

«- Les Trolls qui construisaient le viaduc de Tépasséou se sont mis en grève à cause de leur condition de travail.

–          Je les approuve totalement. Le code du travail des créatures fantastiques doit être respecté.

–          Ils ne sont même pas autorisés à utiliser leur langue vernaculaire. Le conflit n’est pas prêt de se terminer. Je connais bien les Trolls de l’est : tant qu’ils n’auront pas la victoire, ils ne lâcheront rien.»

Vous l’aurez compris, mon collègue et compagnon de couette est docteur en Trollogie appliquée.

13 h 00 : thérapie conjuguale.

Drac, tu as déjà réussi à maintenir l’harmonie entre tes trois premières épouses. Elles ont même passé l’éponge et la serpillère sur Jonathan Harker. Mais là, vouloir faire votre coming-out et vous installer avec Lestat, je ne suis pas sûr qu’elles acceptent.

14 h 00 : dermatologie.

Je sais, Edward, avoir la peau qui scintille, ce n’est pas pratique. Le fond de teint, non plus. Je trouve que vous exagérez cependant un peu. Ce n’est pas pour cette raison que les autres vampires se moquent de vous. Vous êtes sûrs que vous n’avez pas une petite idée ?

15 h 00 : Spike est définitivement remis. Je lui conseille tout de même d’attendre avant de voler à nouveau tout seul. Angel le raccompagne chez lui : il ne faudrait pas qu’il rate Vampire Diaries, sa série préférée.

15 h 10 : dentiste.

Jean-Claude, il faut vous ménager, vos capacités de régénération  sont au plus bas. Jamais vu autant de dégâts sur une mâchoire. Sincèrement, Jean-Claude, vous ne trouvez pas que fréquenter une tueuse de vampires est pousser le vice un peu loin ?

16 h 00 : cours collectif de préparation à la césarienne. Grâce des procédés dont je vous fais… grâce, les vampirettes peuvent désormais avoir des bébés vampires qui deviendront des enfants, des ados, et des adultes vampires. Elles viennent partager leur expérience et surtout, surmonter le traumatisme causé par un certain film. Non, une césarienne, ce n’est pas aussi dramatique. Puis, vous ne pouvez pas mourir ainsi : vous êtes déjà morte ! Elles apprécient modérément mon sens de l’humour.

17 h 00 : pause lecture avec Le vagabond des étoiles de Jack London.

17 h 30 : Sophrologie.

Carmilla, quand je vous ai dit de visualiser un but positif, je ne vous demandais pas de me le raconter. Même, je ne pense pas que les mannequins de Victoria’s secret acceptent de venir à une fémorale partie.

18 h 30 : Silas m’attend pour diner et aller sous la couette. Manque de bol, Russell est revenu en traînant sa sœur par-les-cheveux. C’est parti pour une longue séance de thérapie familiale.

20 h 30 : après avoir convaincu Russel de ne pas fracasser le crâne de sa sœur – la guérison lui ferait très mal, et elle aurait peut-être envie de piétiner la nouvelle copine de son frangin en riposte, je rejoins enfin Silas sous la couette avec un plateau repas.

Je me souviens seulement maintenant que je ne me suis pas présenté : docteur Gael de Nanterry, vampirologue et lycanthropologue.

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